Volume 25 Numéro 07 Le 21 novembre 2007

Valorisation du capital humain: Un projet qui a sa propre vie

Par Diane Vachon, collaboration spéciale


Julien Levert (à gauche) reçoit une attestation de formation des mains de Denis Bourdeau, président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens. Photo courtoisie.

Valorisation du capital humain, ce projet pilote mené par l’Union culturelle et l’Union des cultivateurs continue de prendre forme. Le projet a sa propre vie. Depuis ses débuts, il compose avec les vacances, les automnes remplis des producteurs en course avec l’hiver, les bénévoles et leurs multiples engagements.

L’équipe de travail arrive à la fin d’une étape de recherche et d’identification des besoins. Le sondage mené tout au long de l’été nous a indiqué beaucoup de thèmes, et de sujets d’intérêts. Les groupes de discussion animés dans le Nord et l’Est ont renchéri et teinté les résultats partagés de leurs besoins régionaux. La décision d’attendre le Symposium Carrefour agroalimentaire de l’Est organisé par l’Union des cultivateurs a permis de toucher directement une clientèle chaude pour le projet, des producteurs de la région de l’Est. Nous avons profité d’une autre occasion de sonder des personnes à qui le projet pourrait rendre service.

Puisque nous avons étendu la période de recherche, la phase analyse n’est pas tout à fait terminée quand nous offrons une première formation. Nous voulions, grâce à cette première formation en animation, prendre avantage d’une promotion du Symposium et discuter notre proposition d’un rôle de facilitateur avec des personnes intéressées au projet. Suite à cette première session de formation, nous allions également être en mesure d’évaluer notre formation et de la répéter en version améliorée par la suite.

Réussir cette étape est essentiel. Le facilitateur est une personne clé dans notre projet de Transfert de connaissances.

Formation de facilitateurs pour passer à l’action

Il fallait avoir l’esprit d’aventure pour réserver les 11, 12 et 13 novembre dernier et suivre cette formation au Campus d’Alfred à l’invitation des responsables du projet Valorisation du capital humain.

Les sujets retenus pour les différentes formations n’ayant pas encore été décidés, nous ne pouvions discuter concrètement des activités à organiser dans la prochaine phase du projet. Comment discuter du projet avec le groupe sans cette précieuse information’

Même s’ils restent sur leur faim pour ce qui est des formations précises à organiser, plusieurs participants avaient vu juste? Cette formation en animation représente un outil précieux pour toute personne impliquée comme bénévole dans sa communauté, ou même encore comme techniques à utiliser dans le contexte du travail.

Notre formateur a réalisé au premier tour de table, qu’il avait affaire à des gens d’expérience et que nos échanges seraient des plus riches.

La formation elle-même n’avait rien d’ennuyant. Il faut souligner le fait que notre formateur, David Sherwood, (consultant de la firme Sherwood Brunet retenu par les responsables du projet pour l’étape recherche et formation) avait à c’ur de nous faire mettre en pratique l’apprentissage des diverses techniques grâce à toutes sortes de mises en situation.

Un atelier créatif et concret

À tour de rôle, c’est à notre tour d’animer la discussion, une autre personne va prendre en notes les idées du groupe sur le tableau mobile devant le groupe. Une troisième personne observe ce qui se passe pour mettre en évidence des choses réussies et des choses à améliorer.

Pour une des participantes, c’est d’avoir bien saisi la différence entre le rôle de président, d’animateur, de formateur et de personne ressource qui lui sera le plus utile. Pour d’autres, c’est d’avoir appris quelques techniques pour faire sortir rapidement toutes les idées d’un groupe de personnes, se rendant même jusqu’à prioriser une grande liste d’idées comme si c’était un jeu d’enfant.

Les valeurs derrière la technique aussi ont fait l’objet d’échanges: respect, générosité et participation.

Faire sortir beaucoup d’idées par un groupe de personnes en peu de temps, amener les gens à organiser ces mêmes idées en ordre de priorité est également un truc intéressant. Le fait d’accepter toutes les idées sans faire de commentaire est très dynamisant, excellente méthode pour faire sortir les meilleures idées du groupe. Savoir comment faire participer une personne qui parle peu pourrait ajouter une note différente à une discussion. L’idée d’afficher sur une grande feuille l’objectif d’une rencontre peut aider à ramener le sujet quand les gens s’égarent.

