Volume 34 Numéro 09, le 16 décembre 2016

Toujours pas de spécialiste des sols dans l’Est ontarien

Par Chantal Quirion


Le départ à la retraite de Gilles Quesnel, spécialiste en grandes cultures pour la région de l’Est ontarien au sein du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO) a laissé un grand vide.

IL y a près d’un an et demi que le poste est à pourvoir. À quelques occasions, des associations agricoles se sont regroupées pour transmettre au ministre Jeff Leal ou à des proches de son cabinet leurs préoccupations dans ce dossier. D’emblée, ils ont fait pression pour que les candidats retenus soient parfaitement bilingues en plus d’exceller dans leurs champs de compétences.

Lors de sa dernière assemblée générale en mars dernier, l’Union des cultivateurs franco-ontariens a été mandatée par ses pairs comme chien de garde pour le respect de ce critère d’embauche.

Pour sa part, le MAAARO a publié une offre d’emploi et des candidats ont été retenus. Le poste n’a toutefois jamais été comblé et récemment en décembre, l’offre a été affichée à nouveau.

« Ça montre qu’ils n’ont pas trouvé quelqu’un d’assez qualifié, mais qu’ils ne sont pas prêts à baisser les qualifications. Je ne sais pas si le bilinguisme pose un problème, mais c’est essentiel et normal dans notre région », indique  Alan Kruszel, président de la fédération de l’agriculture de Stormont. M. Kruszel fait par ailleurs observer que les critères du ministère sont très pointus. « Ce n’est pas n’importe qui, qui pourrait bien répondre aux besoins. » 

Malgré tout, à l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), on se questionne sur la lenteur du processus.

« L’UCFO est perplexe devant les délais pour embaucher une ressource bilingue pour offrir du conseil en grandes cultures. Nous sommes effectivement rassurés que le ministère ait préféré reprendre le processus d’embauche pour s’assurer d’avoir un candidat avec un bon niveau de maîtrise du français et une bonne expertise technique, mais nous sommes consternés par les délais. Voilà maintenant plusieurs mois que le poste est vacant. Doit-on penser que les francophones sont moins bien servis par le ministère lorsque vient le temps d’obtenir des services techniques? », questionne le président Marc Laflèche.

Au MAAARO, on répond que plusieurs ressources ont été déployées pour répondre à cette situation.

« Il y a eu plusieurs départs en retraite au sein du Ministère de l’Agriculture cette année, et nous travaillons à remplir ces postes dans les meilleurs délais. Nous nous efforçons d’assurer que les candidats les plus qualifiés sont sélectionnés pour ces postes, même si cela prend un peu plus de temps. Dans le même temps, la plus grande partie des postes officiellement bilingues sont occupés – un processus qui prend un peu plus de temps pour des postes bilingues très spécialisés », répond Charles-Antoine Dubois aux communications pour le MAAARO.

M. Dubois précise du même souffle les ressources qui sont mises à la disposition des agriculteurs francophones pour palier à la situation.

« Le MAAARO offre aux fermiers, aux membres du secteur agroalimentaire et au grand public, un accès bilingue à une palette d’informations et de ressources concernant l’agriculture, la gestion des parasites, l’alimentation et les affaires rurales. Cet accès bilingue s’étend également aux services du Ministère via son site Internet, le centre d’information agricole et les publications du Ministère. »

 « Pendant la période de recrutement pour le poste de spécialiste bilingue des cultures, nous sommes heureux de fournir en français les services de nos spécialistes par l’intermédiaire d’un interprète.  Cela inclut les services des spécialistes suivants : spécialiste en agriculture durable, spécialiste des sols, entomologiste grandes cultures, pathologiste grandes cultures, spécialiste des mauvaises herbes, ainsi que spécialiste des cultures », conclut M. Dubois.

Le directeur provincial pour la région 14 à la Fédération d’Agriculture de l’Ontario, Réjean Pommainville ne voit pas les choses du même œil.

« C’est sûr que si tu as un problème sur ta ferme avec des ravageurs, la situation est beaucoup plus facile à régler quand tu as une personne qui connaît ta région et tes sols. »

M. Pommainville a par ailleurs correspondu à quelques reprises avec le MAAARO pour obtenir des précisions et on lui a répondu que malheureusement aucun candidat n’avait répondu jusqu’ici aux critères d’embauches.

Le poste a été affiché jusqu’au 12 décembre et rarement un spécialiste en grandes cultures n’aura été autant désiré. Pour plusieurs agriculteurs ce serait le cadeau par excellence pour la nouvelle année.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *