le Jeudi 22 février 2024

Tandis que démarrent les sessions d’été et les activités des producteurs agricoles dans tout le Canada, nous avons le plaisir d’indiquer que de nombreux stages sont encore disponibles en vertu du Programme de subventions salariales pour étudiants du CCRHA. Si vous prévoyez embaucher des étudiants cet été ou l’avez déjà fait, demandez dès maintenant une aide financière!

Depuis l’automne dernier, ce programme stimulant connaît un grand succès pour ce qui est d’initier des étudiants du niveau postsecondaire engagés et travaillants aux emplois agricoles et de leur donner la chance d’expérimenter les excellentes possibilités de carrière offertes en agriculture.

Financé par le gouvernement du Canada par l’intermédiaire du Programme de stages pratiques pour étudiants, Possibilités croissantes offre aux entreprises et aux entreprises en démarrage enregistrées ainsi qu’aux organismes sans but lucratif au Canada liés au secteur de l’agriculture primaire une subvention pour chaque salaire d’étudiant admissible.

Vous n’êtes pas sûr d’être admissible? Consultez les critères d’admissibilité ici.

Demandez dès maintenant une aide financière

À peine 32 semaines après le terrible incendie qui a ravagé la fromagerie St-Albert, celle-ci  renaîtra de ses cendres. Responsables et dignitaires ont procédé à la première pelletée de terre le 17 septembre devant plus d’une centaine d’employés, partenaires et membres de la petite communauté de l’Est ontarien venus célébrer la renaissance de ce fleuron franco-ontarien.

« Plusieurs professionnels m’ont dit que ça prend habituellement au moins deux ans pour faire un projet comme celui-là. Nous ça nous a pris 32 semaines et j’aimerais féliciter toute l’équipe qui a travaillé là-dessus », a souligné fièrement Réjean Ouimet, conseiller exécutif et porte-parole de la fromagerie St-Albert.

Pour de nombreux résidents de la municipalité qui avait cru avoir tout perdu lors de cette journée du 3 février dernier, rien au monde n’aurait pu leur faire manquer cet événement qui leur a redonné espoir en l’avenir de leur municipalité. Ils s’étaient rassemblés par dizaine pour assister à ce coup d’envoi des travaux.

« C’est ici aujourd’hui que la population de St-Albert reprend son souffle. Je ne vois que des sourires partout ici», a fait remarquer le maire de La Nation, François St-Amour.

Les nouvelles installations

Cette journée marquait le début des travaux de reconstruction du nouveau bâtiment de 76 000 pi2 qui accueillera non seulement l’usine de production, mais également un magasin de 4 000 pi2, un restaurant, un musée, ainsi qu’une salle de visite des installations de production de la fameuse curd et des autres produits fromagers fabriqués à St-Albert.

La superficie du nouveau bâtiment construit au coût de 30 millions $ sera un tiers plus grande que celle de l’ancienne fromagerie – qui faisait 56 000 pieds carrés – et permettra de doubler la capacité de production de l’usine de transformation. Et que dire des nouveaux équipements outre qu’ils sont à la fine pointe de la technologie, ce qui fera des installations de St-Albert l’une des fromageries les plus avancées en Ontario au point de vue technologique.

« On voulait bâtir la fromagerie du futur; pour nous c’était important », ajoute M. Lafontaine.

Financement agricole Canada (FAC) a inauguré le 11 septembre dernier ses nouveaux bureaux de New Liskeard, situés au 998009 Highway 11. L’événement qui avait lieu de 13 h à 16 h s’est déroulé en présence des membres du personnel de FAC, des médias, ainsi que la communauté agricole de la région du Témiskaming. Une visite guidée des nouveaux bureaux a été précédée par la coupe officielle du ruban et quelques dégustations/rafraîchissements ont été offerts aux participants.

Détenant un portefeuille de 25 milliards $, FAC offre du financement, de l’assurance, des logiciels, des programmes d’apprentissage ainsi que d’autres services commerciaux aux producteurs, aux agro entrepreneurs et aux entreprises agroalimentaires.

Un p’tit goût du Nord, le concours de labour et le dévoilement de la tournée interactive communautaire « plus de 100 ans d’agriculture au Témiskaming », voilà les trois activités qui ont animé le Témiskaming du 5 au 8 septembre.

Le tout a débuté par la mini-foire gourmande « Un p’tit goût du Nord » organisée par le Centre culturel ARTEM, en collaboration avec le Concours de labour. Plus de 22 exposants agroalimentaires ont présenté des produits régionaux et des mets multiculturels au milieu d’artistes multi talentueux et sur un fond musical produit par des jeunes talents de la relève.

Les visiteurs ont été au rendez-vous, et ce, au plus grand plaisir de la centaine de bénévoles et des organisateurs. « Réunir tout ce monde-là, mobiliser la communauté dans la bonne humeur avec les jeunes talents, tout en dégustant ce que la région a de mieux [à nous offrir] sort de l’ordinaire», a confié à Agricom l’organisatrice de l’événement, Réjeanne Belisle-Massie.

Après la mini- foire de l’an dernier, plusieurs commerces ont connu une hausse de leur chiffre d’affaires.

Concours de labour

La 15e édition du concours de labour a également attiré la foule sur la ferme de Roch et d’Anne-Marie Loranger, à Earlton. En plus des activités reliées au labourage (4 attelages et 12 tracteurs anciens), les jeux d’enfants avec les ballons gonflables et les courses de petits bolides ont su occuper les plus jeunes. C’est sans compter les compétitions d’hommes forts et de femmes fortes et la traditionnelle sélection de la reine du Concours.

L’hôte de l’événement, Roch Loranger s’est réjoui du succès de l’activité au cours duquel le temps frais était au rendez-vous. « On est bien satisfait et c’est fort possible que l’an prochain, le Concours se passe sur le même site », a-t-il confié à notre journaliste.

Le fait saillant du Concours de labour cette année a sans doute été la finale de l’Association équestre régionale western de l’Abitibi-Témiskaming à laquelle participaient entre 60 et 70 cavaliers. Pour Josée Denis qui était la chef d’orchestre de cette compétition, « cela a super bien été; c’était toute beauté de voir tous ces cavaliers avec leur roulotte bien alignées dans le champ. Je suis bien contente de ce succès extraordinaire. » Cette dernière s’attend à recevoir entre 10 et 20 compétiteurs de plus l’an prochain.

Tournée interactive communautaire

Plus de 100 ans d’agriculture au Témiskaming est un circuit touristique interactif qui permet aux visiteurs d’en apprendre un peu plus sur les gens qui ont marqué l’agriculture au Témiskaming et de suivre l’évolution de cette industrie depuis un siècle.

Ce circuit est disponible sur les téléphones intelligents, les tablettes électroniques et sur le site Web d’ARTEM. Il vous amène dans la campagne à partir de New Liskeard, passe par Earlton, Belle-Vallée pour finalement revenir à son point de départ.

Les guides virtuels sont une grand-mère (Réjeanne Belisle-Massie) et son petit-fils (Philippe Labonté) qui, dans un dialogue instructif et amusant, se taquinent sur un ton tout à fait charmant alors qu’ils s’arrêtent à une soixantaine de points d’intérêts.

Il faut noter également l’important appui financier de la Caisse populaire du Témiskaming ontarien dans ce projet, celle de Fednor pour l’innovation, de la Société d’aide au développement des communautés du Sud du Témiskaming pour la promotion des produits locaux, de Financement agricole Canada et des Lions d’Earlton. Ces donateurs reconnaissent que les retombées pour les entreprises locales sont significatives.

La région de Waterloo se remet tranquillement, mais sûrement de la tragédie qui s’est abattue sur sa communauté agricole le 2 septembre dernier. Les agriculteurs et commerçants ont perdu gros dans l’incendie qui a rasé le plus important marché fermier canadien, mais les responsables parlent déjà de reconstruction.

Le marché public de St-Jacobs qui a été la proie des flammes hébergeait pas moins de 70 entreprises.

En fonction depuis la fin des années 1980, le marché public qui compte plus de 150 fournisseurs est reconnu depuis longtemps à travers l’Ontario pour sa grande variété de produits agricoles locaux et ses petites boutiques qui attiraient plusieurs milliers de visiteurs chaque année.

Malgré l’incendie, le marché extérieur de même que le Peddlar’s Village avait déjà repris leurs fonctions à peine trois jours après le drame, soit le 5 septembre. Sur un fond de cendres et de poutres noircies par les flammes, témoins de l’intensité du brasier, les commerçants extérieurs vendaient déjà leurs produits frais dans la rue qui fourmillait de curieux et de partisans.

Les marchants qui bénéficient d’autres points de vente espèrent pouvoir garder le support de leurs fidèles clients et ainsi minimiser l’impact de cet incendie en écoulant leur marchandise ailleurs.

À peine remis de leurs émotions, les responsables du marché fermier de St-Jacob envisageaient déjà de reconstruire dans les plus brefs délais et le canton de Woolwich a promis de travailler avec la communauté et les propriétaires afin de rétablir la situation et ainsi permettre aux producteurs agricoles de se réinstaller sous un nouveau toit le plus rapidement possible.

« Le marché a brûlé, mais ce n’est pas terminé, de dire dans une lettre envoyée à la communauté la porte-parole du marché, Jenny Shantz. Soyez assurés que vous pourrez vivre une bonne expérience au marché public de St-Jacobs en cette saison […] Des mises à jour seront ajoutées régulièrement sur notre site web. »

Impacts économiques

Les produits locaux, le tourisme, les artisans et les autres entreprises associées au marché font brillamment rouler l’économie de la région de Waterloo. Comme tous les marchés fermiers à travers le Canada, celui de St-Jacob permet entre autres de créer des liens entre les consommateurs et les producteurs et de fournir des aliments sains à la communauté.

Selon le président de la Fédération d’agriculture de l’Ontario, Mark Wales, il n’y a aucun doute que l’impact sera lourd à porter pour les entreprises qui écoulaient la majorité de leur production à ce marché fermier.

« L’incendie ne pouvait pas arriver à un pire moment pour les producteurs de pêches, de tomates, de piments, ainsi que d’autres fruits et légumes, car ces aliments sont en haute saison», a-t-il souligné.

New-Holland

New-Holland vient de dévoiler sa nouvelle presse à balle ronde à chambre variable Roll-Belt 560 qui remplacera les générations précédentes BR7000. Cette presse produit des balles de 5’x6’. Ces principales nouveautés sont : une capacité accrue de 20 % du pressage, une meilleure capacité d’alimentation dans un large éventail de cultures et de conditions de balles, ainsi qu’une trappe de décompression pour débourrer, au cas où..! La trappe de décompression est activée depuis la cabine lorsque la récolte bloque le rotor. Le fond de la chambre est alors abaissé pour donner plus d’espace dans la zone d’alimentation. Le modèle de presse «Crop Roll-Belt 560 Speciality» est conçu pour supporter des conditions difficiles et des cultures à haut volume, comme les tiges de maïs, la paille ou les grands andains de graminées lourds comme le sorgho-soudan.

Pottinger

Pöttinger a ajouté deux plus petits modèles de faucheuse conditionneuse de la gamme Novacat. Les nouvelles séries 262 et 302 ont des largeurs de travail de 2,62 m (8pi 6po) et 3,02 m (9pi 10po). Le choix du conditionneur à dents ou à rouleaux qui peuvent être retirés leur permet d’être utilisés comme faucheuse-débroussailleuse. Les nouveaux arrivants rejoignent les Novacat 352, 402 et 442. Pour le transport, la faucheuse est soulevée verticalement à 115 degrés. La pression au sol est réglée hydrauliquement et un pivot central permet un suivit au sol de plus ou moins 22 degrés de mouvement.

Krone

Krone a investi près de 10 millions d’euros afin d’agrandir son usine, ce qui permettra dès le 15 octobre de doubler sa production annuelle d’ensileuses automotrices, passant alors de 300 à 600 unités. Krone a par ailleurs annoncé le lancement d’une gamme de machines de plus faible puissance (à partir de 450 ch), ce qui constitue le cœur du marché et permettra à l’entreprise de mieux concurrencer ses rivaux.

Massey Ferguson

Massey Ferguson a dévoilé plus tôt cette année trois nouveaux modèles d’andaineurs de la série RK. Ces modèles permettent un temps de séchage plus rapide parce qu’ils balaient le foin ou le fourrage en un andain uniforme. Leur action en douceur permet de maximiser la rétention de la feuille pour une teneur optimale en protéines. Les trois modèles se détaillent comme suit : râteau simple rotor RK3802 conçu pour les petits tracteurs sans valve hydraulique. Ce modèle offre un système de levage à trois points et une mise à niveau économique pour les producteurs utilisant des râteaux fileurs. Le RK3845 est un modèle de 21 pi disponible avec un châssis de transport et le RK3879 Pro est un modèle lourd avec une largeur de travail de 27 pi, également avec un châssis de transport avec des roues directrices. De série sur les modèles RK3845 et RK3879 Pro, un système de suspension qui permet un ajustement en douceur d’avant en arrière et de chaque côté, de sorte que les paniers travaillent ensemble pour recueillir la récolte dans un système plus uniforme et gère plus facilement les andains inégaux en terrain accidenté.

Le terrain agricole avoisinant les bureaux du journal Agricom a été envahi par plus de 400 personnes le 8 septembre dernier à l’occasion des festivités pour célébrer le 30e anniversaire du bimensuel franco-ontarien. La communauté agricole a largement répondu à l’invitation des coprésidents d’honneur, Francine Cayouette et Marc Laflèche, ravis de voir arriver en si grand nombre les fidèles lecteurs pour marquer cet événement marquant dans la l’histoire de cette publication.

Grâce à la généreuse contribution d’une soixantaine de commanditaires, le journal a servi gratuitement un copieux méchoui aux participants qui se sont régalés à s’en lécher les doigts. Brochettes des saucisses, porc rôti sur la broche, salades, bines, fromages, pains, crudités et breuvages, tout provenait des commerces de la région de Prescott-Russell.

Une consommation gratuite, dont le choix difficile devait être fait entre un verre de bière de la micro-brasserie Cassellbrew ou une coupe de vin du Domaine Perreault, a permis aux 400 lecteurs de trinquer au brillant l’avenir du journal. Le maître de cérémonie et directeur général du journal, Simon Durand, n’a pas manqué l’occasion de souligner que le journal avait remporté de prestigieux prix lors du gala d’excellence de l’Association de la presse francophone, dont celui de journal de l’année 2012.

Après le repas, un court spectacle d’humour de la jeune humoriste de la relève, Katherine Levac, a su réchauffer la foule avec ses anecdotes cocasses et ses allusions à la vie palpitante d’une famille agricole. La jeune finissante de l’École de l’humour a divinement mis la table pour le spectacle du cultivateur chantant, Louis Racine, et sa bande de folkloristes, le groupe Pourquoi pas.

L’occasion se voulait aussi une belle tribune pour amasser de l’argent pour une cause que soutient depuis toujours le journal Agricom, soit le Fonds de la relève agricole franco-ontarienne. La vente de billets pour le tirage d’une trentaine de prix de présence a permis de récolter plus de 620 $, grâce au travail remarquable de quelques vendeurs de billets talentueux et… très persuasifs.

Un autre moment fort de l’événement a sans doute été le « cadeau » tant attendu laissé sur le gazon par la vache emblématique d’Agricom. Le concept consistait à vendre des cases de bingo à 5 $ la mise et attendre que la taure y laisse

sa trace, toujours au profit du Fonds de la relève. Le gagnant, Benjamin Dessaint s’est mérité la rondelette somme de 200 $ pour avoir misé juste sur la case où allait déféquer l’animal.

Bref, tout le monde y a trouvé son compte lors de cette journée festive organisée par l’équipe d’Agricom, sous la coordination de Julie Bellefeuille.

« Longue vie à Agricom à qui on souhaite encore plus de trente belles autres années de succès », de dire le directeur général du journal Agricom, Simon Durand, lors du toast d’honneur.

C’est la folie des camions-restaurants partout au pays. Plusieurs villes, dont Montréal, permettent à certains camions d’offrir des mets gastronomiques dans le cadre d’un projet-pilote. À Montréal, contrairement à d’autres villes où l’on retrouve souvent les fameux kiosques à bretzels ou à fish and chips, c’est vraiment la première fois que l’on permet à des marchands de vendre de la « bouffe de rue » depuis des décennies. Avec ces projets-pilotes, on observe l’émergence d’une cuisine originale et multiculturelle, offrant même des produits locaux dans certains cas. Par contre, parmi les grandes métropoles canadiennes, Montréal se distingue par son approche quelque peu élitiste.

À première vue, le projet-pilote, qui prendra fin le 29 septembre, semble fonctionner. Depuis le 20 juin dernier, plusieurs trottoirs de Montréal ont été envahis par de longues files d’attente. Plusieurs étaient prêts à attendre plusieurs minutes avant de savourer leur canard fumé ou de délicieuses saucisses aux épices. Les mets offerts par les camions de cuisine de rue ont clairement satisfait un besoin criant. Mais certains produits sont tout à fait hors de prix. À titre d’exemple, certains sandwichs se vendent à 9 $ chacun, et un taco de foie gras se vend 15 $.

Ordinairement, la cuisine de rue se veut financièrement accessible, surtout pour les consommateurs moins bien nantis. Partout dans le monde, la cuisine mobile démocratise l’offre alimentaire d’une ville, mais cela ne semble pas être le cas à Montréal. À Toronto ou Ottawa, ou Calgary, les prix des mets offerts par certains restaurateurs mobiles sont en moyenne moins exorbitants, même si le coût de la vie est généralement plus élevé.

Le choix des restaurateurs a aussi créé un malaise dès le début du projet. Montréal a remis des permis à de nouveaux camions correspondant à des critères très stricts. Jusqu’à 17 camions de cuisine de rue se sont installés sur quelques emplacements stratégiques prédéterminés afin d’offrir une expérience culinaire variée. Pour obtenir un permis, le camion devait avoir un lien avec un restaurant déjà établi à Montréal, question de limiter la compétition. Contrairement à d’autres villes, les aliments doivent être préparés à l’avance dans une cuisine professionnelle, limitant ainsi l’aspect spontané de la cuisine de rue. Les camions servent pratiquement à promouvoir des restaurants existants qui désirent augmenter leur part de marché. Comme on le fait souvent au Québec en alimentation, le projet-pilote étouffe l’innovation culinaire et l’esprit entrepreneurial chez les jeunes apprentis-chefs cuisiniers. Vancouver a fait le même choix, mais la ville britanno-colombienne permet tout de même les classiques comme les kiosques à hot-dogs et à bretzels.

Certes, cette approche différente à Montréal témoigne de l’exception québécoise en matière de gastronomie. Cette volonté de miser sur l’authenticité ne date pas d’hier. Montréal tient à être différente, et pourquoi pas? Mais les vertus de la cuisine de rue outrepassent la volonté d’offrir à certains consommateurs, plus riches, des fantaisies alimentaires de trottoir. Depuis des siècles, les restaurants mobiles offrent à de jeunes entrepreneurs, voire des immigrants, de se doter d’un emploi. Puisque les frais de démarrage sont moindres que pour un commerce avec pignon sur rue, certains y voient parfois une façon abordable d’attirer des passants dans des espaces publics sous-utilisés. La ville de New York, où l’on retrouve plus de 5000 casse-croûte itinérants, permet à plusieurs entrepreneurs de se créer du travail tout en rendant certains secteurs de la ville plus festifs. En regardant le faible taux d’emploi chez les jeunes et les immigrants, certaines villes démontrent une certaine compassion. À Ottawa, Toronto, Calgary et ailleurs, une bonne part des kiosques alimentaires sont la propriété de jeunes parents immigrants à la recherche d’une vie meilleure pour leurs enfants.

Nous devons saluer les efforts de Montréal de vouloir rendre la beauté culinaire de la cité plus évidente. Toutefois, les valeurs démocratiques du projet restent à être mieux définies.

L’Ontario ferait envier ses provinces cousines en termes de consommation locale. C’est ce qu’indique un rapport du Conference Board of Canada, intitulé « Cultivons les bonnes affaires : L’appétit grandissant du Canada pour les aliments locaux » qui fait état de l’industrie alimentaire locale au pays. Alors qu’à l’échelle canadienne, 20 % des aliments sont consommés dans la province où ils sont produits, les initiatives ontariennes ont réussi à faire croître ce marché à 24 % pour l’Ontario qui se classe en deuxième position derrière le Québec (29 %).

Cette étude menée par le Conference Board’s Centre for Food in Canada est la première d’une série de 20 destinées à faire la lumière sur les habitudes de consommation des Canadiens en vue de lancer une stratégie alimentaire canadienne, lors du Sommet alimentaire canadien, en mars 2014.

Une évaluation des différentes raisons pour lesquelles les consommateurs étaient poussés à encourager les agriculteurs locaux a permis de découvrir que l’intérêt pour les aliments locaux est motivé par des préoccupations économiques. De fait, bon nombre d’Ontariens et de Canadiens auraient tendance à acheter des produits locaux pour soutenir l’économie et les agriculteurs de leur région, tandis que d’autres soutiennent qu’ils ont aussi l’impression de consommer des aliments plus frais lorsque ceux-ci ont été cultivés à proximité de leur lieu d’achat.

D’ailleurs, l’Ontario est de loin la province qui compte le plus de marchés fermiers sur son territoire. Avec ses 149 points de vente où se réunissent quotidiennement ou hebdomadairement les producteurs locaux pour offrir des produits frais de la ferme à la population, l’Ontario détient à lui seul pas moins du quart des marchés frais dénombrés au Canada.

Initiatives nécessaires

Mais les ventes directes aux consommateurs via les marchés fermiers, dont les ventes ont atteint 1,03 milliard $ en 2008, sont loin d’être suffisantes pour écouler la marchandise produite par les producteurs agricoles ontariens et canadiens, prévient le Conference Board of Canada.

Bien que la majorité des Ontariens se disent enclin à payer plus cher pour un produit s’il a été cultivé ou produit localement, les initiatives provinciales et municipales ont un grand rôle à jouer dans l’industrie alimentaire locale. Qu’à cela ne tienne puisque l’Ontario est passé maître dans l’art de créer des programmes incitatifs efficaces, dont plusieurs sont cités dans le rapport.

« Foodland Ontario est l’un des programmes provinciaux de marketing et d’étiquetage ayant le plus de succès en Amérique du Nord », peut-on y lire. Selon une étude menée par Foodland Ontario, 94 % des adultes ontariens âgés entre 25 et 64 ans savent reconnaître le logo de cette initiative dans les épiceries, sur les produits, dans les publicités, etc.

Par ailleurs, Foodland Ontario n’est pas la seule initiative à remporter autant de succès auprès des consommateurs ontariens. D’autres mesures entreprises par les gouvernements municipaux et régionaux sont responsables de cette si grande popularité de l’achat de produits agricoles locaux. C’est le cas notamment des initiatives telles que le Prince Edward County’s Taste et le Niagara Culinary Trait, pour ne nommer que ceux-là.

Finalement, on retrouve aussi des chaînes et des distributeurs alimentaires qui laissent leur trace dans ce marché d’alimentation local. C’est le cas par exemple du plus grand détaillant alimentaire canadien, Loblaws, qui augmente de 10 % la quantité de produits de source canadienne vendue dans ses épiceries (40 %) au cours des mois de septembre et octobre, période durant laquelle se déroule sa campagne Grown close to home. Une autre initiative de la chaîne consiste à mettre en vedette des produits locaux sur les tablettes de leurs épiceries provinciales, tels que le bœuf nourri au grain de l’Ontario.

Bref, l’Ontario a littéralement développé une culture de l’achat local. Sa deuxième position dans le peloton de tête, derrière le Québec et devant la Colombie-Britannique prouve que les initiatives développées et mises en place par les différents acteurs du marché agroalimentaire ont eu raison des habitudes d’achat des consommateurs ontariens.

Pour la première fois en 20 ans d’existence, le processus d’adhésion aux syndicats agricoles ontariens fait actuellement l’objet d’une révision. À la lumière des commentaires recueillis par une consultation publique, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario (MAAO) pourra en déterminer ses lacunes et évaluer quels changements, si nécessaires, doivent être apportés pour permettre aux agriculteurs d’être représentés par l’organisme de leur choix.

Cette consultation découle des problèmes entourant la dernière période d’accréditation. Rappelons que l’adhésion à la Fédération d’agriculture de l’Ontario (FAO) ou au Christian Farmers Federation of Ontario (CFFO), les deux seuls syndicats accrédités à l’heure actuelle, est obligatoire pour les fermes ayant un revenu de plus de 7 000 $. Il en coûte annuellement 195 $ plus taxes à chacune des 45 000 fermes ontariennes éligibles.

En plus de permettre aux agriculteurs d’être représentés par le syndicat agricole de leur choix, cette adhésion permet d’obtenir un numéro d’enregistrement agricole (ou Farm Buisness Registration number) donnant accès à plusieurs programmes gouvernementaux importants, tels que les programmes de gestion des risques, l’assurance récolte et les crédits de taxes agricoles.

Les agriculteurs avaient jusqu’au 13 septembre pour soumettre leurs suggestions à savoir par exemple si le processus d’accréditation des syndicats agricoles devrait être confié au ministère de l’Agriculture de l’Ontario plutôt qu’au Tribunal et si le rôle de ce premier devrait être élargi.

On a également demandé si les revenus minimums générés par une ferme pour être éligible à la représentation syndicale devraient être ou non révisés à la hausse, suivant l’inflation des vingt dernières années. Établi en 1993, le seuil de revenu minimum de 7 000 $ n’a jamais été augmenté depuis, alors qu’il devrait être ajusté à 10 800 $ si l’on tient compte de l’inflation monétaire, selon un article publié dans la revue Country Guide.

Finalement, les coûts d’adhésion de 195 $ étant entièrement remboursables si un agriculteur décide de changer de syndicat en cours d’année, on a demandé l’avis des agriculteurs à savoir s’il devrait y avoir un montant non remboursable pour couvrir les frais administratifs encourus par les syndicats, estimés à 20 $ par adhésion.

Dans un commentaire publié sur le site web de la FAO, le président Mark Wales accueille de façon positive et voit d’un bon œil cette révision du programme.

« La FAO remercie le ministère d’entreprendre un examen du processus et des exigences relatives au programme. Nous sommes heureux de cette opportunité qui nous est donnée de fournir de l’information et d’aider à formuler les recommandations finales au sujet des changements législatifs et réglementaires », a-t-il commenté.

Cette consultation publique fait suite à de sérieux problèmes d’accréditation auxquels avaient été confrontés la FAO, le CFFO et le National Farmers Union-Ontario (NFU-O) au printemps 2012. Le ministre provincial de l’Agriculture de l’époque, Tim McMeekin, avait même dû intervenir pour mettre fin au conflit entre le Tribunal et les syndicats agricoles.

Rappelons qu’à l’issu du processus de révision des accréditations par le Tribunal d’appel de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales, la FAO et le CFFO avaient dû apporter de nombreux changements au processus d’inscription de leurs membres puisque le Tribunal jugeait qu’aucun d’entre eux ne rencontrait les exigences d’accréditation. Pour remédier au problème, les syndicats ont dû faire formellement signer une entente d’adhésion à chaque nouveau membre ou lors d’une demande de renouvellement.

Quant au NFU-O, il avait littéralement perdu son droit de représenter les agriculteurs ontariens.

L’Union des cultivateurs franco-ontariens avait pour sa part réussi haut la main son processus de réaccréditation puisqu’elle bénéficie d’un statut particulier et d’un financement stable. Elle n’est donc pas considérée comme un syndicat officiel, mais plutôt comme un organisme qui vient en appui aux autres organisations agricoles dans le but de fournir des services en français aux agriculteurs ontariens.

Son directeur général, Simon Durand, a tout de même soumis quelques suggestions au MAAO dans le cadre des consultations.