le Mercredi 12 juin 2024

Par Julie Bradley-Low

S’étirer devrait être un exercice de tous les jours!

Les recherches ont montré que les étirements peuvent augmenter l’ampleur des mouvements, mais ce n’est qu’un état temporaire. Si les étirements sont irréguliers, il n’y aura pas de changement au long terme. Il est préférable de s’étirer avant et après de longues périodes d’inactivité ou d’activité intense. Chaque étirement a ses bienfaits. Utiliser l’étirement adéquat et au bon moment est bienfaisant, mais l’utilisation d’un mauvais peut-être contre-productif et désavantageux.

Il y a deux types d’étirements: les étirements dynamiques et les étirements statiques. L’étirement dynamique est utilisé pour s’échauffer avant de commencer la journée. L’étirement statique est utilisé pour se relaxer après un effort ou une période d’inactivité. Pour les étirements dynamiques, il ne faut pas forcer, il faut bouger à une cadence modérée en évitant les à-coups ou les changements rapides de direction ou de rythme.

Pour les étirements statiques, il faut y aller graduellement jusqu’au moment où ce que vous atteigniez une résistance légère modérée, ensuite respirez profondément et lentement, et mettez l’accent sur l’expiration. L’étirement statique peut durer un minimum de 30 secondes jusqu’à trois minutes, soyez patient, ne forcez pas, souvenez-vous qu’il s’agit d’un processus long.

Douleurs aiguës, fourmillements, perte de sensations sont les signes qu’il faille réduire ou arrêter complètement l’étirement. S’échauffer est important, ça prépare le corps pour l’activité et potentiellement augmentent les performances et réduisent les risques de blessures. Les échauffements vous préparent à avoir un système neuromusculaire plus adapté et augmentent la circulation sanguine pour stimuler les muscles et lubrifier les articulations, les tissus conjointifs et favorisent le relâchement des restrictions mineures.

La relaxation musculaire après des exercices ou des activités aide votre corps à revenir à une neutralité et un apaisement musculaire, permet de ralentir les battements du cœur et encourage la circulation sanguine ce qui donne accès à la régénérescence corporelle. Durant les étirements de relaxation, le potentiel d’allongement des tissus, muscles et articulations est maximum, car le corps est déjà échauffé.

Voici un exemple pour chaque type d’étirements:

Chat/Chien peut être pratiqué assis : Inspirez dans l’extension de l’avant du corps, expirez graduellement dans l’extension de l’arrière du corps. Bouger dans cet enchaînement au rythme de votre respiration, bouger votre colonne vertébrale graduellement de la pointe du coccyx jusqu’au haut de la tête. Répétez cet enchaînement 3 à 6 fois.

The Farmer Yoga Teacher dans la pose chat/chien en pleine inspiration. Crédit Photo: The Farmer Yoga Teacher

Étirements dynamiques – Échauffement du dos.

Toujours dans la position du chat/chien lors de l’expiration. Crédit photo: The Farmer Yoga Teacher

 

Étirements statiques: Relaxation du haut du corps.

Trouvez un endroit pour poser votre main à la hauteur de vos épaules ou un peu plus bas. Le bras étendu, tournez-vous dans la direction opposée et éloignez-vous de votre main pour avoir un bon étirement du poignet, de l’avant-bras, des pectoraux et du cou ?  Restez dans cette position au minimum 30 secondes, maximum 3 minutes. Répéter de l’autre côté, l’autre bras.

Pour d’autres conseils bien-être, référez-vous à mes articles précédents « La Posture Optimale » et « Trois Conseils Bien-être Pour La Saison ».

Tout savoir sur moi? Trouvez l’article « Marier Ferme et Yoga »!

Texte de l’Association canadienne pour la santé mentale Champlain Est

La santé mentale et la maladie mentale sont souvent utilisées de façon interchangeable, mais ce n’est pas la même chose. Cet article vous aidera à différencier ces deux concepts, à comprendre qui est touché par la maladie mentale et quelles sont les causes de la maladie mentale et des problèmes de toxicomanie.

Quelle est la différence entre la santé mentale et la maladie mentale?
Qui en est touché?
Quelles sont les causes de la maladie mentale et du trouble de l’utilisation de substance?

En conclusion, une bonne chose à retenir est que les symptômes des maladies mentales peuvent être traités et très souvent gérés de manière efficace; avec du soutien adéquat, les personnes ayant une maladie mentale peuvent s’épanouir. N’hésitez pas à chercher de l’aide si vous en avez besoin. 

Besoin d’aide supplémentaire?

Pour en savoir plus sur les services d’aide et les ressources disponibles dans votre région, communiquez avec un organisme communautaire comme l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM).

Les informations fournies ne remplacent pas les conseils d’un professionnel. Si vous avez besoin de conseils, veuillez consulter un professionnel de la santé qualifié. Pour de plus amples informations ou si vous souhaitez accéder à nos services à l’ACSM, veuillez appeler le 1-800-493-8271 ou consulter notre site web à l’adresse www.cmha-east.on.ca.

Avec la hausse du prix des carburant, il est incontestable que le coût pour faire fonctionner les machineries et tracteurs à la ferme augmente. Voici quelques conseils afin de réduire votre consommation de carburant et par le fait même garder un peu plus d’argent dans vos poches.

Quelques conseils

Tout d’abord, quelque chose qu’on oublie parfois de faire est de lire le manuel de l’opérateur et de suivre les calendriers d’entretien qui sont recommandés. Par exemple, remplacer régulièrement les filtres à air et à carburant lorsque vous travailler dans la poussière contribuera a un meilleur rendement de la machinerie.

Dans la même optique, utilisez une huile dont la viscosité convient à votre moteur. Ne tardez pas à faire la vidange et le remplacement du filtre à l’huile selon les recommandations pour votre moteur.

Également, adopter des méthodes de semis direct ou de travail réduit du sol pourrait être bénéfique. En réduisant votre travail au sol, vous réduisez votre consommation de carburant. Selon le Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires Rurales de l’Ontario (MAAARO), cette pratique pourrait vous faire réduire votre consommation de carburant jusqu’à 86%.

Évidemment, si une fumée noire provient de l’échappement du tracteur, il est recommandé de nettoyer les injecteurs. Si vous devez arrêter durant une longue période, éviter de laisser tourner le moteur au ralenti lorsque c’est possible peut aussi vous faire économiser du carburant pour votre machinerie. De même, il est mieux de faire fonctionner un tracteur sur un rapport élevé et à faible régime, plutôt que sur un rapport bas et à régime élevé.

De plus, un point important est de choisir le tracteur approprié. Selon le travail à effectuer, choisissez le bon tracteur. Par exemple, ne tirez pas de petites charges avec votre plus gros tracteur si ce n’est pas nécessaire. L’inverse est autant vrai et ne tirer pas votre plus grosse charge avec votre plus petit tracteur. Un tracteur de la taille appropriée à la charge aidera à réduire votre consommation de carburant et réduira la charge sur votre moteur.

Aussi, du côté des pneus, il y a moyen de faire des économies. Surveillez bien la pression des pneus.  Une bonne pression dans les pneus de tracteurs et même des machineries contribuera à une meilleure traction et réduira la résistance au roulement. De même, surveillez vos pneus trop usés. Des roues motrices trop usées peuvent favoriser le patinage et la consommation de carburant. L’installation de pneus à carcasse radiale plutôt que des pneus à carcasse diagonale va également améliorer la traction.  

Finalement, un dernier conseil veillez à employer suffisamment de lest pour réduire le patinage de la machinerie.  Moins de patinage signifie moins de consommation de carburant. Bref, il vaut mieux vérifier vos tracteurs et équipements chaque jour avant d’effectuer le travail. Vous serez en mesure de détecter plus rapidement un problème qui pourrait vous coûter cher et vous faire perdre un temps précieux et du carburant.

Ainsi, avec une ou plusieurs de ces options combinées, vous réduirez votre consommation de carburant et par le fait même vos dépenses sur la ferme, en plus de contribuer à la sauvegarde de l’environnement.

Cette article a été originalement publié en mai 2019.

Enfin ! Les producteurs de sirop d’érable peuvent enfin souffler. Après avoir connu de mauvaises récoltes en 2020 et 2021, les producteurs sont rassurés par la production de 2022. Certains producteurs cessent de recueillir de l’eau d’érable parce qu’ils sont fatigués et ont déjà atteint leur objectif. « On a quasiment 2 saisons en 1. D’habitude je récolte 1 litre par entaille et là c’était près du 2 litres », déclare au téléphone Daniel Séguin.

Cette bonne nouvelle serait due à un printemps plutôt « normal ». Il n’y a pas qu’un bon printemps qui importe dans l’art du sirop d’érable, l’hiver joue aussi un grand rôle. Pour M.  Séguin, propriétaire de Sucrerie Séguin, l’Ontario a connu « Un hiver très très traditionnel » sans redoux intense au milieu. Cela permet au sol d’être protégé du froid par la neige et de ne pas trop geler. Au printemps, les arbres peuvent se réactiver et vite aller pomper le sol de leurs minéraux. Un printemps lent aussi permet aux arbres de se gorger de sucre et à la sève de couler explique l’acériculteur.

« La qualité du sirop est très très bonne avec un taux élevé de sucre »

L’an dernier, malgré la coulée abondante, c’est le taux de sucre très bas qui a causé des problèmes aux acériculteurs. Parce qu’il faut alors 2 fois plus d’eau d’érable pour obtenir la même quantité de sirop. La situation était catastrophique, si bien qu’ils ont été obligés de toucher à leur réserve rappelle M. Séguin.

La valse printanière du gel-dégel

Pour que le printemps soit idéal à la collecte de l’eau d’érable, il faut que le mercure oscille entre -5oc et 5o c. En gros, il faut qu’il fasse assez froid pour que se forme du givre dans la fibre de bois remplie de gaz, et d’un peu de liquide. Le liquide s’accumule dans cette fibre puisque les gaz prennent moins de place lorsqu’ils sont refroidis. Une fois que l’arbre se réchauffe, l’excédent de sève est expulsé par le gaz qui dégèle et reprend sa place.

Par Sandra Clément, Directrice des communications du RFAEO

Le Réseau des femmes en agriculture de l’Est ontarien (RFAEO) a célébré sa première année d’existence et a tenu sa première assemblée générale le lundi 17 janvier. Ce tout nouveau réseau dans un format bilingue compte déjà plus de 600 membres depuis un an seulement.

Qui sommes-nous? Le RFAEO est un réseau qui permet aux femmes de se voir dans différents rôles et de créer leur propre espace dans l’industrie agricole en partageant leurs histoires, ainsi que des outils et des ressources. Notre vision, c’est de créer une communauté de support où les femmes de tous âges et de divers milieux s’unissent afin de se supporter, s’encourager et s’inspirer.

Les buts et les objectifs sont d’organiser des discussions et de permettre aux femmes de faire ressortir leurs succès via les nombreuses plateformes virtuelles et lors d’évènements présentiels. Nous désirons aussi créer des opportunités de mentorat et planifier des ateliers et partager des ressources à l’intérieur et à l’extérieur du contexte agricole. 

Durant la célébration de janvier, trois conférencières ont su inspirer près d’une cinquante de participantes virtuelles. Nadia Carrier a d’abord mené un atelier ayant pour thème : À vos masques! Prêtes! Partez! Puis Mme Dianne Margaret Harkin a su transmettre sa passion et son savoir à travers le partage de son parcours durant la révolution qu’a été le Women for Survival of Agriculture. Pour terminer cette journée enrichissante, Jennifer Doelman a su faire inspirer les membres en partageant ses expériences dans l’industrie à travers les années et les embûches qui se sont dressées devant elle. Enfin, la présidente, Vicki Brisson, a conclu la célébration avec un toast à toutes les femmes du Réseau en compagnie de notre fameuse bière Courage.

Une bière nommée Courage pour célébrer l’apport important de femmes exceptionnelles dans l’Est ontarien dans le monde agricole. Photo : gracieuseté Brasserie Tuque de Broue.

La Courage session IPA

Pourquoi le nom Courage? Comme il est écrit sur l’étiquette, Courage c’est une bière bien spéciale en l’honneur de toutes celles qui prêtent main-forte pour faire rouler l’agriculture dans l’Est ontarien. Il s’agit d’une session IPA juteuse et aromatique qui célèbre le dévouement et la passion des femmes au cœur du bien être du secteur agricole, la communauté et la famille.  

Cette bière, une étonnante, mais délicieuse collaboration entre le RFAEO et la brasserie Tuque de Broue d’Embrun, ne sera brassée qu’une seule fois, alors faite vite! Vous pouvez l’essayer dès aujourd’hui à la brasserie ou visiter tuquedebroue.ca. Santé à vous toutes!

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Par : Sylvain Charlebois – Lettre ouverte

 « La xénotransplantation, appuyée par l’édition génétique, offre à l’humanité une solution de don d’organe sur mesure. Toutefois, cette pratique soulève des questions bioéthiques, surtout en matière de traitement éthique animal. »

Lors d’une intervention chirurgicale inédite, un cœur de porc génétiquement modifié a été greffé chez un Américain de 57 ans atteint d’une maladie cardiaque en phase terminale. Depuis le 7 janvier dernier, le patient se porte toujours bien avec son cœur de porc transgénique. Cette intervention chirurgicale, réalisée par une équipe de l’Université de médecine du Maryland, illustre la faisabilité d’une greffe de cœur porc-humain, rendue possible par de nouveaux outils d’édition du génome. Malgré l’opération, le patient reste toujours branché à une machine de pontage cœur-poumon pour le maintenir en vie. Lors d’une greffe, cette procédure n’est pas hors du commun. La science permet maintenant la xénogreffe par le biais de l’édition génétique ; une première, selon les dirigeants de l’Université.

La production agricole supporte notre filière agroalimentaire depuis le début des temps pour nourrir les humains. Au fil des ans, elle a aussi développé de nouvelles vocations, notamment pour l’industrie énergétique. Maintenant, certains chercheurs contemplent la production animalière pour aider le secteur de la santé qui connaît un manque criant d’organes. À tout moment, on compte entre 4 000 et 5 000 personnes en attente d’un organe au Canada. Et chaque année au pays, entre 200 et 250 individus meurent en attente d’une greffe d’organe. Pour le patient du Maryland, la xénotransplantation représentait la seule option thérapeutique, sinon une mort certaine l’attendait. De toute évidence, la xénotransplantation peut sauver des vies, mais certaines personnes se poseront sûrement des questions sur l’aspect éthique et moral d’élever des animaux dans le but de produire des organes pour sauver des vies humaines.

Au Maryland, afin de procéder avec la chirurgie expérimentale, l’Université a obtenu une autorisation d’urgence de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis une semaine avant l’opération dans le cadre de son programme d’utilisation compassionnelle. Quelques jours plus tard, le porc-donneur, élevé dans un environnement hyperaseptisé, a été abattu afin d’y extraire son cœur. 

Cependant, il faut admettre que le concept de l’édition des gênes d’un porc dans le but de rendre ses organes compatibles à un humain désigné peut créer un malaise auprès de certaines personnes. Mais la science nous invite à un débat de fond.

Des discussions sur la xénotransplantation durent depuis des années, mais pour la première fois nous avons réalisé une opération avec succès en modifiant le profil génétique d’un porc afin d’éliminer les possibilités de rejet immédiat. Pendant des années, des reins de chimpanzés ont été transplantés chez des patients humains, même un cœur de babouin chez un bébé, mais la période de survie n’a jamais dépassé quelques semaines. Après une série d’échecs, la communauté scientifique avait momentanément abandonné la xénotransplantation jusqu’au moment où le porc fut considéré. La production porcine se prête mieux à la xénotransplantation puisqu’il est possible d’obtenir un organe d’une dimension adéquate avant six mois. De plus, des valves cardiaques porcines se retrouvent déjà chez plusieurs humains tout comme la peau du porc qui sert de greffon pour venir en aide aux grands brûlés. Ce n’est donc pas nouveau, mais la xénogreffe d’un cœur de porc est sans précédent. Nous sommes rendus là.

Toutefois, avant de juger et de condamner la pratique comme telle, il faut aussi considérer l’enjeu égalitariste des transplantations. Un aspect caché des greffes est en lien avec les groupes racisés. Une personne noire, asiatique ou autochtone a moins de chances qu’une personne blanche de trouver un donneur possédant la compatibilité sanguine et tissulaire. Les maladies chroniques ainsi que les antécédents génétiques et sanguins rendent plus difficile la recherche d’un donneur compatible. Ces patients ont entre 50 % et 70 % moins de chances d’obtenir un organe lorsqu’elle se retrouve sur la liste d’attente. Avec l’édition génétique animale, il devient scientifiquement possible de produire un organe compatible pour tout le monde, peu importe le bagage génétique de l’individu malade. Autrement dit, la xénotransplantation a le potentiel de démocratiser davantage le don d’organe et d’apporter une solution à la pénurie d’organes.

En somme, la xénotransplantation, appuyée par l’édition génétique, offre à l’humanité une solution de don d’organe sur mesure. Toutefois, cette pratique soulève des questions bioéthiques, surtout en matière de traitement éthique animal. Le risque de transmettre certains virus porcins à l’humain reste toujours présent. À la lumière de la pandémie que nous vivons depuis près de deux ans, cet aspect revêt un caractère non négligeable. Nous n’en savons pas beaucoup sur les pratiques d’édition génétique appliquée sur le porc qui permet au cœur de cesser de grandir une fois dans le corps de l’humain ni sur la destinée de la carcasse du porc-donneur. La compagnie responsable de cette technologie, Revivicor, demeure discrète.

Revivicor aurait pu au moins offrir au porc un nom symbolique, comme les chercheurs l’ont fait avec la brebis Dolly. Après tout, le porc reste le véritable héros dans cette affaire. 

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Par : Charles De Maisonneuve

Les engrais naturels sont de plus en plus vendus dans les jardineries alors qu’il y a quelques années l’offre d’achat était surtout constituée d’engrais de synthèse. Leurs prix et leur efficacité dans le sol suscitent une certaine réticence chez les consommateurs. Or, des résultats de récentes recherches montrent que ces fertilisants ont leur place comme source d’éléments nutritifs.

Les engrais de synthèse ou chimiques

Les engrais de synthèse sont produits à partir de transformation chimique de roches et de sels ou d’une réaction entre l’azote de l’air et le gaz naturel. Ce sont des fertilisants qui fournissent rapidement des nutriments ce qui permet d’ajuster facilement les besoins pour les plantes.

Cependant, les nutriments qu’ils apportent comme le nitrate ne restent pas disponibles longtemps pour la plante, car ils sont très vite lessivés. Les pertes peuvent être limitées grâce à l’utilisation d’engrais de synthèse à libération contrôlée (ex. engrais enrobé d’une capsule de polymère Nutricote) qui vont diffuser les éléments nutritifs progressivement dans le temps. Ils sont alors libérés généralement en fonction de la température ce qui permet une synchronisation avec la croissance des plantes. Cependant, ils ont une empreinte environnementale importante lors de leur fabrication.

Les engrais naturels ou biofertilisants

La fabrication d’engrais naturels se fait à partir de matériaux naturels qui ont été plus ou moins transformés physiquement (broyage, traitement de chaleur, lavage) sans aucun traitement chimique. Ce sont des engrais à libération lente qui dépendent des microorganismes du sol pour leur décomposition et qui eux-mêmes dépendent de paramètres du sol (température, humidité, pH, teneur en carbone et azote) pour leur activité.

Inconvénient des engrais naturels

L’azote des engrais naturels devient disponible par un processus microbien de minéralisation d’engrais organiques (ex. transformation de l’azote organique contenu dans la farine de plume en azote minéral assimilable comme le nitrate). Un inconvénient de ces fertilisants est que la vitesse de libération de l’azote est très variable, ce qui rend difficile la synchronisation des apports en azote avec les besoins des plantes. Cet aspect est particulièrement important pour la culture des légumes dont les exigences de cet élément notamment, sont très fortes (ex. concombre, tomate, brocoli).

Caractéristiques de quelques fertilisants de base

Voici une description des engrais naturels dont l’information provient d’une conférence donnée par le Dr Adam Barrada de l’Université Laval (Expo Québec Vert, le 10 novembre 2021) et un rapport publié en 2006 par T.K. Hartz et P.R. Johnstone (Hort Technology).

Les farines de plume, de poisson et surtout de sang peuvent être utilisées pour un apport rapide d’azote (contenu d’environ 12% d’azote) parce que leur minéralisation se fait rapidement. Généralement, une application aux quatre semaines comble les besoins. D’autre part, la farine de poisson est le matériau le plus efficace pour un substrat froid (15oC et moins). Pour ces engrais, une partie importante de la minéralisation se fait dans les deux premières semaines (47% à 60%).

Le fumier de poulet en granule (5% d’azote) et la farine de luzerne (3-4% d’azote) moins concentrée en azote ont une vitesse de minéralisation plus faible par rapport aux autres farines. Ils sont appliqués pour un apport à long terme d’azote ou de fond. De plus, le fumier de poulet contient une quantité non négligeable d’azote inorganique directement assimilable ce qui rend possible une absorption à court terme, mais qui s’avère insuffisant pour les plantes exigeantes en azote sur une longue période. D’autre part, la farine de luzerne peut causer une immobilisation de l’azote la première semaine si le milieu est pauvre en cet élément.  

Enfin, la farine de crevette (5% d’azote) a une vitesse de minéralisation intermédiaire. Le pourcentage de minéralisation est moyen en milieu tourbeux et similaire aux farines de sang et de plumes en sol minéral. C’est un fertilisant qui pourrait être compatible avec des espèces dont l’exigence en azote est moyenne. Tout comme le fumier de poulet et la farine de luzerne, la farine de crevette contient d’autres nutriments que l’azote. Il faut en tenir compte lorsque l’on utilise ces produits pour éviter un déséquilibre de nutriments.

Ingrédients des engrais complets

La plupart des biofertilisants complets (ex. 4-1-9) vendus dans les jardineries sont fabriqués en mélangeant plusieurs engrais de base (ingrédients) tels que la farine de plume, la roche de phosphate et du Sul-Po-Mag. Le type de matériaux utilisé influence le prix et donne les caractéristiques de l’engrais. Par exemple, Le Bio-Jardin 4-3-6 (engrais McInnes) contient comme source d’azote de la farine de plume alors que l’Acti-Sol à usage multiple 5-3-2 contient que du fumier de poulet. Selon les particularités du fumier de poulet, on peut constater que le 5-3-2 n’est pas idéal pour une culture de concombre en pot alors que le Bio-Jardin est le plus approprié. D’ailleurs, la compagnie Acti-Sol vend un engrais pour contenant (Légumes et fines herbes en pots 4-2-8) qui contient du fumier de poulet et de la farine de plume.

Conclusion

L’approche conventionnelle en agriculture considère le sol comme un support inerte qu’il faut approvisionner en éléments nutritifs. À l’inverse, en agriculture biologique, on traite le sol comme un environnement vivant abritant une multitude de microorganismes. L’opération culturale prioritaire est d’incorporer des amendements comme le compost pour favoriser l’activité microbienne. Dans un deuxième temps, les biofertilisants complètent les apports en éléments nutritifs nécessaires aux plantes et au microbiote du sol. Un des avantages des biofertilisants par rapport aux engrais de synthèse est le fait qu’ils encouragent la vie microbienne autour des racines.

Le journal Agricom souhaite remercier le Dr Adam Barrada de l’Université Laval pour son soutien à la rédaction et à la révision de ce texte.

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AGRICOM – ré[email protected]

L’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) lance un appel au respect des terres agricoles à tous les motoneigistes. La saison de la motoneige est bien débutée dans plusieurs régions et certains motoneigistes s’aventurent encore une fois trop dans les champs malgré un faible couvert de neige sans en comprendre parfois toutes les conséquences qui en découlent. 

Chaque année, de nombreux agriculteurs peuvent observer des sorties fréquentes de motoneiges sur les terres agricoles hors des sentiers balisés. Ces agissements ont de grandes répercussions sur les champs enneigés, puisque ces derniers ne sont pas toujours des champs sans culture. De nombreux agriculteurs sèment des cultures de couverture à l’automne alors que des plantes fourragères pérennes sont établies dans d’autres champs. Les motoneiges compactent la neige lors de leur passage et peuvent aussi endommager directement les cultures.

La compaction de la neige augmente l’effet néfaste du gel sur les racines et affecte la croissance des cultures au printemps telles que le blé, la luzerne et le seigle. Les répercussions économiques sont difficiles à chiffrer, mais les dommages aux cultures sont néanmoins visibles.

L’UCFO rappelle que la multiplication d’incidents hors sentier par quelques personnes non respectueuses des conventions pourrait compromettre certaines ententes et donc l’accès aux sentiers pour la majorité des motoneigistes.

Pascal Roy, agriculteur et bénévole au Club de motoneige de l’est de l’Ontario (CMEO), soutient que les droits de passages dépendent totalement des propriétaires de terrains qui prêtent leurs terres pour établir les sentiers. «À 99%, les motoneigistes observent le code de conduite et tout est bien. Ce qui est mis en cause, c’est plutôt le manque de respect de quelques individus à ne pas demeurer dans les sentiers prescrits de l’OFSC. Ce manque de respect de certains est l’insolence aux propriétaires de terrains qui ont généreusement prêté leurs lieux au bénéfice de la communauté. En éduquant ces quelques individus avec les campagnes médiatiques, le tout devrait s’améliorer». 

Des campagnes de sensibilisation ont été lancées par la Fédération des clubs de motoneige de l’Ontario (OFSC) qui a mis en place une pratique invitant les acheteurs de permis à visionner une vidéo. La campagne «Je m’engage», menée en collaboration avec l’International Snowmobile Manufacturers Association (ISMA)» invite les adeptes du sport à s’engager à une conduite légale et responsable.

«Les clubs de motoneige communautaires de l’OFSC fournissent des sentiers récréatifs de motoneige organisés et réservés afin de réduire les déplacements aléatoires sur les propriétés privées. L’intrusion hors-piste en motoneige reste une priorité absolue pour l’OFSC, c’est pourquoi nous intervenons activement à la radio, dans les médias sociaux et dans diverses publications pour aborder cette question», a déclaré Andrew Walasek, directeur des relations avec les parties prenantes de l’OFSC.

Les agriculteurs franco-ontariens reconnaissent les impacts positifs de cette activité récréative pour les communautés rurales. Par exemple, le sentier de 380 km à Prescott-Russell génèrerait de 16 à 20 millions de dollars de retombées économiques annuellement et procure plusieurs emplois. L’UCFO souligne les initiatives du CMEO et de l’OFSC pour leurs efforts de sensibilisation. Entre autres, une équipe locale bénévole de l’OFSC collabore avec la Police provinciale de l’Ontario (PPO) pour patrouiller dans les sentiers et donner des constats d’infraction. Des amendes jusqu’à 10 000$ sont prévues dans le cadre de la Loi sur l’entrée sans autorisation (L.R.O. 1990, chap. T.21) et d’autres dispositions peuvent être applicables en vertu de la nouvelle Loi de 2020 sur la protection contre l’entrée sans autorisation et sur la protection de la salubrité des aliments.

Néanmoins, la sensibilisation demeure la stratégie à privilégier selon l’Union. L’UCFO invite donc les motoneigistes, les clubs de motoneiges et les agriculteurs à promouvoir conjointement et de façon soutenue la conduite responsable sur les sentiers, en continuant à sensibiliser les motoneigistes délinquants sur les conséquences des passages hors-pistes pour les agriculteurs. «Souvent, les intrusions sur les terres agricoles se produisent lorsque les motoneigistes du voisinage roulent où ils veulent ou prennent des raccourcis», a renchéri Andrew Walasek de l’OFSC.

Le lien entre les motoneigistes et les agriculteurs est important pour l’économie rurale. Les motoneigistes contrevenants doivent comprendre que les sentiers qui sont balisés le sont pour une bonne raison. L’UCFO espère avec sa campagne mobiliser ses membres et leurs communautés locales pour sensibiliser leurs concitoyens à cette importante problématique des intrusions hors-pistes. Elle invite d’ailleurs les gens à répondre à un sondage pour l’aider à trouver des solutions constructives aux intrusions hors-pistes non autorisées, et ce, afin de préserver la collaboration entre les motoneigistes et les agriculteurs. Les détails se trouvent au : https://fr.surveymonkey.com/r/CG5883T

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Par : Roxanne Lormand

Pour Francis Dupont, la fin de l’année 2020 signifiait le transfert de la ferme laitière familiale à lui et son épouse Véronique Dupont. Après une première année officiellement propriétaire, Francis est bien déterminé à perpétuer la tradition familiale avec son troupeau de vaches laitières à St-Bernardin dans l’Est ontarien.

Francis Dupont, 32 ans, c’est une de ces générations qui assurent la relève agricole en Ontario. Il travaille à temps plein à la ferme de ses parents depuis la fin de son secondaire en 2008. La dernière année a été bonne pour la ferme, les rendements excellents et Francis est satisfait. 2021 marquait également sa première année à titre de propriétaire de l’entreprise à la suite du transfert de la ferme avec son père. La ferme compte aujourd’hui environ 45 vaches en lactation et à peu près 360 acres de terres.

La Ferme Alfran est gérée à 100% par la famille. Le père de Francis, Alban, travaille encore toute la journée avec Francis. Les deux épouses des hommes font également leur part et viennent souvent aider à la traite par exemple.

St-Bernardin, c’est probablement un des plus petits villages de l’Est ontarien, mais le genre d’endroit convivial et où tout le monde se connait. «Les origines de la ferme remontent aux environs de 1880, quand tous les ancêtres des Dupont sont arrivés à St-Bernardin», explique Francis Dupont. «C’est la première ferme Dupont à St-Bernardin, mais il y en a une autre dans la concession qui est mon cousin. Je suis la quatrième génération dessus.»

Depuis 2010, Francis expose que l’entreprise a fait beaucoup de progrès en doublant presque la ferme. «Dans ce temps-là, on avait à peu près une trentaine de kilos de quotas quand j’ai commencé et puis maintenant on a 62 kilos.» Le jeune homme explique aussi que le nombre d’acres de terrain a plus que doublé passant de 150 acres environ aux 360 acres actuels.

De plus, l’étable est régulièrement améliorée et rénovée dont la dernière grande modification qui s’est faite en 2016, lorsque les deux hommes ont fait des parcs à vêlage pour les vaches taries. «C’est l’étable de mon grand-père. Donc elle a été construite en 1950 et on l’a rénovée à plusieurs reprises. Je dirais quasiment chaque an ou aux deux ans on apporte des modifications.»

Planification de l’entreprise

«Pour l’instant, j’achète toujours un peu de quotas chaque année pareil, mais je suis pas mal à la limite de ce que je peux faire dans ma journée, mettons», confie Francis. Également, comme il n’a pas d’employé et travaille toujours avec son père de 65 ans, il sait qu’un jour ce dernier prendra assurément une retraite bien méritée.

Le jeune producteur laitier aimerait éventuellement dans 8 à 10 ans peut-être, une nouvelle construction «tout dépendamment des marchés c’est certain.» Pour l’instant, il souhaite continuer d’acheter du terrain lorsque c’est possible, bien qu’il reconnait que le marché des prix est difficile et qu’une certaine rareté existe dans la région de St-Bernardin.

Francis Dupont a pu également bénéficier d’une bourse projet d’entreprise remise par l’Union des cultivateurs franco-ontariens à la fin de l’année 2021. Le montant de 6 000$ fut utilisé pour l’achat et la construction de son propre silo-séchoir. «On n’avait pas de silo-séchoir pour notre maïs ; on faisait toujours sécher notre maïs chez des voisins. Et au fil des années, les voisins, il y en a qui ont vendu ou sont retraités et là ça devenait de plus en plus dur à trouver des places même si on n’avait pas un si grand volume à faire quand même.» La construction s’est complétée au début décembre 2021 pour que tout soit opérationnel. «On a pu l’essayer et on a fait une batch de maïs avec le 8 décembre.» Un bon coup de pouce assurément pour les prochaines années.

En somme, Francis Dupont prévoit continuer longtemps dans le domaine, car la passion du métier est bien présente. Il espère d’ailleurs qu’une 5e génération prendra un jour la relève en soulignant qu’il aimerait bien voir son petit garçon prendre un jour le relais!

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Par : Roxanne Lormand

À l’automne 2020, le rêve de Sylviane Dutrisac et son conjoint Emeric Deslage, accompagnés de leurs deux jeunes enfants, prend forme lorsqu’ils trouvent une propriété à Williamstown : celui d’avoir leur propre ferme. La Ferme et gîte Butte & Bine, c’est bien plus que des légumes ; c’est une ferme maraichère bio-intensive qui comprend un gîte pour accueillir des visiteurs, mais également une microboulangerie à la maison qui permet à Emeric d’exercer ses talents pour offrir de magnifiques produits au levain.

Après une première saison plutôt encourageante, le couple planifie déjà la nouvelle saison à venir. La fermette s’étend sur une superficie de 27 acres, mais seulement un demi-acre est en culture maraichère pour l’instant avec l’intention d’en ajouter un autre demi pour le transformer en verger et cultures de petits fruits.

Les légumes traditionnels ont bien réussi en 2021, malgré la sécheresse, en partie grâce à un bon puits. «C’était vraiment censé être expérimental, mais on a fini par avoir une belle production», confie Sylviane Dutrisac. Dans le futur, Sylviane indique vouloir essayer des fruits et légumes moins connus ici, comme des poireaux, du céleri-rave ou encore du topinambour. «C’est juste la deuxième année [en 2022] ; on est encore en train de voir et tester ce qui pousse bien», avance-t-elle.

Le couple aimerait aussi faire quelques paniers de légumes pour quelques familles. «Pour 2022 […] on veut en faire de 20 à 25, ça va dépendre des inscriptions», partage Sylviane.

Le désir

«Nous on veut permettre aux gens de bien se nourrir avec des choses locales et cultivées de façon bio», explique la productrice. «Quand je suis tombée enceinte de notre premier enfant, c’est là qu’on a décidé qu’on voulait vraiment faire attention à ce qu’on mangeait : savoir d’où ça venait, soutenir local et soutenir aussi l’agriculture qui est vraiment en harmonie avec la nature.»

À cet effet, Emeric a commencé par faire du bénévolat dans une ferme urbaine à Vancouver, leur domicile à l’époque. Il a également profité de l’occasion pour faire un diplôme en permaculture et c’est à ce moment que le couple commence à rêver de leur «propre ferme».

Bien que la certification biologique n’a pas encore été recherchée, en raison des différentes étapes et des frais reliés, le jeune couple aspire toujours suivre la méthode et rester en harmonie avec ce que la nature leur offre. «On se rend compte que les gens ne veulent pas nécessairement une étiquette. Comme on est à petite échelle, les gens peuvent venir voir ce qu’on fait.»

Les projets

Cela dit la Ferme Butte & Bine est aussi lauréate d’une bourse projet d’entreprise remise par l’Union des cultivateurs franco-ontariens à la fin de l’année 2021. Le montant reçu de 6 000 $ aidera la jeune entreprise à améliorer sa production à court et moyen terme. «Nous avons une petite grange qu’on va transformer en centre de lavage et de tri pour pouvoir laver et empaqueter les légumes», explique tout d’abord la copropriétaire. Elle ajoute aussi que l’achat d’un tunnel chenille pour pouvoir commencer la production un peu plus tôt et des filets anti-insectes seront également achetés avec la bourse obtenue.

Ainsi, le couple ne désire pas se lancer dans la production de masse à grande échelle. «On veut rester sur le modèle de ferme diversifiée. On veut vraiment essayer de pouvoir faire le maraicher, le gîte à la ferme et un café à la ferme. Intégrer l’agrotourisme et éventuellement proposer et avoir des ateliers et des évènements, ça, c’est dans le long terme.»

«On a aussi reçu du financement pour ajouter une deuxième chambre de gîte, donc ça aussi c’est un des projets cette année», indique Sylviane. D’autres projets tels l’ajout d’un stationnement, une cuisine commerciale et un kiosque à la ferme pourraient également voir le jour dans le futur, afin de créer le petit endroit de rêve de la famille.

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