Volume 33 Numéro 11 Le 5 février 2016

Une technologie d’adhésifs écologiques prête pour la commercialisation


Ning Yan, professeure à la Faculté de foresterie et au Département de génie chimique et de chimie appliquée de l’Université de Toronto. Crédit photo: Université de Toronto

Par Lilian Schaer pour AgInnovation Ontario


Des chercheurs ontariens de l’Université de Toronto ont mis au point deux types de techniques d’extraction pouvant transformer l’écorce des arbres en ingrédients liquides utilisés dans des produits tels que des mousses et des adhésifs respectueux de l’environnement.

Et cette technologie, actuellement prête pour la commercialisation, pourrait également être utilisée pour des matières premières agricoles, comme les résidus de culture, souligne la chef de projet Ning Yan, professeure à la Faculté de foresterie et au Département de génie chimique et de chimie appliquée de l’Université de Toronto et titulaire de la chaire fondée en bois et matériaux composites à valeur ajoutée de cette même université.

« Nous espérons pouvoir affiner nos techniques d’extraction de l’écorce et nos formulations de résine transformant l’écorce liquéfiée en adhésif, afin de les appliquer à d’autres matières premières, explique‑t‑elle. Nos travaux pourraient trouver application en agriculture, où il existe également des résidus de la biomasse; ces résidus ne proviennent pas seulement de la foresterie. »

Le projet quadriennal de bioraffinage de l’écorce achevé en 2015 consistait à trouver des façons de maximiser la valeur des résidus forestiers produits en grande quantité par les scieries.

L’écorce, par exemple, n’a généralement aucune application à valeur ajoutée. De plus, comme elle est riche en diverses substances chimiques, elle présente des risques d’incendie et des dangers pour l’environnement.

Toutefois, sa composition chimique ressemble beaucoup à celle de la cellulose du bois, de la lignine et de l’hémicellulose. L’écorce renferme également une famille de composants chimiques appelés « matières extractibles » du fait qu’il est normalement aisé de les extraire en utilisant de l’eau.

L’objectif de l’équipe était d’extraire les composés phénoliques de l’écorce et de les utiliser dans des produits où ils peuvent remplacer des ingrédients pétroliers.

 

En plus des techniques d’extraction, Mme Yan et son équipe ont mis au point une technologie pour transformer les extraits d’écorce liquéfiés en adhésifs phénoliques à base d’écorce, et ils ont obtenu quelques résultats concluants.

« Nous avons beaucoup travaillé nos formulations de résine et il en est résulté un produit qui se compare bien aux produits commerciaux utilisés dans les panneaux de particules et adhésifs de contre‑plaqué ainsi que dans la fabrication de panneaux, explique Mme Yan. En remplaçant 30 % du phénol par des matières extractibles tirées de l’écorce, les propriétés adhésives restent comparables à celles des adhésifs commerciaux. »

Des chercheurs du projet de bioraffinage de l’écorce ont également mis au point une technologie pouvant transformer l’écorce en polyols, une substance utilisée dans la fabrication de mousses rigides de polyuréthane dans les secteurs de l’automobile et de la construction; ils ont également créé une résine époxyde à base d’écorce.

Cependant, parmi ces trois plateformes chimiques, l’adhésif à base d’écorce est celle qui se rapproche le plus de la mise en marché. Mme Yan a soumis l’adhésif à des essais d’extraction à l’échelle préindustrielle en collaboration avec des partenaires de l’industrie et tente maintenant de passer à la commercialisation.

« Notre prochaine étape est de trouver des entreprises qui souhaitent utiliser cet adhésif dans leurs projets commerciaux afin que nous puissions évaluer notre technologie dans un cadre commercial, explique-t-elle. Nous en sommes à l’échelle laboratoire pour la majorité des autres technologies, mais l’adhésif a déjà fait l’objet de quelques projets pilotes. »

Pour faire avancer la recherche de partenaires de commercialisation convenables, une société de conception technique a dessiné des plans de ce à quoi pourrait ressembler une installation d’extraction à proximité d’une usine de pâte, ajoute Mme Yan.

Le projet de bioraffinage de l’écorce a été financé par le Programme d’excellence en recherche du Fonds pour la recherche en Ontario.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *