Volume 34 Numéro 05 le 21 octobre 2016

Un emballage alimentaire comestible bientôt sur les tablettes?


Un nouveau film de caséine, une protéine du lait, ayant la capacité de conserver la fraîcheur des aliments, vient d’être inventé. Photo: Courtoisie

Josianne Haspeck

Par Josianne Haspeck
Collaboratrice
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Un nouveau film de caséine, une protéine du lait, ayant la capacité de conserver la fraîcheur des aliments, vient d’être inventé par des chercheurs du département américain de l’agriculture. Ce film biodégradable devient une solution de remplacement aux pellicules de plastique actuellement utilisées dans l’industrie alimentaire.

La solution d’emballage a été présentée en août dernier par les chercheuses principales, Dre Peggy Tomasula et Dre Laetitia Bonnaillie, lors d’une réunion de l’American Chemical Society. Respectueux de l’environnement, le film à base de caséine est 500 fois mieux que le plastique pour empêcher l’oxygène d’entrer en contact avec l’aliment.

Parce que la matière première est dérivée du lait, le film est biodégradable, durable et comestible. La plupart des emballages alimentaires déjà sur le marché sont fabriqués à partir d’amidon, ce qui est plus poreux et laisse l’oxygène s’infiltrer par les micro-trous. Le film à base de caséine présente des pores plus petits, ce qui permet de mieux préserver l’aliment.

Selon les chercheuses, l’utilisation de la caséine pure présentait son lot de défis puisqu’il était difficile à manipuler et se dissolvait rapidement en présence d’eau. En incorporant de la pectine d’agrumes dans le mélange, il est devenu plus résistant à l’humidité et aux températures élevées. Cet emballage innovateur ressemble à la pellicule de plastique standard, mais il est moins extensible et bloque mieux l’oxygène. Il serait possible d’ajouter des vitamines, des probiotiques ou des nutraceutiques à sa composition. Comme son goût est quasi inexistant, des saveurs pourraient également être ajoutées. Les possibilités sont infinies.

L’ingénieure chimiste à la recherche, Dre Laetita Bonnaillie, mentionne que la rentabilité du produit n’est pas connue actuellement. « Nous n’avons pas encore fait l’étude économique du procédé ni le cycle de vie des films. Ce sont des phases futures du projet », indique-t-elle. Le produit est en instance de plusieurs brevets, il est donc impossible de connaître les phases futures du produit et l’échéancier correspondant. « Je peux juste vous dire que le but ultime est d’utiliser les excédants de lait en poudre au lieu de la caséine pure », précise-t-elle.

Selon les chercheuses, les films de caséine pourraient apparaître dans les magasins d’ici environ trois ans ou peut-être plus tôt en fonction des collaborations possibles. Un prototype est en création pour une entreprise du Texas.

« Nous n’avons pas encore de collaborateur spécifiquement canadien, cependant plusieurs multinationales nous ont contactés », fait savoir Dre Bonnaillie. Les fabricants alimentaires semblent fort intéressés par cette innovation puisque les chercheuses ont été contactées par plusieurs compagnies agroalimentaires immédiatement après la sortie du communiqué de presse publié par l’American Chemistry Society. Par ailleurs, le produit devrait connaître d’autres améliorations.

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