Le 5 novembre 2003

Un règlement propose de rétablir le commerce des bovins vivants de moins de 30 mois


Une proposition de règlement sur la réouverture prochaine de la frontière aux bovins vivants âgés de moins de 30 mois serait à l’étude à Washington, mais demandera encore de nombreuses semaines pour se frayer un chemin à travers le processus d’étude normal pour une telle proposition. Le temps presserait toutefois, car de chaque côté de la frontière, des milliers d’emplois et d’entreprises souffrent.

Le département de l’Agriculture des États-Unis a en effet publié le 31 octobre dernier une proposition de règlement visant à lever l’interdiction frappant les importations de bovins âgés de moins de 30 mois en provenance du Canada.

« C’est une bonne nouvelle, a estimé le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Lyle Vanclief. Il s’agit d’une étape clé vers une plus grande ouverture de la frontière et démontre un pas en avant. Cela dit, nous ne sommes pas au bout de nos peines et je demeure résolu à travailler en étroite collaboration avec les autorités américaines pour faire en sorte que le processus avance le plus rapidement possible. »

Le règlement propose de créer une nouvelle catégorie américaine pour les pays à faible incidence de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), comme le Canada, qui disposaient de mesures de protection efficaces contre la maladie avant sa détection et qui ont adopté d’autres mesures se fondant sur l’analyse des risques. Il décrit aussi les protocoles suggérés de reprise des importations de certains ruminants vivants et produits et sous-produits issus de ruminants du Canada.
Une fois le règlement publié, les parties intéressées ont 60 jours pour soumettre des commentaires en sa faveur ou pour soulever des préoccupations. Les soumissions reçues seront ensuite examinées, après quoi les États-Unis pourraient prendre la décision de rouvrir leur frontière aux bovins vivants du Canada.

La nouvelle a été « très favorablement accueillie » par la Canadian Cattlemen’s Association (l’Association canadienne des éleveurs de bovins): « Nous commençons à voir la lumière au bout du tunnel », a dit le président de l’Association, Neil Jahnke. « La USDA reconnaît maintenant que la fermeture absolue de la frontière à tout commerce de bovins en provenance d’un pays qui prend toute les mesures nécessaires contre l’ESB comme le Canada, a été une réaction excessive de leur part. Nous devons baser nos actions rationnellement sur les données scientifiques », a-t-il souligné par voie de communiqué.

M. Vanclief a fait remarquer que le Canada était le premier pays du monde aux prises avec un cas d’ESB à voir ses produits acceptés de nouveau aux États-Unis. Il a souligné l’importance que le Canada ait atteint ce but 100 jours seulement après la découverte du cas unique d’ESB en Alberta. « Les progrès que nous avons réalisés jusqu’à présent découlent de nos relations avec les représentants des États-Unis à tous les niveaux ».

Le ministre a insisté sur le rôle primordial de l’intégration du marché nord-américain des bovins des deux côtés de la frontière et sur la nécessité de continuer à collaborer avec les États-Unis. Il a conclu en disant qu’il avait la ferme volonté de faire rouvrir complètement la frontière américaine au bétail et aux produits d’élevage canadiens.

Lors d’une allocution qu’il a prononcée devant l’American Meat Institute à Chicago la semaine précédente, le ministre Lyle Vanclief a insisté sur le fait qu’à la fois les éleveurs de bovins canadiens et les exploitants d’abattoirs américains se heurtent à des problèmes graves à la suite de la fermeture de la frontière. Il a de plus exhorté les parties intéressées à collaborer en vue de résoudre la situation dans les meilleurs délais.

« Il faut agir vite, a indiqué M. Vanclief. Tant le secteur canadien du boeuf que les établissements d’abattage des États-Unis qui dépendent du boeuf canadien connaissent des difficultés économiques graves. On note des pertes d’emploi dans plusieurs régions clés; c’est pourquoi il faut travailler fort en collaboration avec le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) pour faire avancer le processus réglementaire ».

Les échanges ont déjà repris en ce qui concerne certaines coupes de boeuf en provenance du Canada. Les États-Unis déploient des efforts en vue d’ouvrir la frontière aux bovins vivants. Le ministre a salué l’engagement du USDA pour ce qui est de veiller à ce que le processus réglementaire se déroule rapidement.

« Le boeuf canadien est sans risque, a affirmé le ministre à son auditoire à Chicago. Vous le savez, je le sais, les consommateurs canadiens et américains le savent et nos partenaires commerciaux aussi ».

Cette confiance a entraîné des progrès dans un certain nombre d’autres marchés relativement au boeuf canadien. M. Vanclief a assuré le groupe que l’adhésion du Canada à des principes scientifiques objectifs était plus forte que jamais, soulignant que « nous prenons les mesures nécessaires pour rendre notre système encore plus sécuritaire et nous intervenons dans bon nombre de domaines, notamment ceux des protocoles régissant les aliments du bétail, de la surveillance et de la traçabilité ».

Le Canada est résolu à faire tout ce qui est en son pouvoir pour que son industrie bovine redevienne prospère comme avant le 19 mai, dit M. Vanclief. Le ministre a répété à Chicago que la clé du succès, tant pour les Canadiens que pour les Américains, était l’intégration du marché nord-américain des bovins. « Nous devons absolument revenir à un marché intégré, et ce, le plus tôt possible. Ce marché doit être rétabli pour que nous puissions aller de l’avant ensemble et tirer parti de la croissance à venir ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *