Volume 34 Numéro 07 Le18 novembre 2016

Un succès fou pour Tuque de Broue


Le fondateur de Tuque de broue à Embrun dans l'Est ontarien, Nicolas Malboeuf.

Par Chantal Quirion


Il voulait faire partie de la vague, celle par qui les amateurs de bières artisanales se retrouvent toujours plus nombreux.

Nicolas Malboeuf a fondé Tuque de Broue, une microbrasserie à Embrun dans l’Est ontarien. Au-delà d’une bière, c’est un véritable engouement qu’il a créé, voire un sentiment d’appartenance qu’il se fait fort de combler.

Il ne cultive pas ses céréales ni son houblon, mais se fait un devoir de transformer ces produits agricoles en un nectar qui leur confère une valeur ajoutée. Dans ses nouveaux locaux inaugurés rue Bay il y a moins d’un an, un coin dégustation est aménagé où l’on peut apprécier dans un décor décontracté, la robe de la Tuque dorée, sa première création, ou encore, celle de la Gougounes, de la Barbe blanche, de la Cavalerie ou encore de sa dernière trouvaille automnale, la Jacques La-Lanterne aux arômes d’épices associées à la citrouille. Mais avant, le client aura pu jeter un coup d’œil sur les cuves en acier inoxydable, rutilantes de promesses.

Sommelier de formation et vendeur pour une maison de vins, avant de se lancer dans cette aventure, Nicolas Malboeuf a les papilles sensibles et un grand appétit pour l’innovation. Il ne pouvait rester indifférent à ce mouvement.

« Avec les années, j’ai vu les gens développer leurs connaissances sur le vin. Les amateurs ont suivi des cours et j’ai assisté à un engouement. Puis, j’ai vu que cet engouement allait vers la bière et je voulais faire partie de ce mouvement. »

L’entraide

Pour mettre au point sa première bière, la Tuque dorée, Nicolas Malboeuf a d’abord fait appel à un ami brasseur qui lui a prêté ses installations à Ottawa et qui a bien voulu partager son savoir. Il cherchait alors à concocter une bière légère et facile à boire.

« Une bière qui célèbre le plein air, les bons amis et la famille », pour reprendre ses propres mots.

Cet ami, Paul Meek, propriétaire de la microbrasserie Kichesippi,  s’est avéré un atout certain.

« C’est la première personne à qui j’ai confié mon projet. Lui aussi vendait du vin autrefois. Il m’a aidé sans hésiter et on a développé la recette. J’ai été privilégié de pouvoir faire ma bière chez lui. »

Ainsi la Tuque dorée est née, une Pale Ale avec une effervescence vive grâce à la sélection de levures sélectionnées, un secret bien gardé, avec « une finale fraîche et une broue de blanche neige », d’où entre autres, le nom de l’entreprise, pour ce beau collet imagé par le nom Tuque de Broue. Au deuxième degré,  la tuque, présente par le design du tricot que l’on retrouve avec ses variantes sur chacune des créations, participe encore à la promotion du produit et du style de vie, celui du confort et du plaisir d’être bien entouré.

Nicolas Malboeuf est d’ailleurs la preuve vivante de cet état d’esprit. Pendant l’entrevue, sa conjointe Margo et son fils Léo, un an, viennent le retrouver. Le clan familial est important. Comme Margo qui s’apprête à réintégrer ses fonctions de gestionnaire et organisatrice des événements spéciaux après un congé de maternité, sa sœur Marie-Claude est directrice des ventes en magasin et a apporté sa touche personnelle aux objets et vêtements promotionnels. Au-delà d’aimer cette microbrasserie, les gens sont fiers de s’y associer. Sa mère Jacinthe y travaille aussi. En tout, ils sont neuf employés à participer au succès de l’entreprise.

Il en résulte qu’en moins d’un an, Tuque de Broue a doublé sa production, passant de 7 000 litres par mois à 14 000 litres.

« On a fait en six mois le plan qui était prévu pour trois ans. »

Chacun sa force

La demande était là, mais Nicolas Malboeuf avait besoin d’un brasseur pour garder le cap et mener à bien d’autres recettes.

« C’était mon prochain défi. Je savais que j’étais pour être capitaine pour la vente et le design et je savais que je confierais la production. C’est là que j’ai rencontré Zach Trynda, un excellent brasseur. Il ne voulait pas être propriétaire ni s’occuper de la vente. Merveilleux! Je peux dire que les étoiles se sont aligné une couple de fois dans ma vie et celle-là, s’en était une bonne. »

Au gré des saisons

Il décide alors de créer une bière saisonnière tous les deux mois et vient alors la Gougounes, complément parfait du barbecue après une journée en plein air.

« Les gens ont tellement aimé la Gougounes qu’on a décidé de la garder. »

Il parle de cette rousse capiteuse avec passion, décrivant son malt chocolaté aux arômes de caramel, dont les effluves de fruits, bleuets et framboises, s’harmonisent comme une symphonie.

Quelles soient saisonnières ou permanentes, Nicolas Malboeuf a le même souci de perfection pour chacune de ses bières. En boutique, on en retrouve un inventaire complet et c’est important pour lui. Sinon, à la LCBO (Liquor Control Board of Ontario)  on peut faire connaissance avec la Tuque dorée ainsi que dans certains restaurants.

Pour offrir ce choix, il a dû faire l’acquisition d’un nouveau fermenteur, une dépense quasi extravagante, dit-il, mais qui s’accorde à sa philosophie.

« C’est un exploit d’avoir autant de choix sur place mais ça fait partie de notre marque de commerce. C’est dans nos gènes.  On veut que le produit soit global, que ce soit une expérience pour le client. »

Ainsi, la Cavalerie, une bière robuste qu’il décrit comme la revanche du houblon ou encore la Barbe blanche baptisée en l’honneur de son père occupent une place d’honneur sur les étagères. Une bière de type porter devrait d’ailleurs faire son entrée dans les jours qui viennent.

En plus de l’attrait de la bière, Tuque de Broue organise régulièrement des activités pour rallier les amateurs et les gens de la communauté, jusqu’à des séances de yoga et des repas joyeusement partagés. Chaque lancement est par ailleurs souligné avec faste. Et en tout temps, des visites guidées sont offertes aux visiteurs.

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