Volume 29 Numéro 19 Le 1er juin 2012

Toujours plus mauvaises, ces mauvaises herbes


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À mesure que les fabricants d’herbicides tentent de développer des produits plus efficaces contre certaines espèces, celles-ci mènent une lutte féroce de leur côté pour combattre ces moyens de destruction chimiques. Les chercheurs de l’Ontario ont constaté encore cette année que de plus en plus d’espèces de mauvaises herbes s’adaptent aux produits utilisés par les agriculteurs pour les éliminer de leurs champs.

Le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO) a rendu publics récemment les résultats des tests visant à évaluer les résistances de certaines mauvaises herbes à des herbicides bien connus. De façon générale, les chercheurs affirment que la lutte chimique aux mauvaises herbes est un défi croissant.

Selon Mike Cowbrough, chef du programme de lutte contre les mauvaises herbes (grandes cultures) au MAAARO, c’est d’abord la résistance au glyphosate qui attire l’attention. Depuis 2009, l’Université de Guelph étudie de près cette résistance. C’est surtout la grande herbe à poux et la vergerette du Canada qui se sont avérées résistantes à ce produit en particulier, et ce, dans les comtés d’Essex, Kent, Lambton et Elgin, où des champs ont été testés.

Selon les experts, la résistance de la vergerette du Canada au glyphosate et au FirstRate n’est pas une surprise. Cependant, la bonne nouvelle est que le travail du sol avant l’ensemencement peut contrôler efficacement cette plante.

La découverte de la première espèce de graminée résistante aux applications d’herbicides de groupe 1, la digitaire sanguine a aussi été un fait marquant cette année. Un seul échantillon du comté d’Essex a permis de faire ce constat, mais selon M. Cowbrough, d’autres populations résistantes feraient elles aussi graduellement leur apparition dans l’Est ontarien.

Par ailleurs, des tests ont également démontré que la petite herbe à poux s’est avérée résistante aux herbicides Pursuit, Classic, FirstRate, Peak et Refine SG dans 88 % des 26 échantillons étudiés.

La morille noire de l’Est s’est avérée résistante à l’herbicide Pursuit dans six des neuf échantillons.

Quant à l’amarante à racine rouge, elle s’est avérée résistante à neuf herbicides d’usage courant dans 57 % des 30 échantillons prélevés.

Finalement, la sétaire verte s’est avérée résistante à Pursuit, Accent, Option et Ultim dans les deux cas étudiés.

Les chercheurs conseillent aux agriculteurs de consulter le Guide de lutte contre les mauvaises herbes du MAAARO ou l’application pour téléphones mobiles Weedpro 75 pour trouver d’autres herbicides qui pourront aider temporairement. Ils affirment cependant qu’à plus long terme, la solution est de développer et d’adapter des moyens de lutte non chimiques.

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