Le 17 août 2005

Terre-à-C’ur de Lochaber en Outaouais: une nouvelle attraction qui démarre en lion!


Depuis le 15 juillet dernier, ils sont nombreux à s’arrêter en bordure de la route 148 dans le canton de Lochaber. Touristes ou gens de la région, ils sont intrigués par l’animation qui règne sur le terrain qui fait face à la Ferme Desleduc, située dans cette portion outaouaise contenue entre Plaisance et Thurso au Québec.

Le va-et-vient qui s’est installé en périphérie invite les automobilistes à ralentir, leur donnant le temps de lire la pancarte annonçant: labyrinthe de maïs, fermette, vente de produits régionaux et randonnée en carriole, le tout regroupé sous la même bannière: Terre-à-C’ur de Lochaber.

Guy Leduc, l’un des cinq initiateurs de ce projet agrotouristique est tout à fait emballé par le succès retentissant du concept. À peine deux semaines après le début des activités, les affaires roulent si bien que le jeune homme entrevoit déjà mille et une idées qui pourraient s’y greffer.

Jeune producteur laitier, ancien étudiant du Collège d’Alfred, Guy Leduc s’était rendu l’hiver dernier à un forum organisé par la Table de concertation agroalimentaire de l’Outaouais ayant en tête d’explorer des avenues pour diversifier les revenus de la ferme familiale sans augmenter le quota. Chez eux, à la Ferme Desleduc, ils sont trois fils: Steve, Guy et Serge, âgés respectivement de vingt-neuf, vingt-deux et vingt et un ans, à travailler dans l’entreprise agricole avec Georges, leur père.

Guy affirme que ce forum a agi sur lui comme un catalyseur d’énergie. Jamais dit-il, il n’avait vu autant de leadership et de dynamisme sous un même toit. La quarantaine de producteurs présents lors de ce forum étaient en majorité des propriétaires de petites entreprises agricoles de secteurs variés et non-contingentés.

Le but ultime de l’événement étant de trouver des outils communs de mise en marché et des moyens pour promouvoir l’agriculture, plusieurs pistes intéressantes furent identifiées, le développement de l’agrotourisme venant en tête. « On voit que cela fonctionne ailleurs, comme dans les Laurentides ou en Montérégie. Alors, pourquoi ne pas importer les bonnes idées, suggère Guy Leduc, confiant. D’ailleurs, on constate que le phénomène est bien amorcé en Outaouais. »

Ainsi germait l’idée de Terre-à-C’ur, alors que cinq producteurs agricoles de La Petite-Nation, se regroupaient pour élaborer une stratégie de mise en marché commune. Il fut décidé d’ériger un kiosque de vente sur le terrain de la famille Leduc qui est stratégiquement bien positionné à cause de l’achalandage impressionnant de la route 148 et aussi, à cause de la proximité de nombreuses activités touristiques qui assurent un renouvellement perpétuel de la clientèle.

On décidait aussi de multiplier les attraits du site en offrant des activités qui, tout en étant divertissantes, se veulent un pont entre la communauté urbaine et agricole. Au kiosque, on ajouta un labyrinthe de maïs, une aire de repos, la fermette, les ballades en carriole et les visites de la Ferme Desleduc pendant l’heure de traite.

Ainsi depuis le 15 juillet dernier, on peut s’y procurer des produits de l’érable, une belle variété de miels, des légumes spécialisés comme le navet d’été et les radis exotiques, des légumes et des fines herbes biologiques, des fromages conventionnels et des fromages fins de chèvre et de brebis, ainsi que des fruits et légumes conventionnels saisonniers.

Depuis l’ouverture, le maïs fraîchement cueilli s’envole comme des petits pains chauds. Guy Leduc raconte d’ailleurs une petite anecdote à ce sujet: « Nous n’avions pas prévu vendre du maïs, mais à cause du labyrinthe les gens étaient convaincus que nous en vendions et s’arrêtaient pour en acheter. Ça n’a pas été long que nous avons compris qu’il valait mieux en avoir. Depuis, on ne compte plus les poches qui partent aussi vite qu’elles arrivent! »

Pendant que les autres producteurs s’affairent à cultiver, Guy préparait la fermette et le labyrinthe. « C’est un travail de famille dit-il. Ma mère, Monique, a participé à l’aménagement paysager. Quant aux autres membres de la famille, ils doivent compenser en temps la surcharge de travail occasionnée par l’absence de Guy lorsqu’il se consacre au projet.

Pour ce qui est du labyrinthe de 160 000 pieds carrés, il a la particularité d’être en forme de vache. Guy avoue que lorsqu’il est monté en haut d’un silo pour apprécier son travail, il a éprouvé une immense satisfaction à la vue de cette belle vache aux contours arrondis. Cette oeuvre, il l’a réalisé avec la collaboration des conseillers agroforestiers de Papineauville qui se sont servis d’un système de guidage par satellites (GPS) pour bâtir le patron qui fut ensuite reproduit en champ en mesurant les distances à l’échelle. Une tâche laborieuse qui fut très bien exécutée par les conseillers, explique Guy Leduc. Il ne lui restait donc qu’à s’armer de la débroussailleuse et de beaucoup de patiente!

Pendant que certains profitent des dégustations offertes au kiosque, d’autres s’adonnent aux nombreuses activités proposées. Mais quelles que soient les motivations de la clientèle, Guy Leduc ne peut que constater que l’affluence est excellente et « que l’intérêt est là ».

Pendant les semaines de vacances de la construction, ils ont ouvert sept jours sur sept vu la demande. Devant un tel succès, son esprit bouillonne de projets à venir dont l’ajout de d’autres producteurs: « Il y a une grande demande pour la viande, constate-t-il, et les élevages sont nombreux et variés dans la région. J’ai d’ailleurs été très impressionné de la diversité des productions lors du forum en février dernier. Parfois, on dit que ça va mal en agriculture mais je suis convaincu que notre avenir réside dans la vente directe à la ferme ».

Autant d’idées, autant de pistes à explorer pour lesquelles il faudra tout comme pour la mise sur pied de Terre-à-C’ur, du temps de la part des producteurs participants et du financement. Pour ce qui est des producteurs, Guy Leduc confie que l’entraide qui prévaut au sein du groupe est merveilleuse et qu’il a beaucoup appris de ces agriculteurs: « Je les trouve admirables, ils n’ont pas peur de foncer et ils s’occupent de tout, de la production à la mise en marché et souvent avec de moindres moyens. En comparaison, je trouve que l’on est loin d’être à plaindre dans le secteur laitier.»

Quant au soutien technique et financier, Terre-à-C’ur a bénéficié de l’appui du Comité local de développement de Papineau, de la Table de concertation agroalimentaire de l’Outaouais et de l’Union des producteurs agricoles du Québec (UPA) ainsi que de celui de plusieurs commanditaires. Ce qui leur a permis par ailleurs d’embaucher deux employés.

Terre-à-C’ur de Lochaber est ouvert du jeudi au dimanche de 11h à 18h en face du 505 de la route 148 (entre Plaisance et Thurso au Québec). Les visites de la ferme laitière s’effectuent ces mêmes journées entre 17h et 18h.

Pour obtenir plus de renseignements on peut communiquer avec Guy Leduc en composant le numéro de téléphone: 819.985.3331 ou en lui écrivant à l’adresse courriel: Desleduc@AEI.ca.

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