Volume 33 Numéro 03 Le 18 septembre 2015

Une participation dynamique à la croissance


Crédit photo: SPOMT

Par Agricom


Publication spéciale dans le cadre du 400e anniversaire de présence française en Ontario.

La présence des francophones partout en Ontario témoigne de la longévité de leur engagement dans les activités économiques, de la Nouvelle-France à l’Ontario d’aujourd’hui. Bien avant les grands entrepreneurs comme les Desmarais ou les Martin, l’économie franco-ontarienne a pu compter sur des gens qui n’avaient pas froid aux yeux. Car dès leurs premières explorations du territoire, les Français en verront le potentiel et l’exploiteront.

Des propriétaires

Pour se lancer dans l’aventure du commerce des pelleteries, il faut de l’audace. Voyager, tenir un fort, marchander… Cent ans après le passage de Champlain en territoire ontarien, des Français intrépides y ont partout érigé des postes de traite, sur les rives du Saint-Laurent (de Kingston à Detroit en passant par Niagara) et vers le Nord-ouest jusqu’au lac à la Pluie.

Des exploitants

On avait déjà expérimenté certaines productions agricoles autour de quelques postes de traite. Souvenons-nous aussi de la forte impression qu’avait faite la culture du maïs, des courges et des haricots chez un Champlain séjournant en Huronie, en 1615. Dans cette optique, les soldats démobilisés et des voyageurs à la retraite en viennent à cultiver la terre.

Les francophones migrants défricheront nombre de terres, s’investissant pleinement dans l’ouverture du territoire. L’agriculture, nouveau moteur économique, deviendra d’ailleurs l’une des principales occupations des francophones jusqu’au milieu du 20e siècle. La terre les attire et les amène dans les comtés de Kent et d’Essex, dans l’Est ontarien, au sud de la baie Georgienne. À l’époque de la Confédération, ils rejoignent le lac Nipissing et poursuivront la montée vers le Nord.

La fibre entrepreneuriale déborde alors le cadre des fourrures et s’étend aux milieux agricoles. Pour la population franco-ontarienne grandissante, l’union fait la force : la coopérative constitue un modèle économique très important. Grâce à des regroupements, les cultivateurs brisent leur isolement, structurent leurs réseaux et achètent du matériel.

Les chiffres reflètent le succès du modèle : à lui seul, le comté de Prescott-Russell compte 36 cercles de fermiers, en 1935. La décennie suivante, les cultivateurs francophones de l’Ontario exploitent douze fromageries coopératives.

Des ouvriers

L’activité manufacturière de l’Ontario s’intensifie dans les années 1870 avec le déclin du commerce des fourrures. Les ouvriers francophones non spécialisés trouvent un gagne-pain dans les chantiers, les usines et les fabriques. Ils convergent vers les usines de Toronto, les fabriques de textile de Cornwall et de Welland, et la géante de l’automobile, Windsor.

L’image du bûcheron, fort et vaillant, à l’instar de Jos Montferrand, est assurément celle qui restera le plus enracinée. Les usines de pâtes et papiers et les scieries comptent parmi les grands employeurs de Canadiens français.

Une présence grandissante et changeante

Qu’en est-il de l’or gris et des cols blancs? Les religieux sont omniprésents en Nouvelle-France, et les commerçants investissent l’administration britannique. Cette force est doublée par les avocats, les journalistes et les enseignantes, lesquelles étaient parfois formées dans des écoles modèles dès 1890, puis dans les écoles de pédagogie à Ottawa, ouverte vers 1920, et à Sudbury, à partir de 1963.

Avec l’urbanisation et le déclin de l’agriculture, au milieu du 20e siècle, les Franco-Ontariens sont de plus en plus nombreux à poursuivre des études. Déjà, à Ottawa, capitale du Canada-Uni puis du Canada depuis 1857, plusieurs francophones font partie de la fonction publique. Moins de 100 ans plus tard, ils s’engagent en plus grand nombre dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

D’ailleurs, avec l’implantation d’écoles élémentaires et secondaires et l’ouverture d’établissements postsecondaires de langue française, les jeunes Franco-Ontariens sont de plus en plus scolarisés, et le sont désormais plus que les autres jeunes Canadiens. En plus, la francophonie ontarienne se diversifie. D’abord en majorité dans l’Est et le Nord ontarien, elle est maintenant en pleine croissance dans le Centre et le Sud-Ouest. Les francophones de l’Afrique, de l’Asie, du Moyen-Orient et de l’Europe viennent gonfler les rangs des Franco-Ontariens et, par la force des choses, redéfinir ces quelque 611 000 Ontariens d’expression française.

Des tendances se dégagent au fil des 400 ans de présence française en Ontario. Depuis le temps des pelleteries, les Français, les Canadiens-français, les Franco-Ontariens ont laissé leur marque dans l’économie de l’Ontario d’aujourd’hui. Ils sont de tout temps des entrepreneurs dynamiques, parfois même audacieux. Ils ont adopté les stratégies économiques nécessaires pour relever les défis. Ils ont participé à l’essor économique de la province la plus populeuse du pays. Ils ont leurs phares. Et ils sont toujours plus nombreux.

Sources :

Ontario400.ca historique

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