Volume 26 Numéro 09 Le 17 décembre 2008

Une digne retraite pour Robert St-Amant, professeur au Campus d’Alfred

Par Nicole Tessier, Communication, Université de Guelph-Campus d'Alfred


Au cours des dix dernières années, Robert a offert un appui indéfectible au Comité local de l’EUMC, pour faire de ce projet « un petit miracle ». Photo Campus d’alfred.

Ce sont ce rire affable et les yeux ricaneurs de Robert St Amant qui n’y seront plus, et cela, dès l’été prochain. Si nous parlons de lui en cette veille du temps des Fêtes plutôt qu’à une date plus rapprochée de son départ, c’est que Robert St Amant laisse au Campus d’Alfred un héritage unique qui, somme toute, se présente bien comme un cadeau au Campus et à la communauté.

Le parcours de Robert s’insère bien dans les périodes les plus intéressantes de l’histoire du Québec et de l’Ontario. D’ailleurs, c’est en pleine période révolutionnaire des années ?70 qu’il fait la connaissance de sa douce moitié, Diane Veillet, à la suite de la grève étudiante au CÉGEP de Sherbrooke. Tous les deux en tant que militants participent au bilan de cette grève. « C’tait fou », lance-t-il, en déployant son rire à pleine gorge? En 1974, le jeune Robert entreprend son premier voyage en Afrique dans le cadre d’un programme organisé par le CÉGEP. Ce premier voyage le marquera.

En 1975, Diplôme d’études collégiales sous le bras, le jeune couple s’engage à oeuvrer dans le Nord, en Abitibi où Robert exercera de multiples fonctions en tant qu’animateur dans les affaires sociales et communautaires; il dirigera même une garderie.

En 1982, Robert obtient son BAC en histoire et en 1984 en bibliothéconomie qui lui servira bien lors de son deuxième séjour en Afrique, en Guinée Bissau, en tant que coopérant volontaire pour le CECI. Il travaillera aux archives nationales de la bibliothèque nationale pendant 6 mois. Il vivra ce séjour avec sa femme et le jeune Étienne qui a appris à marcher à Lisbonne, se souvient-il. « Il n’y avait rien, absolument rien. Nous ramenions des patates en contrebande ».

À son retour au pays, Robert opte pour travailler dans un organisme non gouvernemental (ONG) à Ottawa. C’est au sein de l’Organisation canadienne pour l’éducation au service du développement qu’il oeuvre en tant qu’agent de développement principalement pour l’Afrique de l’Ouest. Après trois ans, il quitte Ottawa pour le nouveau Collège d’Alfred en 1988.

Chef de section en Communications au Collège d’Alfred

La charge est extraordinaire; ainsi que l’enthousiasme de la jeune équipe. Robert tient le poste de chef de section en Communications. Ses responsabilités sont multiples: formation à distance, promotion, recrutement, bibliothèque et le Centre de ressources agroalimentaires. Il développe à ce moment des liens bien tissés avec les organismes francophones lors de cette période effervescente pour les Franco-Ontariens. En plus de ses responsabilités, Robert met sur pied le programme Agriculture et développement international (ADI) en 1991 et obtient sa maîtrise en éducation.

Il occupera ce poste jusqu’en 1997 lorsque le ministère de l’Agriculture de l’Alimentation et des Affaires rurales cède la gestion des collèges agricoles de l’Ontario à l’Université de Guelph.

Le secteur Communications dans son ensemble est aboli. C’est alors que Robert reprend le contact avec les jeunes en salle de classe. C’est ce contact qu’il privilégie. Il contemple un peu ses années de jeunesse lorsqu’en philosophant, il énonce que les jeunes d’aujourd’hui se questionnent trop et ainsi l’idée qu’ils peuvent lâcher fait partie de leurs choix.

L’an 2000 est marquant pour Robert. C’est sous la direction de Gilbert Héroux que deux changements importants ont lieu. Tout d’abord, ce dernier souhaite que les étudiants dans le programme ADI puissent vivre une expérience pratique en voyageant. À titre de responsable de ce programme, Robert met en oeuvre ce nouveau volet. De plus, le Collège reçoit son premier étudiant réfugié lié au parrainage.

Legs d’un humanitaire, le plus beau cadeau

Robert affirme que ce se sont les étudiants en ADI qui ont insisté à soutenir le parrainage, ayant pris connaissance de ce programme lors d’une visite au bureau de l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC). Robert connaissait bien les défis que ces jeunes auraient à relever pour la réussite de l’initiative. Il affirme avoir accepté en se disant, « dans quoi j’m’embarque encore ».

Au cours des dix dernières années, Robert a offert un appui indéfectible pour faire jaillir ce projet qui en soi est un petit miracle. C’est le geste de contribuer à la mission de donner une autre vie à des étudiants venant de camps de réfugiés; c’est le geste d’assurer à l’étudiant une première année dans la sécurité; c’est le geste de tendre la main auprès des autres; c’est le geste de continuer de le faire; ça c’est le plus cadeau que puisse léguer un employé à son milieu de travail.

Robert est très fier des étudiants formés au Campus d’Alfred. Il en cite quelques-uns qui se classent aujourd’hui dans les rangs de grands joueurs de l’industrie agroalimentaire. Robert revient toujours à parler des étudiants et leur apprentissage, que ce soit lors d’un voyage où il est accompagnateur ou en salle de classe. Ces expériences l’ont enrichi.

Si l’on dit que le Campus d’Alfred est ouvert sur le monde, c’est grâce à des personnes comme Robert qui ont les yeux grands ouverts sur le monde et qui inspire d’autres à le faire.
Merci Robert.

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