Notre formateur ne manquait pas une occasion de souligner la façon de faire pour favoriser la prise de parole et l’interaction, pour modérer ceux qui veulent toujours parler, demander l’écoute, demander qu’on reformule et qu’on résume ou qu’on dise autrement notre idée. En nous faisant prendre conscience du temps écoulé, des objectifs de notre rencontre ensemble, il nous amenait à bâtir sur les points déjà amenés ou à passer au prochain sujet avec efficacité.

Il a aussi été question de méthodes à utiliser pour changer le focus d’une discussion qui, tout à coup, se limite à deux personnes et s’enlise et ramener la participation de l’ensemble du groupe; créativité, simplicité, tact et respect de chacun. Nous avons pu observer des styles d’animation différents pour faire cheminer le groupe. Tous ces exemples ont aidé à comprendre comment l’animateur aide le groupe à atteindre les objectifs fixés grâce à la participation de l’ensemble des personnes présentes.

Atelier d’échange de connaissances ? prise 1

Le dernier jour, le rythme change. Les participants et participantes sont présents à un atelier sur le Développement de nouveaux produits. Un des participants devient l’animateur de la rencontre et c’est la personne ressource, Pascal Billard (notre consultant en recherche et en formation de la firme Sol-Air), qui transmet la matière à apprendre et à comprendre. Il s’agit des étapes, du cheminement à vivre, du début d’une idée à la commercialisation du produit. Sa présentation se fait dans l’optique de favoriser les questions des participants.

L’animateur présente les objectifs de la rencontre, présente la personne ressource et anime un tour de table sur les attentes des participants. Cet atelier aura été instructif en plus d’illustrer le rôle du facilitateur.

En après-midi, le groupe choisit un sujet, un objectif à réaliser et tous ensemble nous donnons des idées pour y arriver en discutant chacune des étapes du processus présenté le matin.

Plusieurs idées sont lancées par les participants. L’idée retenue par le groupe fera l’objet d’une tempête d’idées animée par son auteur, une autre personne note les idées sur les feuilles volantes et chaque participant s’exprime spontanément.

Notre animateur était heureux de repartir avec les idées du groupe, content d’avoir pu récolter tant d’éléments pour faire suite à son action communautaire.

Prise 2 – Filmer pour offrir sur CD-rom et sur Internet notre formation en animation

Tout au long des trois jours, Sylvio Boudreau (notre consultant en informatique, de la firme Concept?Art), a filmé et enregistré les présentations. Les présentations écrites de nos personnes ressources seront également utilisées dans le montage des présentations visuelles à présenter aux internautes qui chercheront à s’informer pour mieux réussir.

Cette pratique de production visuelle, notre consultant l’a qualifié de précieuse puisqu’il aura à capter encore de nombreux ateliers dans le but d’aider les promoteurs de projet à rejoindre efficacement un grand nombre de francophones intéressés à garder la vie rurale intéressante et économiquement viable.

Une formation réussie!

Finalement, une dizaine de personnes auront reçu une attestation suite à une vingtaine d’heures de formation en animation. Une évaluation à main levée a placé la formation au sommet du pointage confirmant une satisfaction unanime.

Quelques personnes ont accepté sur-le-champ de devenir éventuellement des facilitateurs pour le projet. Nous aurons d’autres communications pour entre autre chose faire connaître notre programmation, nos thèmes et nos sujets d’échanges.

Depuis le début du projet, de nombreux liens se sont tissés. Nous avons maintenant une liste de personnes intéressées à recevoir notre information.
Il y a aussi les groupes communautaires des différentes régions ciblées qui doivent pouvoir suivre nos progrès et y contribuer. Le projet se déploie lentement mais sûrement. Il avance en établissant la fondation de notre programme de transfert de connaissances.

Voilà un projet capable de s’adapter aux réalités régionales, un produit qui sera utilisé et qui servira à soutenir des idées de développement en région.

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