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Vaste programme de plantation d’arbres dans l’Est ontarien


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L’Ontario Power Generation amorce un projet de puits de carbone Bien que ça n’aura pas l’ampleur de la Forêt Larose, l’Ontario Power Generation (OPG), l’ancienne filiale de production d’électricité d’Hydro-Ontario, se lance dans un vaste projet de plantation d’arbres indigènes dans l’Est ontarien. La société d’État s’est donnée comme objectif d’en planter au moins un million d’ici à trois ans, «afin de compenser ses émissions de carbone dans l’atmosphère», révèle un plan de communication de la société d’État ontarienne et dont Agricom a obtenu copie. L’OPG espère ainsi immobiliser plus de 560 000 tonnes de bioxyde de carbone (CO2) durant la durée de vie des arbres plantés, un des principaux gaz à effets de serre auxquels on impute les changements climatiques. On espère aussi, par le biais des terrains reboisés avec des espèces adaptées, favoriser la biodiversité biologique des sites aménagés. Selon les informations disponibles, OPG ciblera d’abord des terrains publics (institutions, municipalités ou terres de la Couronne) pour les projets de plantation.

En effet, OPG cherche à établir des plantations qui auront des retombées directes positives pour les communautés. «On plantera aussi en terrain privé, surtout si on n’arrive pas à trouver assez de bons sites en terrains publics», explique Suzanne Lafrance, coordonnatrice de l’Intendance environnementale de Prescott-Russell, chargée de trouver des sites potentiels de reboisement pour le projet dans les Comtés unis. Parmi les critères originaux de sélection des sites, la possibilité de compléter des corridors forestiers est prioritaire. On compte ainsi contribuer à ralentir le déclin de nombreuses espèces trop à l’étroit dans les îlots de végétation indigène existants. En outre, les propriétaires s’engagent à ce que les plantations deviennent des boisés permanents.

Dans les Comtés unis de Prescott-Russell, Mme Lafrance a suggéré entres autres de reboiser les bandes tampons entourant les sites d’enfouissement municipaux, «ce qui améliorerait l’apparence des lieux, tout en isolant mieux ces endroits des zones d’habitation avoisinantes», estime-t-elle. Plantation à deux dollars l’arbre Un projet pour lequel l’OPG a globalement budgété 420 000 $, et qui vise à établir 375 000 arbres sur une superficie totale d’environ 120 hectares, selon les estimés de la société. Environ 30 hectares auraient déjà été plantés, principalement dans les comtés de Leeds et Grenville.
Pour les prochaines années, on rechercherait davantage de sites dans l’extrême est de la province, selon Suzanne Lafrance.

Le coût unitaire pour un arbre planté serait de l’ordre de deux dollars, desquels le propriétaire de la plantation serait appelé à contribuer pour environ le quart. «Les coûts directs au propriétaire pourraient être considérablement abaissés, si ce dernier effectue lui-même les travaux de préparation du terrain», révèle Mme Lafrance.

En outre, l’OPG assure la survie des arbres plantés, ce qui n’est pas toujours le cas dans de vastes projets de plantation comme celui-ci. «Si des arbres plantés ne s’établissent pas bien à cause de mauvaises conditions climatiques ou autres problèmes du genre, il y a des fonds prévus pour la reprise partielle de la plantation», confie la coordonnatrice Lafrance Une partie des fonds servira également à mener une étude sur l’efficacité de l’immobilisation du carbone dans la matière ligneuse des plantations. L’OPG espère ensuite se servir de ces chiffres à des fins de commerce de blocs d’émissions atmosphériques polluantes, un système qui pourrait être homologué par le protocole de Kyoto.

Le contrat de gestion du projet a été confié à la Forêt modèle de l’Est de l’Ontario. C’est la Société de conservation de la Nation Sud qui, en vertu de son expérience dans le domaine du reboisement de terrains riverains, a été chargée d’évaluer le potentiel des sites candidats situés sur son territoire. Efforts de réduction de la pollution insuffisants La société d’État OPG opère six centrales électriques utilisant des carburants fossiles dans le Sud-Ouest ontarien, dont cinq brûleraient du charbon dans des chaudières vétustes.

À elles seules, les cinq centrales au charbon seraient responsables du cinquième des gaz à effets de serre émis sur le territoire ontarien. L’Alliance pour l’air pur de l’Ontario tiendrait ces centrales d’un autre âge responsables des mauvaises conditions d’air de la région du Grand Toronto, et des alertes au «smog» émises presque quotidiennement depuis le début de juillet pour l’ensemble du sud ontarien. L’Alliance cite en exemple la centrale au charbon de Lakeview en banlieue de Toronto, une centrale vieille de 40 ans qui serait selon l’Alliance la source la plus importante de gaz NOx de Toronto, un précurseur du «smog». L’OPG tarderait à convertir la vieille centrale au gaz naturel en raison des coûts élevés que nécessite la conversion d’une centrale de cet âge. L’an dernier, l’OPG aurait dépassé de 49 % sa cible maximum d’émission de gaz à effets de serre, émettant un total de plus de 38 millions de tonnes de polluants atmosphériques.

La société d’État s’est lancée l’an dernier dans un ambitieux programme de plantation de boisés dans le Sud-Ouest de l’Ontario. L’objectif initial est de planter pas moins de 1,6 million d’arbres d’espèces indigènes sur une superficie d’environ 800 hectares. Un quart de million d’arbres auraient déjà été plantés sur l’escarpement du Niagara. La société OPG espère que ces nouveaux boisés permanents pourront immobiliser 900 000 tonnes de CO2, allégeant ainsi la facture d’achats de crédits d’émissions de carbone qu’elle doit assumer.

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