Le 15 septembre 2004

Une crise de la vache folle qui fait mal

Par Pierre-Alain Blais


L’élevage des bovins, une des industries les plus rentables de l’agriculture canadienne, est plongée dans la pire crise de son histoire depuis la découverte dans le nord de l’Alberta, il y a maintenant 16 mois, d’une vache porteuse de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB ou maladie de la vache folle). Une vache qui par ailleurs, n’est jamais entrée dans la chaîne alimentaire.

Depuis, malgré des efforts diplomatiques soutenus et sans que n’apparaisse aucun cas nouveau d’ESB au Canada, un embargo presque général perdure contre le bovin canadien. La frontière américaine par où transitait 90% des imposantes exportations canadiennes, demeure pour l’essentiel fermée à tout bovin.

L’industrie canadienne des bovins est une industrie qui souffre profondément depuis la découverte d’un cas unique de vache atteinte de la maladie de la vache folle en mai 2003. Des chiffres officiels de Statistique Canada font état de pertes de revenus des secteurs de l’élevage dépassant les 3,5 milliards de dollars, soit plus de 20 000 dollars par ferme. Des éleveurs de bovins à l’engraissement de l’Ouest canadien disent avoir vu leurs revenus chuter de plus de la moitié depuis la fermeture de la frontière américaine à tout bovin canadien.

Les producteurs laitiers de l’Ontario et du Québec ont aussi connu leur part de pertes appréciables depuis mai 2003, car leurs vaches de réforme trouvent maintenant difficilement preneur sur les marchés intérieurs. Elles étaient acheminées vers les abattoirs des États-Unis. Certains ont confié avoir reçu des chèques de paiement se montant à quelques cents pour de belles vaches de réforme vendues à l’encan. Et c’est sans compter la suspension des ventes de matériel génétique et de sujets primés outre frontière.

Le consensus international est à l’effet que le Canada a été injustement pénalisé pour avoir suivi rigoureusement les règles internationales de transparence et de divulgation.

Tous les experts internationaux, Américains compris, estiment que le boeuf canadien est sans danger et que le risque qu’un animal porteur d’ESB n’entre dans la chaîne alimentaire est virtuellement inexistant.

Le gouvernement canadien a dû, jusqu’à maintenant injecter près d’un milliard de dollars pour aider ses producteurs.

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