Production biologique

Faire un essai en grandes cultures biologiques lorsqu’on est en conventionnel


Rencontre avec Alain Levac, producteur à Saint-Bernardin, ON.

Le producteur de grandes cultures, Alain Levac, dans l’Est ontarien, en est à sa troisième année d’essais de parcelles biologiques. On le voit ici entrain de sarcler entre ses rangs.
Photo : Evelyn Levac

Par Evelyn Levac, collaboratrice

Dans un monde où la grande culture conventionnelle représente le statuquo, la demande pour des produits biologiques augmente sans cesse. Par contre, se lancer dans ce type de culture représente beaucoup d’incertitude dans un domaine déjà assez risqué d’avance. En effet, grand nombre de producteurs agricoles nord-américains ne sont pas familiers avec l’agriculture biologique. Alain Levac, producteur de grandes cultures et de poulets de chair, ainsi que vendeur de semence retraité de St-Bernardin, dans l’Est ontarien, s’est lancé dans le défi en faisant ses propres parcelles d’essais en grandes cultures biologiques.

« J’ai décidé de faire l’expérience par curiosité. J’avais quelques clients qui en font et qui réussissent très bien, donc je me suis lancé. C’est beaucoup d’essais et d’erreurs au début, mais j’apprends beaucoup à travers tout le processus », raconte M. Levac qui en est à sa troisième année d’essais. Il cultive du maïs, du soya, du seigle et du blé biologiques sur une parcelle de 22 acres adjacente à ses cultures conventionnelles pour faciliter la comparaison entre les deux systèmes.

« En culture bio, le nerf de la guerre, ce sont les mauvaises herbes », s’exclame M. Levac. Pour contrer cet ennemi, Alain Levac s’est procuré des équipements de seconde main soit, un sarcleur et un peigne, qu’il passe dans ses parcelles à des temps stratégiques. Ces équipements, vieux de 40 ans, font l’affaire pour l’ampleur de son projet actuel, mais selon lui, ils constituent le facteur limitatif de sa performance : « C’est un domaine en évolution rapide. La technologie requise pour réussir est disponible si on est prêt à investir. »

Alain Levac de St-Bernardin.
Photo : Evelyn Levac

En 2019, le rendement du maïs sur ses parcelles d’essais biologiques était de 3,3 tonnes/acre comparé aux 4,5 tonnes/acre sur sa parcelle conventionnelle juste à côté. Par contre, le prix reçu à ce moment était autour de 450 $/tonne pour le maïs biologique et de 200 $/tonne pour le maïs conventionnel. Si l’on se base sur ces données, pour cette situation spécifique, la culture du maïs biologique peut potentiellement représenter un revenu brut avantageux comparé à la culture du maïs conventionnel. « Je pense qu’il y a une bonne occasion d’affaires là-dedans. Au début, c’est ce qui m’a attiré, mais quand on commence à évoluer un peu dans le bio, on se met à penser que ce n’est pas juste les primes qui sont intéressantes. La culture bio, c’est aussi un changement de mentalité », relate M. Levac, « Je n’ai aucun doute que la réussite en cultures bios est possible. Par contre, il faut être à son affaire ! Sans accès aux plasters de la culture conventionnelle [engrais chimiques, pesticides, herbicides, traitements de semence] le timing devient vraiment important ! » L’accès à du fumier, une bonne rotation de cultures et de l’équipement à la fine pointe de la technologie sont aussi des éléments clés pour atteindre la réussite en culture biologique selon les observations de Levac.

« Je pense que la culture bio représente une bonne occasion pour les jeunes entrepreneurs. Même s’il y a un investissement considérable pour commencer, il y a un potentiel d’un meilleur revenu à l’acre que les cultures conventionnelles », explique M. Levac. De son côté, encore indécis quant au futur de ces parcelles d’essais et de leur possible expansion, Alain Levac continu d’explorer tous les aspects de la culture biologique pour déterminer si ce système a une place au sein de son entreprise actuelle.

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