Volume 32 Numéro Le 3 juillet 2015

Un désastre pour certains producteurs de bleuets


Michel Villeneuve des Vergers Villeneuve and Blueberry Farm à Saint-Pascal-Baylon montre les dégâts causés par les froids extrêmes de l’hiver 2015 sur sa bleuetière.

Par Chantal Quirion


L’hiver a été meurtrier pour certains producteurs de bleuets en Ontario. Ceux de l’Est ontarien sont parmi les plus touchés.

« Les cultures de bleuets ont subi des dégâts considérables en raison du froid glacial l’hiver dernier en Ontario. Les régions les plus durement touchées se trouvent dans l’est de l’Ontario et dans les comtés de Norfolk, de Brant et d’Oxford. Dans certains cas, il faudra plusieurs années pour que les champs ou les variétés de bleuets s’en remettent », indique Susin Micallef pour le ministère de l’Agriculture de l’Alimentation et des Affaires rurales.

Ainsi, les records de froid enregistrés en février 2015 et la faible couverture de neige ont eu raison des bourgeons et tué la récolte dans l’œuf en plusieurs endroits, sans parler des dégâts causés aux plans.

Pour cette raison, l’entreprise Les Vergers Villeneuve and Blueberry Farm à Saint-Pascal-Baylon n’ouvrira pas ses portes cette année. Non loin de là, à Sarsfield, Canaan Blueberries a dû se résoudre à la même décision. « On a perdu 100 % de notre récolte », indiquent les propriétaires sur leur site Internet. Une visite sur les lieux confirme que les plans, même ceux qui conservent un beau feuillage, sont vierges de fruits. Aussi, certaines sections ne ressemblent plus guère qu’à un amas de branches mortes. Chez Michel Villeneuve, le scénario est semblable, avec quelques fruits en prime, mais vraiment trop peu. C’est donc une perte qui s’établit entre 10 000 et 12 000 livres de bleuets. Le producteur ne sera cependant pas dédommagé par une assurance récolte, car il n’a pas souscrit, jugeant les coûts de la prime trop élevée. Ses cinq employés saisonniers aussi trouveront la saison difficile. Ils sont sans travail.

« On dirait que les conditions ont été particulièrement difficiles dans notre secteur. Moi et Canaan on est pour ainsi dire dans le même corridor par rapport à la rivière des Outaouais et la Ferme Proulx, un peu plus à l’ouest, est à peu près dans la même situation. On n’a même pas eu de fleurs », mentionne M. Villeneuve.

Quant à savoir pourquoi certaines sections ont été brûlées par la morsure du froid alors que leurs voisines situées à quelques pieds ont été épargnées, M. Villeneuve demeure perplexe. L’heure est cependant à l’action et Michel Villeneuve a entrepris la taille des buissons endommagés qu’il remet presque au niveau du sol. Il leur faudra de cinq à six ans pour atteindre leur pleine hauteur, soit environ cinq pieds et il n’en tirera pas de fruits avant deux ans, si toutefois il persévère.  En opération depuis 15 ans, il admet qu’il doit, soit trouver une solution, soit penser à abandonner la culture du bleuet. Il a l’impression qu’avec les changements climatiques, la situation ne s’améliorera pas. En 2014, sa récolte avait été amputée environ du tiers en raison des rigueurs de l’hiver. Avec le désastre cette année, l’heure est à la décision.

La culture en pots qui permet de coucher les arbustes à l’automne et de les abrier, pourrait être une avenue, mais là tâche serait colossale.

« En Europe, il y en a qui le font et au Québec aussi. Je vais faire le tour pour voir comment ils s’y prennent. J’ai aussi pensé à acheter un canon à neige, mais ce serait dispendieux et encore là, il faut avoir les bonnes températures. Il va falloir jongler avec tout ça. »

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