Le 6 novembre 2002

UPA Outaouais-Laurentides: Environnement, qualité de l’eau et encan de Gatineau au c’ur des discussions

Par Étienne Alary


Richard Maheu, président de la Fédération de l’UPA Outaouais-Laurentides, remet au ministre Legendre le cahier ?Valorisation de la profession en agroenvironnement?, un recueil de 26 articles sur les réalisations environnementales des producteurs de sa rég

C’est sous le thème ?Des hommes et des femmes de passion’ qu’une centaine de délégués de la Fédération de l’UPA Outaouais-Laurentides se sont donnés rendez-vous, à St-Eustache le 25 octobre dernier, pour participer au congrès annuel de leur fédération.

Plusieurs dossiers ont été traités au cours de cette journée, dont celui traitant de l’avenir de l’Encan de Gatineau. «Depuis dix ans déjà, notre Fédération appuie concrètement les producteurs de bovins de la région, en étant propriétaire des installations de l’Encan de Gatineau. Après tant d’efforts, le temps est cependant venu pour la Fédération régionale de passer le flambeau aux producteurs de bovins eux-mêmes», a déclaré le président de la Fédération de l’UPA Outaouais-Laurentides, Richard Maheu, lors de la présentation de son rapport annuel.

Une résolution en ce sens a été adoptée, un peu plus tard dans la journée, par les délégués : «L’assemblée annuelle de la Fédération de l’UPA Outaouais-Laurentides demande à la Fédération des producteurs de bovins du Québec, par l’entremise du Réseau Encan Québec, d’acquérir les installations physiques de l’encan de Gatineau et de conclure une entente avec le Syndicat des producteurs de bovins Outaouais-Laurentides sur la gestion des opérations qui permettrait le maintien d’un service d’encan à Gatineau».

Un des membres du Syndicat des producteurs de bovins Outaouais-Laurentides a demandé à sa fédération de ne pas aller trop vite dans ce dossier. «Les producteurs de bovins de la région sont en train de se prendre en main. Déjà cette année, nous avons tenu deux encans et nous en tiendrons un troisième le 19 novembre prochain. J’ai personnellement contacté les quelque 80 éleveurs de bovins de la région pour m’assurer de leur participation à ce nouvel encan. Il ne faut pas oublier que nous avons une forte compétition avec les encans de l’autre côté de la rivière (Est ontarien)», affirme Réal Carrier.

Dossier environnement

L’environnement est un autre dossier qui a suscité de l’intérêt, surtout depuis l’annonce en juin dernier par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, d’investissements de 257 millions de dollars. Cette injection de fonds permettrait de financer, au cours des trois prochaines années, de nouvelles normes environnementales issues du ?Règlement sur les exploitations agricoles ? REA? auxquelles les agricultrices et agriculteurs devront se conformer d’ici 2010.

Présent au congrès annuel de la Fédération de l’UPA Outaouais-Laurentides, le président général de l’UPA, Laurent Pellerin, a dénoncé ces annonces du gouvernement québécois. «La frustration des producteurs est grande. Ils en ont un peu raz le bol. La frustration vient du fait que les actions menées dans le passé ne semblent pas suffisantes», indique M. Pellerin.

Le président général de l’UPA se questionne sur la nécessité de toutes ces initiatives. «Les producteurs sont enterrés sous toute la paperasse que nous envoie le gouvernement. Est-on en train de mettre trop de pression sur les agriculteurs’», lance Laurent Pellerin.

Ce dernier souligne aussi que l’investissement annoncé n’est pas suffisant. «Des 257 millions de dollars, il y en quelque 191 millions qui proviennent de sommes restantes d’une enveloppe de 398 millions annoncée en 1998. Donc, il n’y a que quelque 60 millions de dollars qui représentent de nouveaux fonds», avance M. Pellerin. «Le pire, c’est que personne ne peut dire combien va coûter l’application du REA. Les agriculteurs ne sont pas assez dupes pour dire que c’est suffisant et, surtout, ils ne sont pas assez dupes pour croire que cette annonce représente de nouveaux fonds», précise-t-il.

