Volume 25 Numéro 22 Le 6 août 2008

Un composteur géant chez Laflèche Environmental à Moose Creek, Ontario

Par André Dumont, collaborateur régulier


Geoffroy Laflèche pilote le développement des projets de valorisation des déchets chez Laflèche Environmental. Le voici parmi les fondations d’un composteur qui devrait entrer en activité cet automne. Photo ©Agricom

Impossible de s’arrêter chez Laflèche Environmental sans voir un nouveau projet en chantier. La semaine dernière, on coulait les fondations d’un composteur aux dimensions industrielles.

Sous un grand abri de 100 pieds par 512 pieds, deux composteurs (ou bunkers) à trois canaux serviront à transformer les déchets biodégradables en compost. Le produit final pourra être vendu en sac aux jardiniers, ou utilisé pour couvrir les déchets du site d’enfouissement de l’entreprise de Moose Creek, dans l’Est ontarien.

« Nous voyons les déchets comme une ressource », affirme Geoffroy Laflèche, le responsable des ventes et du développement des affaires.

L’an dernier, Laflèche Environmental s’est mis à traiter les sols contaminés aux hydrocarbures. Les camions qui déchargent de la terre à forte odeur d’essence repartent avec un chargement de terre propre.

L’an prochain, l’entreprise qu’a fondée et que dirige André Laflèche, pourrait ériger un biodigesteur, qui transformera du fumier et des déchets industriels alimentaires en énergie. Peu après, des serres et une pisciculture pourraient aussi voir le jour, chauffées au gaz méthane tiré des déchets en décomposition.

Le nouveau composteur devrait être prêt à recevoir ses premiers déchets quelque temps cet automne. On pourra alors desservir les municipalités qui demandent à leurs citoyens de séparer les déchets biodégradables. Les branches et les feuilles des collectes spéciales pourraient aussi aboutir à Moose Creek.

Lors du passage d’Agricom, des responsables d’un barrage hydroélectrique à Cornwall s’enquéraient de la possibilité de s’y débarrasser des branches, algues et autres matières qui s’accumulent près de la centrale.

C’est aussi dans ce composteur qu’aboutiront les matières à risques spécifiés (MRS), ces organes de bovins comme le cerveau et la moelle épinière, qui peuvent héberger les prions de la maladie de la vache folle.

Laflèche Environmental est actuellement le seul site d’enfouissement autorisé à recevoir les MRS en Ontario. Pour l’instant, ils sont enfouis parmi les déchets, dans des trous dont l’emplacement peut être retracé à deux mètres près, à l’aide de données GPS.

En compostant les MRS, Laflèche Environnemental pourra leur trouver une meilleure utilité, en se servant du compost obtenu comme matière de recouvrement des déchets.

Geoffroy Laflèche admet que le confinement et le compostage ne sont pas la solution optimale pour les MRS. La destruction pour en tirer de l’énergie, à même les installations des équarrisseurs, serait encore plus logique, explique-t-il. Toutefois, cela prendra encore quelques années avant que les équarrisseurs y arrivent.

Le composteur chez Laflèche Environnemental pourra desservir les agriculteurs de l’Est ontarien qui voudraient se départir de foin de trop mauvaise qualité, de bois et branchages ou de tout produit biodégradable dont la décomposition peut entraîner des problèmes d’odeur ou de vermine.

Les matières biodégradables seront d’abord déversées dans des silos horizontaux. Pour obtenir un mélange qui se décomposera bien, on combinera ensuite les matériaux selon leur apport en carbone, azote et humidité.

« Ce sera comme préparer la recette d’un gâteau », explique Geoffroy Laflèche. Le mélange se compostera en 21 à 28 jours, grâce à l’aération souterraine forcée et l’action d’un mélangeur, qui se déplacera sur des rails le long des canaux.

La matière compostée aura une bonne valeur fertilisante et les agriculteurs voudront l’épandre en alternative aux fertilisants chimiques, prévoit l’ingénieur Brian King, président de Laflèche Environmental.

André Laflèche et ses investisseurs mettront 5 millions$ dans la construction du composteur. L’idée n’est pas de réaliser des profits, mais de démontrer le sérieux de Laflèche Environemental à proposer une valorisation des déchets.

« Notre objectif est de diriger 60 % des déchets que nous recevons ailleurs qu’à l’enfouissement, affirme Geoffroy Laflèche. Personnellement, je crois qu’on devrait viser plus haut. »

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