Volume 35 Numéro 04 Le 06 octobre 2017

Un cadeau qui n’était plus espéré


Dans l'est de la province, la chaleur tardive de septembre a permis de rattraper les retards pour le soya hâtif.

Par Chantal Quirion


« Une vague de chaleur à la fin de septembre, c’est du rarement vu en Ontario », affirme le météorologue pour Environnement Canada, Peter Kimbell. Selon ses observations, la période qui s’en rapproche le plus date de 1908. « On a frôlé des records partout, jusqu’à Sudbury », mentionnait M. Kimbell en indiquant que quelques records avaient été battus, ceci en se référant toujours aux données allant jusqu’en 1908, alors que les données issues des aéroports ne sont consignées que depuis 1940.

 Pour la population en général, le sentiment de goûter enfin à l’été même tardivement s’est reflété dans les humeurs et les sourires détendus. Pour les agriculteurs, après un début de saison marqué par un retard notable, en raison des pluies abondantes et des froids au-dessus des moyennes de saison, cette manne a été accueillie comme un cadeau du ciel. Si les experts s’entendaient à dire que les rendements, cette année serait probablement moindre ou tout au plus, près de la moyenne, une révision à la hausse commençait à poindre avec cette vague de chaleur qui s’est installée du 22 au 27 septembre. La machinerie a pris les champs d’assaut et pas question de répit pour les travailleurs de la terre. Le 23 septembre, on en voyait certains y aller pour une coupe de foin dans l’Est ontarien. Pour d’autres, il était enfin temps de se mettre de battre le maïs pour l’ensilage. Rendus au 29 septembre, certains avaient terminé la coupe du soya hâtif.

« C’est l’été que nous n’avons pas eu. C’est plus difficile pour les animaux des journées très humides comme ça », indiquait Philippe Etter, producteur laitier et de grandes cultures à Sarsfield, le 25 septembre.

« Nous avons commencé à récolter le soya et le rendement est bon. Le grain est lourd ce qui est une bonne chose. Reste que les champs qui ont été inondés ou là où la terre est plus lourde les rendements risquent d’être considérablement plus bas », poursuivait M. Etter.

Pour ce qui est de l’ensilage du maïs, un retard était constaté.  « Une année normale  nous serions sur le point d’avoir fini. Cette année ce sera a la fin du mois et même au début d’octobre. Pour ce qui est du rendement, c’est difficile à dire, mais les dernières semaines plus chaudes ont définitivement aidé. Je crois dans l’ensemble que ce sera une année dans la moyenne pour notre région. Soit des champs avec un très bon rendement tandis que d’autres seront à oublier », concluait M. Etter. 

Pour sa part, Jean-Pierre Lavigne de Sainte-Anne-de-Prescott partageait des photos de son maïs, presque prêt le 23 septembre et enfin prêt pour la récolte le 25 septembre.

Pour sa part, Sebastian Billiard,  spécialiste en gestion des sols et en grandes cultures pour le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO), affirmait  qu’il demeure difficile de dresser un portrait général. La chaleur a certainement eu un effet positif dans l’Est mais dans le Sud-Ouest, certains ont connu la sécheresse, particulièrement dans la région de Harrow disait-il. »

« C’est quand même très variable, mais en général c’est acceptable. La chaleur a été la bienvenue dans les grandes cultures. Dans l’Est il n’y a pas eu de problème de sécheresse c’est plutôt dans le Sud-Ouest. Dans l’Est la récolte du soya  hâtif est déjà bien entamée, on est dans les normes. On peut s’attendre à une récolte moyenne.  Pour le soya tardif, le portrait est très variable pour la maturité. Il est trop tôt pour prédire rendements. Pour le maïs, les grains s’améliorent, notre spécialiste Ben Rosser était dans la région de Peterborough, et la majorité des plans étaient au stade pâteux. On est à deux ou trois semaines, du stade point noir (à la base des grains), stade où l’on dit que le rendement est fixé, mais la qualité peut toujours varier. Au niveau rendement ça va être acceptable, si on ne voit pas de gel avant ce stade », indiquait M. Belliard le 28 septembre.

Dans le Nord-Est, la chaleur a tout autant été la bienvenue.

« Le 22 septembre, ce n’est pas l’automne qui est arrivé, c’est l’été! C’est formidable! », s’enthousiasmait pour sa part, Daniel Tassé, agronome pour le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO).

Le 25 septembre a même été la journée où il y a eu le plus d’unités thermiques accumulées pendant la saison dit-il avec 28 unités.

« Cela a fait avancer certaines cultures. Aussi, on est rendu au 2 octobre et on n’a pas encore eu de gel mortel (-2 degrés Celcius) c’est exceptionnel. En moyenne notre gel mortel arrive le 10 septembre. À cette date on a un petit gel sur les terres basses, mais pas de gelée.»

Pour le soya hâtif, cette situation permettait de prédire qu’il pourrait se récolter au moins 50 % des récoltes, mais comme les pluies ont entravé lourdement le travail de semis au printemps, plusieurs champs n’avaient pas atteint leur maturité le 2 octobre.

Hormis le blé dont le niveau de protéines est faible pour plusieurs agriculteurs de cette région, la récolte des petites céréales a été bonne et le canola a donné de bons rendements.

Dame Nature en aura surpris plus d’un il va sans dire.

« Ceux qui font du foin pour l’exportation faisaient encore du beau foin sec, ces jours-ci », indiquait encore M. Tassé, content de cette situation inattendue qui compense pour une saison caractérisée par le froid et la pluie.

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