Toujours au niveau environnemental, les délégués ont adopté une résolution demandant à la Fédération de l’UPA Outaouais-Laurentides et à l’ensemble des syndicats affiliés d’intensifier leurs efforts de diffusion des pratiques agroenvironnementales reconnues, notamment auprès des producteurs moins conscientisés à la protection de l’environnement. «Par leurs gestes, certains agriculteurs nuisent à notre réputation. Certains épandent du fumier dans le champ à même la pelle de leur tracteur, et ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas l’équipement, c’est parce qu’ils sont pressés. D’autres labourent leurs champs jusqu’au creux des fossés sans même laisser de bandes de terres. Ces gens doivent être informés des pratiques agroenvironnementales», ont déclaré certains délégués présents.

Le président de la Fédération régionale s’est dit en accord. «Cependant, je vous le dis tout de suite, ce n’est pas uniquement l’exécutif qui doit travailler sur ce dossier et rencontrer les producteurs en question. Vous aussi vous devrez vous impliquer», souligne M. Maheu.

Qualité de l’eau de puits

Les délégués ont eu droit à une présentation sur les résultats d’une analyse de la qualité de l’eau de puits en milieu agricole. Cette analyse a été effectuée par le Dr Suzanne H.-Fortin, de la Régie régionale de la santé publique et des services sociaux de Lanaudière. «L’eau est une richesse qu’il faut protéger car elle est une denrée essentielle à la vie. L’être humain est composé de 60% d’eau et tout le monde, plus précisément les jeunes enfants, serait affecté par une contamination biologique ou chimique», mentionne le Dr Fortin d’entrée de jeu.

Pour voir comment était la qualité de l’eau dans la région des Laurentides, le Dr Fortin et son équipe ont analysé 25 puits. «Nous avons fait un suivi de chaque puits pendant une année complète, soit du mois de mars au mois de février, à raison d’une fois par mois l’hiver et aux deux semaines lors des autres saisons», explique Suzanne H.-Fortin.
Cette dernière mentionne que quelques facteurs ont été regardés de près. «Nous avons analysé les caractéristiques des puits, des installations sceptiques, le sol, les types de cultures et s’il y avait de l’élevage dans les environs du puits», indique-t-elle.

Ces analyses ont permis au Dr Fortin de tirer les conclusions suivantes : «Tous les puits de surface ont présenté, à un moment donné, un épisode de contamination. Il faut préciser que cette contamination n’était pas toujours d’ordre bactériennes. Sur certains puits, nous avons observé un lien direct entre un épisode de contamination et une période d’épandage dans les champs environnants. La nature des sols et la profondeur du puits ont également représenté des facteurs, sans oublier la distance du puits avec les champs en culture. Ce dernier facteur s’est avéré très révélateur car les huit puits qui étaient situés à moins de 60 pieds d’un champ ont connu une contamination bactérienne», présente Suzanne H.-Fortin.

Prix du lait et gestion de l’offre
Au cours du congrès annuel, près d’une vingtaine de propositions ont été présentées et débattues. Deux de ces propositions touchaient directement les producteurs de lait : une sur le prix et l’autre sur la gestion de l’offre.

La Fédération de l’UPA Outauouais-Laurentides a tout d’abord demandé à l’Union des producteurs agricoles de supporter les démarches de la Fédération des producteurs de lait du Québec afin que tous les producteurs de lait obtiennent, le 1er février 2003, un rajustement à la hausse de 7 $ l’hectolitre. Ce rajustement, selon les Producteurs laitiers du Canada, permettrait à 50% des producteurs laitiers du Canada de couvrir leur coût de production.

Une autre résolution de la fédération régionale demande au congrès général de l’UPA de supporter les démarches des fédérations de lait, de volailles et d’?ufs du Québec afin que le gouvernement du Canada, dans le cadre des négociations avec l’OMC, respecte ses engagements de supporter la gestion de l’offre. La fédération régionale demande également que le gouvernement du Canada négocie une entente qui permette d’utiliser efficacement les systèmes de la gestion de l’offre.

Élections

Cette journée a également permis à la Fédération de l’UPA Outaouais-Laurentides d’élire un nouvel exécutif pour la prochaine année. Ainsi, Richard Maheu a accepté un second terme à la présidence de l’organisme. Il sera de nouveau appuyé par Diane Clément à la vice-présidence.

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