Le 3 décembre 2003

Un brillant avenir pour le Collège d’Alfred de l’Université de Guelph

Par Chantal Quirion


Dans l’ordre habituel, le président du Conseil communautaire du Collège d’Alfred, Michel Gingras, l’honorable Don Boudria, le directeur du Collège, Gilbert Héroux, le vice-président à la recherche de l’Université de Guelph, Alan Wildeman ainsi que le doye

Le Collège agricole d’Alfred serait promis à un brillant avenir, si l’on en croit les hauts dirigeants de l’Université de Guelph qui ont annoncé que leur « campus francophone » sera doté, à terme, de nouvelles installations et que l’institution sise dans l’Est ontarien rural, sera appelée à donner plus de cours en français à beaucoup plus d’étudiants, incluant même des cours de niveau universitaire.

L’Université de Guelph se dit prête à investir jusqu’à 30 millions de dollars dans l’avenir du Collège d’Alfred. « C’est la deuxième meilleure nouvelle pour le Collège, après celle de sa création il y a 23 ans », affirme le directeur du Collège d’Alfred, Gilbert Héroux.
L’investissement échelonné sur une période de 5 à 7 ans, servira à la mise sur pied d’un concept innovateur: faire du Collège d’Alfred un lieu de formation et de recherche où les programmes seront essentiellement articulés autour de l’économie et de la préservation des bio-ressources. Les services seront offerts en français, il va de soi, auxquels s’ajouteront possiblement, des programmes du niveau au baccalauréat.
21 novembre 2003, une date qui passera à l’histoire.
Cette suite de bonnes nouvelles, met fin à la longue bataille pour la survie. Après 23 ans d’effort et parfois de lutte pour conserver ce bien si cher à la communauté rurale est-ontarienne, le Collège d’Alfred peut enfin respirer librement.
L’Université de Guelph en les personnes de son doyen du Collège d’agriculture de l’Ontario (OAC), Craig Pearson et du vice-président à la recherche de l’Université, Alan Wildeman, annonçait ses intentions lors d’un point de presse le 21 novembre dernier au Collège d’Alfred.
De concert avec le Conseil communautaire du Collège d’Alfred, l’Université de Guelph entamera sous peu la préparation d’un plan stratégique dont les conclusions devraient être connues en avril 2004. « Notre but est de créer un campus où nous pourrons étudier et innover par rapport à notre utilisation quotidienne des bio-ressources tout en apprenant à réduire l’impact néfaste que les humains ont sur leur environnement », déclarait Craig Pearson. Gilbert Héroux précisait toutefois, que les formations agricoles traditionnelles ne seront pas délaissées. Elles seront simplement améliorées pour rencontrer les nouveaux standards environnementaux.
Du jamais vu!
Le projet est pour le moins ambitieux et touche différents aspects du développement. D’une part, l’on souhaite élargir la gamme des spécialisations offertes en technologie agricole, en alimentation, en environnement et en développement international.
D’autre part, l’on veut propulser le Collège d’Alfred à l’avant-garde et en faire un chef de file dans son domaine par l’adoption des pratiques durables comme philosophie sous-jacente à toutes les formations. L’on vise par le fait même, une augmentation de la population étudiante. Les projections d’achalandage font état de 1000 étudiants d’ici les cinq à sept prochaines années ce qui laisse présumer l’élargissement du campus impliquant la possibilité de bâtiments à l’extérieur du campus actuel. Pour couronner le tout, l’intégration de programmes de niveau universitaire est envisagée. Ce développement en mode turbo, trouverait sa vitesse de croisière dans un maximum de sept ans.
De la suite dans les idées.
Ce n’est pas d’hier, que le Collège d’Alfred privilégie une approche durable. Nommer tous les projets de recherches, les programmes de formation et les activités à caractères préventifs et inculquant une gestion saine des bio-ressources serait trop long. Néanmoins, soulignons son implication dans de nombreux projets ponctuels comme le Festival de l’eau de l’Est ontarien. On lui doit aussi, la création du Centre des eaux usées de l’Est de l’Ontario dont l’expertise se transfert un peu partout dans les entreprises agricoles de la région. L’intégration de la lutte biologique à l’étable pour réduire l’emploi des insecticides conventionnels est aussi un bon exemple.
Quant aux programmes de formation, le Collège d’Alfred offre déjà depuis quelques années, des spécialisations qui s’inscrivent dans cette philosophie et propose à partir de l’automne 2004 son nouveau programme de diplôme, gestion de l’environnement. L’intention était là, et avec cet important appui, la direction stratégique, développé par le Conseil communautaire du Collège d’Alfred prend toute sa dimension.
Pourquoi maintenant?
« Il a fallu apprendre à se connaître, nous dit Gilbert Héroux, en pensant à l’Université de Guelph, faire nos preuves également ». De son côté, Alan Wildeman de l’Université de Guelph déclare: « Il y a chez nous, une tradition. L’on essaie de faire des choses qui améliorent la qualité de la vie. Avec le Collège d’Alfred, nous savons que nous pouvons y arriver. Nous commençons une nouvelle étape ».
L’Université de Guelph entend bien préserver et promouvoir le caractère francophone du campus d’Alfred aux niveaux national et international. L’on pense que l’institution attirera des francophones de partout dans le monde et la possibilité de partenariats avec d’autres institutions de langue française est souhaitée.
Quand et comment?
Maintenant que les grandes lignes du projet sont tracées, une foule de détails reste à déterminer. L’identification des programmes de formation, les possibilités offertes par la formation à distance, l’évaluation de l’infrastructure, l’emplacement, le personnel, le budget, et le financement en sont.
À cette fin la planification stratégique servira à identifier les meilleures pistes à l’aide d’analyses, d’évaluations comparatives, d’études de marché et de consultations publiques qui mèneront le Conseil communautaire du Collège ainsi que l’Université de Guelph, à des conclusions qui seront contenues dans le rapport de mise en oeuvre en avril 2004.
Un bon accueil
Le ministre Don Boudria n’a pas caché sa joie. Je tiens à féliciter la direction, le corps professoral, les étudiants et la communauté qui ont refusé le découragement quand l’optimisme était rare. Merci à l’Université de Guelph d’avoir cru en nous, vous ne serez pas déçus!
Quant à lui, le président du Conseil communautaire du Collège d’Alfred, Michel Gingras, a déclaré qu’il s’agit de l’un des plus grands projets à voir le jour dans Prescott et Russell. Les Franco-Ontariens ont l’habitude d’avoir à monter aux barricades pour défendre leurs droits mais ce sera bien agréable de faire autre chose que d’éteindre des feux.

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