Volume 31 Numéro 19 Le 6 juin 2014

Viser 18 tm/ha de maïs


André Dumont

Par André Dumont
Collaborateur
info@journalagricom.ca


Atteindre une moyenne de rendement de maïs de 12 tm/ha, puis viser 18 tm/ha. Voilà le défi qu’avait lancé aux producteurs québécois Patrick Lynch, conseiller en grandes cultures certifié en Ontario, lors du Rendez-vous végétal, présenté au Québec en 2012. Bien que cela fasse déjà deux ans, son propos est toujours d’actualité. C’est pourquoi nous vous republions ses recommandations, en espérant que ses conseils vous seront utiles pour la saison 2014.

« Pourquoi viser 18 tm/ha? Parce qu’on peut y arriver! », a-t-il lancé.

« Ceci n’est pas un rêve. Des producteurs m’ont confié que l’an passé, leur moniteur de rendement a indiqué 18 tm/ha à certains endroits de leurs champs. Nous devons trouver ce qui se passe dans ces parties de champ et s’arranger pour avoir plus de champs qui atteignent ces niveaux de rendement. »

Actif dans l’industrie depuis 40 ans, Patrick Lynch est un conférencier recherché et un collaborateur régulier au magazine Better Farming. Selon lui, les producteurs doivent chercher à utiliser au maximum les technologies insérées dans les meilleurs hybrides et les intrants dont l’impact indirect sur le rendement en vaut la peine.

Il attribue une importance relative à huit éléments dans l’obtention d’un rendement de 260 boisseaux à l’acre (16 tm/ha). Les voici, avec un survol de ses propos pour chacun.

Météo : 70 boisseaux
« La météo est le gros morceau et on peut agir pour en tirer profit. Vous pouvez semer tôt, mais assurez-vous de travailler le sol le moins profondément possible. Assurez-vous aussi de bien calibrer votre vibroculteur, afin que le devant et l’arrière soient au niveau. Quand le sol s’est asséché pour la première fois, c’est là qu’il est dans la meilleure condition. Si le sol est prêt à la fin avril ou au début mai, semez jour et nuit, comme si on était rendu au 25 mai et que le temps pressait. »

Fertilisation : 70 boisseaux
« Au démarrage, le maïs a besoin d’au moins 30 lbs/acre d’azote. Mettez aussi du zinc dans le démarreur, sinon, vous perdez du rendement. Remettez aussi de la potasse et du phosphate dans vos champs. Je ne crois pas que les recommandations actuelles soient assez élevées et avec les rendements d’aujourd’hui, on en retire plus qu’on en remet. »

Choix des hybrides : 25 boisseaux
« Au cours des cinq dernières années, les bons hybrides des principales compagnies sont devenus équivalents. Choisissez des hybrides tardifs (pleine saison). Il y a amplement de recherche en Ontario qui démontre que le rendement sera plus élevé, ce qui compense pour les coûts de séchage plus élevés si le maïs n’a pas eu le temps de sécher suffisamment au champ. »

Hautes populations : 15 boisseaux
« Certains hybrides donnent leur meilleur rendement à de hautes populations; exigez cette information de la part des représentants. »

Contrôle des mauvaises herbes : 30 boisseaux
« Trop peu de producteurs utilisent un herbicide résiduel en plus du glyphosate. Il y a plusieurs produits disponibles, dont certains sont génériques et ne coûtent pas cher. »

Précédent cultural : 20 boisseaux
« Si vous avez de la moisissure blanche (sclérotiniose) dans le soya, il y a une solution à toute épreuve : semer du maïs! Dans bien des cas, vous ferez plus d’argent en semant du maïs en continu qu’en rotation avec du soya. Les rotations sont bonnes, mais il faut d’abord écouter le sol. Faites du maïs sur maïs et laissez le champ vous dire si vous devriez faire une rotation ou pas. »

Fongicides : 10 boisseaux
« Si vous faites bien tout le reste, la perte de rendement en n’utilisant pas de fongicides est de 22 boisseaux à l’acre. Faites des essais en traitant 5, 10 ou 15 acres avec Headline et vous verrez. Je ne suis pas d’accord avec la recherche qui se fait en Amérique du Nord et qui dit que s’il n’y a pas de maladie, on ne devrait pas utiliser de fongicides. Les fongicides sont préventifs. On les met avant qu’apparaisse la maladie, de la même façon qu’on vaccine les humains ou les animaux. »

Travail du sol : 30 boisseaux
« Le travail du sol est un art. Il faut travailler avec uniformité les six premiers pouces. Si vous êtes en semis direct, sachez que les résidus hébergent beaucoup de maladies. Si vous pouvez les incorporer au sol, vous réduirez la pression des maladies. Il existe plusieurs très bons équipements pour préparer le sol au printemps. Ils sont très coûteux. Je vous suggère de les louer plutôt que de les acheter, à moins que vous ne cultiviez du maïs sur plus de 400 hectares. »

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