Volume 30 Numéro 12 Le 28 février 2013

Un marché de niche pour le boeuf de l’Est ontarien


Femelle Blanc-Bleu-Belge

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Les producteurs de l’Est ontarien pourraient d’ici la fin de l’année prochaine mettre en marché du bœuf distinctif sous une nouvelle marque. Le Réseau agroalimentaire de l’Est ontarien a présenté le projet aux producteurs de bovins de boucherie et aux représentants d’usines de transformation de la région, le 22 février.Le projet de développement d’un produit de niche issu d’un élevage est-ontarien a suscité l’attention et l’intérêt d’une dizaine de producteurs et de transformateurs de Prescott et Russell.

Mais attention ! Il ne sera pas question de mettre en marché n’importe quel type de bovin, mais plutôt un bœuf naturel de qualité, élevé sans hormones de croissance, qui aura des propriétés particulières, dont un taux de gras très peu élevé.

« On ne pourra jamais se battre et compétitionner contre le bœuf normal. Il fallait donc trouver un produit de niche », explique Pierre Sénécal, consultant en développement stratégique et organisationnel, qui gère le projet.

Ce dernier affirme que les consommateurs sont de plus en plus à la recherche de produits santé, mais le bœuf vendu dans les épiceries étant trop gras, il est plutôt malaimé.

Après avoir étudié les différentes possibilités, le choix s’est donc arrêté sur un croisement de blanc-bleu-belge (50 %).

Viande peu grasse
La Blanc-Bleu-Belge présentait des caractéristiques intéressantes par la qualité de sa viande peu grasse. De fait, la viande d’un animal pur-sang est jusqu’à 30 % moins grasse que le bœuf traditionnel retrouvé en supermarché.

Les promoteurs ayant fait leurs devoirs, ils ont donc fait tester la quantité de gras de plusieurs pièces de viande provenant de bœufs BBB-Limousin. Les résultats sont éloquents.  « Selon des tests effectués en laboratoire, la quantité de gras présente dans la viande d’un bœuf croisé limousin-blanc-bleu-belge est inférieure à celle trouvée dans une poitrine de poulet», explique M. Sénécal.

Stephane Jeaurond, boucher et propriétaire du Marché Lacroix de Hawkesbury, est très enthousiaste face à la réussite du projet. Mais il estime qu’il sera important d’expliquer aux consommateurs comment cuire cette viande pour ne pas qu’elle soit surcuite et « devienne dure comme de la roche ».

Pour l’instant, les promoteurs du projet prévoient mettre en marché cinq découpes de viande rouge préemballées : filet mignon, ribsteak, surlonge, contre-filet et steak haché. Des « coupes nobles », indique Pierre Sénécal.

Les produits seraient d’abord disponibles dans les magasins d’alimentation des comtés-unis de Prescott et Russell. 

Elle-même éleveuse de bovins de race Blanc-Bleu-Belge (BBB), Marie Goubau explique qu’il sera cependant préférable de le croiser avec une race qui démontre une facilité au vêlage puisque le BBB pur sang éprouve des difficultés à la mise-bas.

Mais Marie assure qu’avec un croisement avec la Limousine, la Charolaise ou la Blonde d’Aquitaine, le tout entrera dans l’ordre et ce ne sera plus un problème.

Et fait intéressant qui a beaucoup plu aux producteurs présents à la réunion, le Réseau agroalimentaire de l’Est ontarien se chargera du transport des animaux vers l’abattoir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *