Volume 34 Numéro 13, Le 10 mars 2017

Une sucrerie flambant neuve pour la famille Garland


Le petit Gabriel est un habitué de la cabane à sucre et un et aide hors pair. Il est entouré de Denis Desjardins, d’Ivan, Roxanne, Jocelyne et James Garland. Le groupe pose dans les nouvelles installations de Garland Sugar Shack à Vars.

Par Chantal Quirion


Pour Ivan Garland la passion pour les sucres remonte à l’enfance. Il était encore à la petite école lorsqu’on lui permet d’entailler une centaine d’érables sur la terre familiale à Vars, dans l’Est ontarien.

Il est de la troisième génération installée sur cette terre acquise par son grand-père il y a cent ans. Ses grands-parents étaient producteurs laitiers et ses parents le seront aussi jusqu’en 2 000. Pour sa part, Ivan se concentre aujourd’hui sur les grandes cultures avec 400 acres en maïs et en soya. Puis, il y a cet autre volet important de sa vie, l’acériculture.

« J’ai commencé avec 100 à 150 entailles au début puis je suis monté à 300 quand j’ai arrêté l’école. J’étais toujours sur la ferme avec mes parents. Plus tard, j’ai augmenté à 1 200 entailles. C’est là que c’est passé de « hobby » aux affaires. Je pensais qu’on était gros en bibitte. »

Pour arriver à cette progression, du terrain est acheté et 150 acres du voisin sont loués.

« On a loué du voisin en face de chez nous juste avant tempête du verglas. C’était une ferme qui avait une belle érablière et pour moi c’était un rêve. À mes yeux, l’érablière valait autant que le terrain. Avec le verglas, j’ai eu le cœur brisé. »

Il en fallait toutefois plus pour en venir à bout de cette passion. Le cap des 1 200 entailles franchi, Ivan Garland passe du système de collecte traditionnelle dans les sceaux à l’installation de tubulures. Il n’est pas seul dans l’aventure. Son épouse Jocelyne adhère à sa religion et ses enfants, Sophie, Roxanne et James seront vite initiés.

« C’est un projet de famille. On n’a jamais eu d’employés pour faire ça. Les trois enfants (Sophie, Roxanne et James) participent tous et il ne faudrait pas oublier le petit Gabriel. C’est le petit tannant qui était en train d’enlever les étiquettes dans le magasin ce matin », indique Ivan.

De fait, leur petit-fils à peine en âge de marcher est presque aussi bon que son grand-père pour offrir une visite guidée des installations. Le fils de Sophie a la chance d’être élevé dans cette bonne odeur de sucre où s’activent les membres de sa famille. Sa maison miniature est installée en plein centre de la salle de transformation.

Toujours en expansion

Ivan Garland n’allait pas rester longtemps à 1 200 entailles. Il en compte aujourd’hui 4 200 et vient de construire une nouvelle sucrerie de  5 600 pi2, incluant un 2e étage pour entreposer la sève. Il compte dans un proche avenir atteindre le nombre des 10 000 entailles. Tout de bois vêtu, le nouveau bâtiment abrite une salle de vente pour l’équipement acéricole des Équipements Lapierre dont il est concessionnaire depuis 10 .ans.

« On a tout sur place pour quelqu’un qui veut partir sa sucrerie au niveau du hobby. »

Une fois cette partie franchie, on arrive dans la salle de transformation où Jocelyne sait y faire en matière de maïs soufflé à l’érable, de beurre du même acabit dont on remplit allègrement les petits cornets qui seront vendus dans les marchés fermiers de la région d’Ottawa. La barbe à papa et d’autres gâteries y sont aussi concoctées. En fait, sur ce point, il semble que ce soit Jocelyne qui ait eu le dernier mot. Il n’était plus question que la maison serve à la transformation et à l’entreposage. Il était temps de passer à la seconde vitesse avec un bâtiment dédié à cette vocation et où les gens qui ont la dent sucrée peuvent s’arrêter pour faire le plein de provisions. C’est là aussi que l’on embouteille le précieux sirop, et ce toujours de façon artisanale.

« Pour le sirop, on a produit environ 4 000 litres l’an passé et pour la transformation on y va avec la demande. Ça représente environ 40% de la production », indique Ivan Garland. Il est d’ailleurs très fier de montrer la carte du monde installée derrière son bureau. Bien qu’il n’exporte pas à proprement parler ses produits, ses produits voyagent à cause des touristes qui les achètent pendant leurs séjours dans la capitale nationale. Il marque d’une épingle chaque pays ou il sait que ses produits ont été dégustés et la carte est bien garnie.

Mais il y a encore des découvertes à faire. De l’autre côté de la porte se trouve le rutilant évaporateur qui fait  4pieds de largeur par 16 pieds de long, un Lapierre force 5 », comme précise son propriétaire.

«  On boue au-dessus de 200 gallons à l’heure », dit Ivan Garland.

Grâce au système d’osmose inversé qui se trouve en arrière de cette salle,  de l’autre côté d’une autre porte, ce trouve le fameux système qui permet d’amener la sève à une concentration de 8 %.  Le pourcentage pourrait être moins élevé, voire jusqu’à 2,5%, mais considérant le grand volume de l’évaporateur, il vaut mieux pour Garland Sugar Scack de maintenir ce pourcentage.

Point de vue environnemental, tout est à la fine pointe de la technologie et le sirop se fait dans le plus grand respect de l’environnement.

« Avec un système de gazéification à 90%, il n’y a jamais de boucane qui sort de là. »

Les nouvelles installations permettent toutes les ambitions et le nouvel objectif est de 10 000 entailles, ce qui ne saurait tarder. Il est aussi dans les plans de l’entrepreneur sucrier de passer de l’accréditation provinciale à l’accréditation fédérale au cours des prochaines années. Et si le passé est garant de l’avenir, il n’est pas difficile d’imaginer qu’il y parviendra.

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