Volume 36 Numéro 14 - Le 21 Juin 2019

Une technologie perturbatrice débarque en agroalimentaire!


Bitcoin, Ethereum, Litecoin…vous avez sûrement entendu parler de cryptomonnaie aux nouvelles. Dernièrement, ce qui fascine les médias et entrepreneurs, c’est l’engin qui permet l’existence de ces monnaies, soit la technologie blockchain. Photo : Archives Agricom

Par Renée-Claude Goulet
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Bitcoin, Ethereum, Litecoin…vous avez sûrement entendu parler de cryptomonnaie aux nouvelles. Dernièrement, ce qui fascine les médias et entrepreneurs, c’est l’engin qui permet l’existence de ces monnaies, soit la technologie blockchain. Technologie si importante qu’on parlerait même d’une deuxième « révolution numérique », la première étant bien sûr l’arrivée d’Internet dans les foyers. Selon les experts, cette technologie aurait un énorme potentiel en traçabilité agroalimentaire et commence déjà à faire des vagues dans les marchés.

Imaginez : un consommateur à l’épicerie ouvre un site web sur son téléphone intelligent, et « scanne » un code sur une longe de porc. Immédiatement, l’historique entier du produit apparaît à l’écran. La date d’arrivée à l’épicerie, le lieu et l’heure de l’abattage de l’animal, la ferme où il a été élevé et même les traitements médicaux reçus. Incroyable! Cela n’est pas un futur lointain, ça se passe déjà au Taiwan grâce à la compagnie OwlTing!

Pour que ce type de traçage soit possible, tous les acteurs dans un système doivent participer à la collecte et à la distribution des données. En principe, un blockchain représente un genre d’énorme tableau Excel, grandissant avec chaque opération qui y est enregistrée. Chaque opération représente un « bloc », dont l’information est permanente et non modifiable. Ce tableau, ou registre, est disponible au grand public et sauvegardé en petits morceaux sur l’ensemble des machines qui font partie du réseau participant. Bref, le blockchain, ou registre relie toutes les données existantes (sur Internet) d’un produit donné, en un endroit.

Chaque industrie agricole peut avoir son propre système blockchain pour rehausser la traçabilité. Entre autres, une adoption massive de la technologie se traduirait en réduction de pertes au niveau des chaînes d’approvisionnent, une distribution mondiale optimisée, ainsi qu’une confiance rehaussée chez le consommateur. Un tel système permettrait également de retrouver les origines d’épidémies de maladie alimentaires en quelques minutes, plutôt que quelques jours. En fait, IBM et Wal-Mart ont conjointement lancé un projet blockchain dont la sécurité alimentaire fait l’objet principal.

Les vendus de la technologie vous peindront portrait d’un monde où l’honnêteté et la transparence règnent enfin, où nous voyons une fin à l’inégalité de la distribution des ressources, où les épidémies de maladies alimentaires sont quasi éliminées. Mais il reste encore plusieurs questions. Est-ce utile que le consommateur ait accès à de tels niveaux de détails par rapport aux opérations agricoles en absence d’éducation? Les producteurs seront-ils réticents à une telle technologie qui implique beaucoup de saisie de données?

Moi, je m’en tiens à un optimisme prudent, voyant le potentiel de cette technologie pour améliorer nos vies, notamment, la santé publique. Comme Internet, il y aura sûrement des bienfaits et des côtés moins beaux qui se pointeront, que nous ne pouvons même pas imaginer aujourd’hui. Bref, attachez vos tuques, car on peut s’attendre qu’à la longue, l’adoption de cette technologie fasse de grands remous dans les marchés locaux et internationaux, ainsi que dans le domaine de la biosécurité.

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