Volume 31 Numéro 18 Le 23 mai 2014

Une réflexion sur le fruit du labeur agricole


Josianne Haspeck

Par Josianne Haspeck
Collaboratrice
info@journalagricom.ca


Promouvoir le travail de ceux qui labourent la terre et attirer l’attention du public sur l’environnement et les enjeux agricoles. Voilà ce que l’Assemblée des évêques catholiques de l’Ontario (AECO) a voulu mettre en lumière en publiant une réflexion sur une lettre pastorale publiée en 1989 et qui est toujours à l’ordre du jour.

Les évêques de l’Ontario ont publié, il y a 25 ans, une lettre pastorale intitulée La terre, notre patrimoine, qui se voulait une déclaration épiscopale faisant part des raisons sur lesquelles étaient fondées leurs espoirs dans le domaine agricole : préservation et rehaussement des valeurs familiales, productivité assurée des denrées alimentaires, gestion de la terre, protection environnementale à long terme, sécurité nationale des denrées et croissance d’une communauté agricole.

Les années ont passé et représentants diocésains ont recommandé à la Commission des affaires sociales de souligner cet anniversaire. Un comité de travail formé entre autres d’agriculteurs de la Fédération des agriculteurs chrétiens de l’Ontario (FACO) ont donc rédigé cette réflexion : Fruit de la terre et du travail des hommes que l’AECO a publié en mars dernier.

« Nous voulions souligner l’importance de l’agriculture, des travailleurs du secteur agricole, mais également des travailleurs étrangers, fait savoir Luciano Piovesan, secrétaire général de l’AECO. Nous voulions attirer l’attention de la communauté pour qu’une plus grande valeur soit accordée au secteur agricole et encourager le dialogue entre les collectivités urbaines et rurales. On souhaite le traitement équitable des travailleurs agricoles pour veiller à ce que le secteur agricole soit viable et sans danger pour les gens qui en font partie. »

L’AECO ne souhaitait pas accoucher d’un document politique. Trois ébauches ont été rédigées avant que la réflexion soit endossée par la Commission des affaires sociales. « Nous voulions surtout amener une meilleure compréhension de ce que les fermiers vivent au quotidien. Les gens doivent tenir compte de la provenance du produit envisagé à l’épicerie surtout si on a le choix entre un article d’ici ou d’ailleurs afin de prioriser les produits locaux », souligne-t-il.

Vice-président de la FACO, Ted Van den Hurk, qui a travaillé sur le document avec sa femme entre autres, signale que c’est avant tout un objectif de conscientisation qui était poursuivi avec la publication de ce document plus que de proposer des solutions aux enjeux agricoles actuels. Le rapport Fruit de la terre et du travail humain soulève tout de même dix grandes questions concernant la réalité agricole : la gérance de l’environnement et les choix éthiques en matière de consommation, la protection et la défense des droits que les travailleurs agricoles devraient pouvoir exercer en tant que personnes et ceux dont ils devraient pouvoir jouir à titre de travailleurs, y compris celui de se syndiquer.   « En tant qu’évêques, nous célébrons la dignité et la valeur du travail du monde de la terre, peut-on lire. Nous exhortons les producteurs agricoles à embrasser leur travail comme une vocation. […] L’agriculture peut fort bien être une activité aussi spirituelle qu’économique. »

Ted Van den Hurk rappelle l’avertissement de l’Église en matière de consommation : « acheter est non seulement un acte économique, mais toujours aussi un acte moral ». « Quand les aliments sont utilisés à fabriquer du carburant, il faut se remettre en question. C’est nous qui utilisons ce même carburant », fait remarquer le producteur de volaille dans la région de Stayner, en Ontario.

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