Volume 33 Numéro 08 Le 4 décembre 2015

Un outil pour détecter plus rapidement et à moindres coûts la présence de mycotoxines


Par Lilian Schaer, AgInnovation Ontario


Les recherches en cours à l’Université Carleton d’Ottawa pourraient faciliter la détection de toxines engendrées par la moisissure, et ce, à moindres coûts. On les désigne sous le nom de mycotoxines.

Dre Maria DeRosa, professeure de chimie à l’Université Carleton mène les recherches en collaboration avec le Dr Art Schaafsma du Campus Ridgetown de l’Université de Guelph et le Dr David Miller de Carleton, afin de mettre au point un bâtonnet diagnostique qui brillera en présence de mycotoxines, lorsqu’illuminé avec une lumière ultraviolette portative.

L’appareil utilise des aptamères identifiés par la Dre DeRosa et son équipe. Les aptamères sont de courts fragments d’acide nucléique simple brin qui peuvent se fixer à de petites ou grosses molécules cibles dans ce cas, les mycotoxines.

« Il s’agit d’un simple échantillon de nanoparticules sur papier, un test qui peut être fait sur place, au silo », indique la Dre DeRosa, tout en ajoutant que l’appareil peut actuellement détecter des quantités aussi minimes que 40 parties par milliard.

Les agriculteurs collaborent pour prévenir la moisissure du genre Fusarium, comme la surveillance de la température et du niveau d’humidité, dans leurs champs de manière à prédire quand leurs cultures pourraient être à risque de développer la moisissure et décider quand appliquer les fongicides; toutefois, la moisissure pose toujours un défi.

La méthode de test de mycotoxines actuelle avec le réseau canadien d’élévateurs à grains, là où les agriculteurs apportent leurs récoltes pour le marché, implique à la fois un contrôle visuel et la prise d’un échantillon aléatoire à partir d’un chargement de grains ou de maïs pour en faire l’analyse.

Cette méthode est non seulement coûteuse et fastidieuse (chaque test peut coûter entre 50 $ et 80 $), mais elle est également loin d’être précise. Prendre des échantillons provenant de différentes sections d’un seul chargement de grains peut donner des résultats très différents.

Les aptamères peuvent être développés de façon très uniforme et à coût inférieur dans un laboratoire comparativement aux anticorps de souris utilisés actuellement avec les tests disponibles, ce qui signifie qu’ils donneront des résultats d’analyse exacts et cohérents à peu de frais.

« La nature du processus actuel, d’aiguille dans une botte de foin, est le problème que nous essayons de résoudre », mentionne la Dre DeRosa, en ajoutant que les quantités de grains et de maïs produites au Canada signifient que la méthode de test doit également être rapide et peu dispendieuse.

Suite aux premiers succès en laboratoire, la prochaine étape de son équipe consiste maintenant à faire les tests de la nouvelle technologie à plus grande échelle au-delà du laboratoire pour un contexte commercial.

La recherche est soutenue par la fondation Western Grains Research Foundation et l’association Canadian National Millers Association.

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