Le 19 novembre 2003

Vingt ans déjà! Le Père Itoine se souvient


Je suis plus chanceux que mon père! Pour travailler la terre, j’ai eu de bons outils. Des outils d’information en français, sur notre agriculture à nous autres. C’est pas parce que j’aime pas les revues agricoles québécoises, mais on a pas les même lois! Puis, quand j’allais au concours de labour, Cornaline était bien fière de voir ma photo dans le journal!

Il n’est plus très sorteux, le Père Itoine, vous savez. Mais pour une bonne occasion, il ne refuse jamais de recevoir. Les vingt ans d’Agricom, en était une. Ce qui nous a valu, un bon verre de lait de poule, pris au coin du feu dans sa paisible retraite de St-Passedroit.

Dans son jeune temps, la maîtresse d’école se faisait taper sur les doigts par l’inspecteur si elle se faisait surprendre à enseigner en français. Heureusement, les habitants se tiennent debout comme il dit. Et puis, dans la boutique à Jos, les agriculteurs se réunissent pour discuter de leurs problèmes et des nouveautés. « C’est cela qui nous a tenus les agriculteurs, c’est l’entraide. On est patients aussi. On a attendu et attendu, mais quand le bouchon a sauté, rien ne pouvait plus nous arrêter! Un collège d’agriculture francophone, un journal en français, des groupements de gestion, emmenez-en, on en voulait! », se rappelle-t-il.
C’est pas mal excité, qu’il a tenu dans ses mains son premier numéro d’Agricom. Avant pour lire en français, il n’y avait que des revues québécoises. « Je les aime bien les Québécois, surtout que je suis né à Rigaud, mais j’avais besoin de savoir ce qui se passait ici en Ontario.

Et puis, il ne faut pas se conter de peurs, si le journal n’avait pas été là, l’Union des cultivateurs franco-ontariens n’existerait probablement plus aujourd’hui. Vous comprendrez donc pourquoi j’étais aussi heureux », nous a répondu candidement ce bon personnage qui doit bien frôlé le centenaire.

C’est la venue de Pierre Glaude qui a tout changé nous dit-il. « C’est un p?tit gars qui a mal tourné, se plait-il à dire en riant. Heureusement pour nous il a tourné à notre avantage ». De l’agronome qu’il avait souhaité être au départ il est devenu fonctionnaire, pour enfin devenir le « père » d’Agricom. Heureusement pour les lecteurs qui en profitent maintenant depuis 20 ans.
Avant de partir, le Père Itoine nous a remis ce petit billet que nous avons cru bon de publier: « Merci, mon petit Pierre, les agriculteurs ne te remercieront jamais assez, et je te souhaite encore plus de succès dans les années à venir, c’est ce qui me garde bien vivant. »

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