Volume 25 Numéro 12 Le 20 février 2008

Une petite réflexion suite à la journée de l’affranchissement alimentaire

Par par Simon Durand, directeur général, L'Union des cultivateurs franco-ontariens.


Le 3 février dernier marquait la journée de l’affranchissement alimentaire du consommateur canadien. Elle correspond au moment de l’année où un Canadien moyen a gagné suffisamment d’argent pour s’alimenter toute l’année.

L’an dernier cette journée correspondait au 6 février et en 2008, c’était le 8 février.

Si l’on considère que le revenu du consommateur canadien augmente, c’est logique. Le problème c’est que l’essentiel du panier d’alimentation est composé de produits transformés, qui coûtent très chers en transport, en main-d’oeuvre et en emballage.

De plus, les intrants agricoles, surtout ceux dérivés du pétrole, coûtent aussi de plus en plus cher aux producteurs (augmentation de 20% estimé par Agriculture et Agroalimentaire Canada).
Alors, que reste-t-il en fin de compte, pour les producteurs’

Lors de la crise de la vache folle, une étude a été réalisée au Québec par un groupe de travail mandaté par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, pour tenter d’expliquer pourquoi le consommateur n’avait reçu aucune économie sur la viande de boeuf suite à l’effondrement du prix du bétail.

Une des conclusions de ce groupe de travail était la perte des marchés d’exportation par la fermeture des frontières qui est venu créer une situation de surproduction.

Une autre conclusion de l’étude était que les autres intervenants de la chaîne avaient maintenu leurs marges habituelles et qu’il y avait tellement d’autres coûts de production qui s’y rattachait qu’une variation de la valeur de la denrée agricole n’avait peu ou pas d’effet sur le prix au consommateur.

Bref, le coût du produit agricole ne représente qu’une faible partie du prix payé par le consommateur.

Donc si baisse aussi dramatique que 50% n’affecte que très peu le prix au consommateur, pourquoi la chaîne de commercialisation alimentaire ne peut-elle pas transférer une légère hausse directement? Si vous avez la réponse, ou des suggestions, vous êtes les bienvenus à les partager.

Si l’on revient à la journée de l’affranchissement alimentaire qui arrive toujours de plus en plus tôt malgré l’augmentation du prix de l’essence et du transport, des coûts de main-d’oeuvre, des intrants agricoles, etc. comment se fait-il que le panier d’épicerie canadien reste parmi le moins cher des pays occidentaux?

La structure oligopolistique de la distribution canadienne avec seulement 3 joueurs d’importance créée une pression forte à la baisse sur les prix aux producteurs et aux consommateurs.

Un gagnant et un perdant! Un étiquetage et une meilleure identification des produits canadiens est sûrement un élément de solution.

Si le consommateur peut reconnaître le produit de chez nous et le demander, il se créera une nouvelle demande que les produits d’importation ne pourront pas combler et le prix de ces produits reflétera la réalité de nos conditions de production.

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