Volume 35 Numéro 17 Le 11 mai 2018

Une ruche chez soi grâce au programme Host-a-Hive


Marianne et Matt Gee se sont retrouvés à effectuer le sauvetage de dizaines de ruches au fil des ans.

Par Lyndsey Smith pour AgInnovation Ontario


Les initiatives n’émanent pas toutes de laboratoires; certaines naissent littéralement entre les quatre murs de sa propre maison.

Lorsque Marianne et Matt Gee ont emménagé dans leur nouvelle maison sur une terre à l’ouest d’Ottawa, ils ont été surpris de constater qu’une ruche d’abeilles mellifères s’était déjà approprié la résidence.

Peu enclin à exterminer ces pollinisateurs indispensables, Matt les avait redirigés vers une hausse, puis installé la ruche dans l’arrière-cour avec l’aide d’un apiculteur local. Marianne et Matt sont vite devenus apiculteurs par choix, se découvrant une réelle passion pour le métier.

Quelque temps après, ils reçurent un appel concernant une autre ruche retrouvée dans une maison – on leur demandait de venir la sauver. Matt, constructeur de métier, était en position unique d’accéder à la ruche et de relocaliser les abeilles en toute sécurité. Avec l’expérience de Matt en construction de maisons et les connaissances du couple en apiculture, les Gee se sont retrouvés à effectuer le sauvetage de dizaines de ruches au fil des ans.

En 2016, Marianne et  Matt et se sont lancés dans une plus grande aventure, passant du simple sauvetage d’abeilles à l’installation de ruches d’abeilles mellifères individuelles dans plusieurs quartiers d’Ottawa.

Leur entreprise, Gees Bees Honey Company, propose le programme Host-a-Hive dans le cadre duquel les personnes intéressées à héberger des abeilles à même leur arrière-cour peuvent s’y faire installer une ruche d’apiculture pendant un an.

Moyennant une pension mensuelle, les Gee s’occupent de tous les soins et travaux d’entretien de la ruche, permettant aux hôtes de savourer le charme de la ruche et le miel produit dans leur propre cour. Une fois les ruches installées, habituellement dès le début du printemps, Matt et Marianne effectuent plusieurs visites, prenant le soin d’apporter avec eux quelques combinaisons d’apiculteur supplémentaires pour les familles hôtes souhaitant apprendre sur l’élevage des abeilles et la production du miel.

Les Gee récoltent le miel pendant toute la saison et le mettent en pots. Dans le cadre du programme, les hôtes reçoivent 16 pots de miel de format de 450 g, soit la quantité approximative de miel que consomme une famille pendant l’année.

Marianne explique que les abeilles butinent dans un rayon d’environ 5 kilomètres de leur ruche; les hôtes n’ont donc pas besoin de planter des fleurs ou des sources de nourritures particulières. Toutefois, beaucoup de leurs premiers clients possédant déjà de grands jardins de légumes et de fleurs bénéficient de la pollinisation accrue.

La réaction au programme Host-a-Hive a été si positive que les Gee ont déjà trouvé preneurs pour toutes leurs ruches, et des hôtes supplémentaires sont déjà inscrits sur une liste d’attente. La Gees Bees Honey Company offre également le programme à des restaurants et à d’autres entreprises, où les ruches installées sur les toits produisent du miel à proposer au menu et pour la vente.

Les ruches d’abeilles mellifères sont permises dans les limites de la ville, indique Matt, mais elles doivent être installées à au moins 30 mètres de la ligne de propriété. Cela signifie que la majorité des ruches sont hébergées loin du centre de la ville, sur de plus grandes superficies.

Les Gee ont également acheté un terrain de 25 acres près de leur résidence actuelle. Ils envisagent d’élargir leur propre exploitation apicole et d’y abriter un sanctuaire pour pollinisateurs, où des visiteurs et des groupes scolaires pourront venir apprendre sur les abeilles et le rôle que jouent les pollinisateurs dans la production alimentaire.

Comme le souligne Marianne, les Gee souhaitent ardemment aider les populations d’abeilles à prospérer.

« Je suis tout aussi heureuse de voir 10 000 personnes avec une ruche chacune qu’un seul apiculteur avec 10 000 ruches », ajoute-t-elle. 

Cette initiative a bénéficié du soutien  du Centre de commercialisation agrotechnologique (CCA) par le biais des fonds de Cultivons l’avenir 2 (CA2), une initiative fédérale, provinciale et territoriale.

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