Volume 31 Numéro 10 Le 17 janvier 2014

Un agriculteur à contre-courant


La farine de George Posch est reconnue à travers la province pour sa grande qualité. Photo MDumont

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


George Posch est un de ces agriculteurs d’exception qui s’est créé une réputation enviable qui déborde du Témiskaming. Sa farine est d’une telle qualité qu’elle fait l’envie de plusieurs producteurs du pays. Pas surprenant que ses stocks partent aussi vite que les petits pains chauds qui en sont constitués.

«Mon objectif est d’offrir la meilleure farine produite sans produits chimiques. Si je peux en manger, je peux la vendre! » Voilà le crédo de George Posch de Kenabeek, au Témiskaming.

Ses farines de sarrasin, de seigle, d’avoine, de blé, d’orge et d’épeautre (un blé d’antan) sont préparées à l’ancienne avec un moulin européen qui concasse le grain entre deux meules de pierre.

L’avantage de moudre avec des pierres c’est que c’est lent et qu’on peut contrôler la chaleur. La chaleur détruit la farine qui perd sa longévité. « Il m’arrive de marcher dans une épicerie et de sentir de la farine commerciale rassie », confie M. Posch, avec un quasi-dégoût.

C’est donc cette constante quête de la pureté et de la qualité à tout prix qui fait la réputation de la farine de George Posch.

Il d’ailleurs peine à fournir les épiceries locales tellement ses produits sont en demande.

Farine bio, une denrée rare
Ses farines détiennent la certification : Ecocert Canada, la plus exigeante au monde. Son produit est biologique parce que du champ à la mise en marché de la farine, tout est documenté et fait selon les règles de l’art. Il n’utilise que des engrais verts et les semences ne sont pas modifiées génétiquement.

Le producteur agricole pousse même sa quête de la qualité jusqu’à passer deux heures par jour à trier visuellement les grains avant de les moudre afin d’éliminer les impuretés et toute trace de maladie.

« Ce n’est pas la voie pour faire beaucoup d’argent, mais je suis fier de moi à chaque étape de production», lance le producteur, heureux de sa réussite.

Victime de son succès
À l’origine, M. Posch avait acheté son moulin à farine pour lui-même, désenchanté des pratiques commerciales en agriculture. Seul à produire de la farine dans la région, il avait été invité à participer à plusieurs foires gourmandes locales. Puis on lui a demandé d’être ambassadeur de produits locaux pour le Témiskaming à la Foire royale d’hiver de Toronto et à celle de Niagara.

La réponse des consommateurs était toujours positive, fait-il remarquer.

Une épicerie d’aliments naturels du sud de l’Ontario vient même de lui demander de fournir une tonne de farine de sarrasin par mois. Celle-ci s’alimente actuellement aux États-Unis, sans tout savoir sur les méthodes de production ou de transformation du sarrasin. Elle préfère donc de loin acheter la farine de qualité produite localement par Poshaven Farms.

M. Posch a donc dû dénicher un plus gros moulin en Caroline du Nord afin de répondre à cette commande. Ce nouvel équipement lui permettra de faire en 8 heures ce que l’autre moulin faisait en 8 jours.

Ce moulin sera toutefois réservé exclusivement à la farine de sarrasin, pour garantir l’exempt de gluten. Le sarrasin n’étant pas une céréale, il ne contient pas de gluten, mais moudre du sarrasin après du blé ne peut pas garantir l’absence de gluten dans le sarrasin. Ainsi, il sera plus facile d’obtenir la certification de l’Association canadienne de la maladie cœliaque et d’en afficher le sceau.

Ce sera sa niche : une farine de sarrasin certifiée biologique sans trace de gluten : un produit du Nord de l’Ontario de la plus haute qualité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *