Recherche et Innovation

Un nouveau capteur permet de détecter rapidement et facilement les maladies chez les vaches laitières


Le professeur en ingénierie Suresh Neethirajan de l’Université de Guelph. Crédit photo: AgInnovation Ontario

Lilian Schaer

Par Lilian Schaer
AgInnovation Ontario
www.agrifoodprojects.ca


Un nouvel instrument portatif peut rapidement et facilement détecter deux maladies importantes chez les vaches laitières avant que celles-ci ne soient malades.

Inventé à l’Université de Guelph par le professeur en ingénierie Suresh Neethirajan et par des chercheurs du Laboratoire BioNano, le nanobiocapteur utilise de petits bâtonnets diagnostiques pour indiquer si une vache a une cétose ou une maladie métabolique en analysant une petite quantité de sang ou de lait.

Des plates-formes de diagnostic par nanodétection pour les marqueurs biologiques de la cétose ou de la maladie métabolique, ont été mises au point et aident à identifier rapidement les niveaux élevés pouvant indiquer la présence de l’une ou l’autre des maladies chez les animaux qui semblent en bonne santé.

À l’heure actuelle, les échantillons de sang doivent être prélevés et acheminés à un laboratoire pour analyse, un processus coûteux qui peut nécessiter de cinq à sept jours pour obtenir un diagnostic.

« Il n’y a aucun test disponible à la ferme qui permet de tester les deux maladies simultanément », explique M. Neethirajan. « Cet appareil est semblable à un test de dépistage du diabète, puisqu’avec une seule goutte de sang, vous pouvez obtenir une mesure précise qui détermine si une maladie est présente ou non. »

« Cet appareil nous permettra de passer d’un diagnostic à une prédiction de la maladie », ajoute-t-il. « À titre d’exemple, la détection de ces biomarqueurs pendant la phase infraclinique peut identifier une vache ayant une probabilité de 90 % de contracter une certaine maladie. »

L’instrument affichera une coche verte si les niveaux d’un animal sont normaux et un X rouge signifie la présence de niveaux élevés; le résultat est obtenu en deux minutes environ. La détection précoce permet aux agriculteurs de modifier ou d’ajouter un aliment de complément, par exemple : pour prévenir les affections, les effets secondaires et les coûts associés à des maladies existantes.

M. Neethirajan souligne que des appareils pour surveiller de nouveaux agents infectieux peuvent également être élaborés pour d’autres maladies qui touchent les vaches laitières, comme la mammite clinique et la paratuberculose, ainsi que l’immunodéficience chez les veaux, et même, dans l’avenir, la maladie de Lyme et la maladie de la langue bleue chez les bovins à viande.

L’université est maintenant à la recherche d’un associé industriel pour poursuivre le développement du produit et pour lancer le dispositif sur le marché.

« Nous avons fait le plus gros du travail en détectant le biomarqueur qui fournit l’information pour la prise de décision. Maintenant, la prochaine étape consiste à le mettre à la disposition des utilisateurs », indique M. Neethirajan.

Bien que le coût du test sur la ferme sera dicté par l’entreprise responsable de la commercialisation, l’objectif serait de le maintenir inférieur à 2 $ par vache et par test, ajoute M. David Hobson du Centre catalyseur de l’Université de Guelph, dont le mandat est d’aider à lancer la recherche sur le marché.

« Si vous pouvez faire un suivi quotidien et à peu de frais, vous pouvez régler les problèmes des leurs apparitions. Les vaches sont plus vulnérables avant et après le vêlage. Par conséquent, si nous pouvons recueillir des données impartiales et exactes, nous pouvons agir avant qu’il y ait un problème », explique-t-il en ajoutant que la technologie pourrait devenir un outil de dépistage courant dans la gestion des maladies prédictives.

Une vision future voit la technologie portative intégrée à un système de traite robotisé qui pourrait, par exemple, mesurer automatiquement les biomarqueurs dans le lait et par le fait même, attirer l’attention.

M. Hobson indique qu’une entreprise déjà impliquée dans la collecte de données sur la ferme serait un bon partenaire d’affaires, et bien qu’un partenariat avec un groupe canadien serait idéal, ils sont ouverts aux possibilités à l’échelle mondiale.

« La vision à long terme est d’avoir une seule plate-forme avec des applications dans le cadre de systèmes de surveillance et d’alertes précoces pour prédire les maladies chez les vaches, les bovins, la volaille, les porcs, etc., de manière à prendre des décisions éclairées sur la ferme », indique M. Neethirajan.

Le développement de la technologie a été appuyé par les Producteurs laitiers de l’Ontario et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *