le Vendredi 2 Décembre 2022
le Mardi 9 août 2022 12:09 | mis à jour le 13 octobre 2022 17:57 Affaires

Un soutien pour les femmes en agriculture

Le mardi 9 août 2022, l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) et Agricultrice du Québec annoncent un partenariat pour élargir les services offerts aux agricultrices des deux provinces. Cette entente entre deux organismes francophones est unique au Canada.

Les agricultrices francophones ontariennes pourront accéder aux programmes d’entrepreneuriat sous forme de cellules de co-développement professionnel offert par Agricultrice du Québec. Quant aux agricultrices du Québec, elles pourront bénéficier du programme Agrimentor développé plus tôt cette année par l’UCFO.

Danik Lafond, directeur général de l’UCFO affirme que cette initiative est « très importants, on est les deux seuls organismes agricoles en français au Canada et on développe des services aux agricultrices.  La plupart des agricultrices francophones [en Ontario] n’ont pas accès à ce genre de services dans leur langue maternelle ».

Même son de cloche du côté de la directrice générale d’Agricultrice du Québec, France de Montigny qui affirme que : « Les avantages de ce partenariat sont que c’est un super levier au niveau de la visibilité. On offre des services complémentaires, ça va bonifier l’offre des services ». 

Les femmes sont présentes en agriculture depuis longtemps. Depuis quelques années, leur travail est reconnu de façon officielle. « Le rôle des conjointes copropriétaires en affaire est beaucoup plus reconnu qu’il y a 40 ans », affirme Nathalie Tanguay, mentor professionnelle auprès d’entreprises agricoles.

Malgré leur nombre plus restreint, les agricultrices ont tendance à connaitre plus de succès que leur comparse masculin. Depuis 20 ans, le nombre d’entreprises agricoles détenues par une femme a augmenté. Par contre, le nombre d’entreprises agricoles détenues par un homme a diminué pendant cette période. Leur secret ? « Celles qui réussissent ont une énorme détermination. Elles ont vraiment cette forte conviction qu’elles vont réussir et elles sont déterminées à réussir » affirme Nathalie Tanguay.

C’est pourquoi l’UCFO veut développer ses services auprès de ces professionnelles

« C’est important de créer des occasions d’échanges et de réseautages entre les fermes et entre les femmes », souligne le directeur général de l’organisme ontarien.

Son homologue chez Agricultrice du Québec affirme que « au niveau du co-développement ce qui a été nommé, s’il y a un homme présent dans la discussion, les femmes ont moins tendance à s’exprimer ouvertement. C’est pour ça que c’est important d’avoir des lieux où elles peuvent échanger entre elles. »

Femme et agricultrice

Les hommes et les femmes vivent l’agriculture de façon différente. Les deux rencontres des défis comme la rareté et la cherté des terres, la difficulté d’accès au financement. Par contre, les femmes vivent plus durement ces défis.

Dans le monde agricole, les femmes héritent moins souvent que les hommes de l’entreprise familiale. Les femmes sont donc obligées de démarrer leur entreprise. 

« Les femmes vont en démarrage des entreprises agricole, au niveau de la rentabilité il a été démontré qu’une entreprise en démarrage est beaucoup moins rentable qu’une entreprise déjà établie. » Ce n’est pas à leur avantage lorsqu’elles demandent du financement.

Aussi, selon une étude de KPMG, 75% les femmes en position d’autorité ressentent un syndrome d’imposteur. Les femmes auraient tendance à moins demander de fond et feraient face à plus de préjugés. Les banquiers seraient moins enclins à investir auprès de ces professionnels. Pourtant, selon France de Montigny les chiffres démontreraient que leurs finances sont plus saines.  Ces deux facteurs combinés font en sorte que les femmes qui veulent lancer leur propre entreprise agricole se voient octroyer de plus petits montants.

Finalement, le nerf de la guerre reste la conciliation travail-famille. C’est d’ailleurs pour cette raison que des parents ne considèrent pas leurs filles pour reprendre l’entreprise familiale. Nathalie Tanguay observe que « les parents ont une inquiétude face à la charge, il n’y aurait pas cette inquiétude-là avec leur fils. [Ils ont une inquiétude face à] la charge du travail physique définitivement, mais aussi une fois qu’il va y avoir des enfants, la conciliation de la grossesse et du congé de maternité. »

Le mentorat professionnel n’aiderait pas ces agricultrices à trouver du gardiennage ou de l’aide-ménagère pour faciliter la conciliation travail-famille. Par contre, le mentorat est un moment et un lieu où des femmes peuvent échanger sur leur difficulté et leurs solutions.