le Jeudi 22 février 2024

Ferme Yireh. De gauche a droite: Thomas et Marc-André Gutknecht

Les lauréats du Gala ont été sélectionnés parmi les producteurs de la coopérative qui ont démontré un engagement exceptionnel envers la durabilité, la qualité et l’innovation. La plupart des fermes qui font le Top 15 en faisaient aussi partie l’an dernier. « Nous sommes heureux de souligner les résultats exceptionnels des 37 membres dans le club Performance Laitière », indique Marie-Philip Brisson, directrice de l’équipe des productions animales de Sollio & Uniag Agriculture coopérative. « Il est important pour nous de souligner les efforts et la rigueur du travail de nos membres. C’est également une source de motivation pour l’équipe d’experts-conseils de fixer des objectifs avec les clients qu’ils accompagnent et d’atteindre ces niveaux de performance, un travail collectif! »

Fierté locale

Dans l’Est ontarien, on retrouve deux entreprises qui ont fait le Top 5 cette année: la Ferme Lavigne au 4e rang, et la Ferme Yireh au 2e rang, tout juste derrière l’entreprise québécoise Ferme Nieuwenhof et Associés en première position. « Au fond, si je passais de deux à trois traites par jour, nous serions au même niveau que Nieuwenhof », estime le gérant de la Ferme Yireh, Marc-André Gutknecht. « Mais pour ça, il me faudrait embaucher de la main d’œuvre et elle se fait rare depuis la Covid. Cette année, nous avons trois vaches qui atteignent plus de 18 000 litres par cycle de lactation, c’est un record pour nous. » 

Du côté de la Ferme Lavigne, Jean-Pierre, copropriétaire et fils d’Alain Lavigne, ne prend pas pour acquis le positionnement de l’entreprise parmi les meilleurs chaque année. « C’est un honneur qui vient souligner beaucoup de travail, de rigueur, de souci du bien-être de nos animaux », dit-il. Son fils Vercin ne vise rien de moins que le Top 3 au classement l’an prochain. « Il veut se défaire des vaches qui produisent moins, il a l’idéalisme que j’avais étant jeune, mais je suis là pour freiner un peu ses ardeurs. Chaque marche du podium coûte cher à atteindre! »

Pour sa part, lui aussi humble dans la victoire, M. Gutknecht de la Ferme Yireh attribue le succès de l’entreprise « à la grâce de Dieu, qui préserve nos familles et nos troupeaux en santé. Mais aussi au travail acharné de l’équipe, de Solio, de notre vétérinaire et aussi de François Jacques, notre nutritionniste sans qui ce succès ne serait pas possible. »

IJL – Réseau.Presse – Agricom

Les porte-paroles des RVF 2024 s’expriment sur l’insécurité linguistique et les éléments déclencheurs qui ont fait d’eux les artistes qu’ils sont aujourd’hui.

Photo : Maurice Druwé

L’artiste hip-hop et éducateur franco-ontarien LeFLOFRANCO ainsi que l’humoriste, comédienne et animatrice franco-manitobaine Micheline Marchildon en ont beaucoup à dire sur leur fascination pour la vitalité de la francophonie canadienne. 

Les porte-paroles des Rendez-vous de la Francophonie (RVF) 2024 ont accepté de briser les conventions habituelles de l’entrevue en adressant à leur homologue LA question qu’ils ont toujours voulu lui poser. 

Loquaces et engagés, Micheline Marchildon et FLO, de son surnom., se sont prêtés au jeu et se sont même laissé emporter dans la conversation pour finalement répondre aussi eux-mêmes à leur propre question.

Des héros de jeunesse qui changent le parcours d’une vie

Micheline Marchildon, quand as-tu su que tu ferais carrière en humour en français? Toi, LeFLOFRANCO, vis-tu parfois de l’insécurité linguistique? Ces questions ont animé de vives discussions entre les porte-paroles.

C’est en voyant des humoristes franco-manitobains à la télévision, alors qu’elle était encore enfant, que Micheline Marchildon s’est découvert un vif intérêt pour l’humour. 

«À cette époque-là, Radio-Canada, ici au Manitoba, faisait une émission locale à sketchs [dont les textes] étaient écrits et joués par des Franco-Manitobains, dont une femme qui s’appelle Janine Tougas. Une grande éducatrice et auteure pour enfants, mais elle a fait vraiment ses débuts en humour. Elle écrivait des sketchs, puis elle jouait aussi avec Vincent Dureault. Pour moi, c’était deux de mes héros locaux, ici. Puis de voir que ça se pouvait avec notre accent, ç’a tout changé pour moi», raconte l’humoriste qui fait partie de la tournée Juste pour rire des RVF

 

Sur la question de l’insécurité linguistique, LeFLOFRANCO considère que son expérience de vie a contribué au renforcement de sa francophonie. À un point tel, qu’aujourd’hui, il ne ressent plus d’insécurité linguistique. 

«Peut-être qu’il y a des moments où j’ai une insécurité, mais peut-être que je ne le remarque pas parce que c’est tellement important pour moi, c’est tellement nécessaire. On dirait que je ne pense plus à la question. Je pense plutôt de quelle façon je peux contribuer, peut-être inspirer les gens autour de moi, que ce soit des adultes comme des jeunes à combattre cette insécurité linguistique», affirme l’artiste hip-hop.

Vivez cet échange en compagnie Micheline Marchildon et LeFLOFRANCO.

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L’humoriste, comédienne et animatrice Micheline Marchildon a eu l’appel de l’humour en voyant des Franco-Manitobains, comme elle, faire de l’humour à la télévision.

Photo : Maurice Druwé

Toutes les activités des RVF sont affichées ici.

Permettre à la jeunesse de prendre sa place

«Prends ta place. Prends toute ta place, mais prends juste ta place.» LeFLOFRANCO utilise souvent ces paroles pour interpeler les jeunes qu’il rencontre, notamment lors de ses tournées dans les écoles. 

«Quand on parle de notre jeunesse francophone, francophile, je confirme qu’il y a un intérêt, je confirme qu’il y a une fierté, je confirme qu’il y a une soif. Même s’ils ne sont pas des francophones de souche, comme on dit, c’est une langue qui les interpelle. Grâce à la musique, c’est une langue qu’ils veulent continuer d’apprendre. Puis, ils veulent s’investir, s’impliquer aussi dans la communauté francophone. C’est vraiment beau à voir», affirme-t-il. 

Micheline Marchildon constate le même engagement chez les jeunes Franco-Manitobains. Depuis sept ans, elle fait partie de l’équipe encadrant le camp Fou d’rire, qui est organisé par la Fédération culturelle de la francophonie manitobaine (FCFM) et qui permet à des jeunes d’apprendre les bases du standup comique. 

«C’est incroyable de voir ce qui sort de leur bouche quand on leur donne les outils et l’occasion de parler de ce qui les passionne, mais surtout de leur unicité. Moi, je dis toujours “montre-moi ton weird, c’est quoi ta perspective drôle ou bizarre”. Si on leur donne l’occasion d’être engagés, de montrer qui ils sont, ils vont prendre le micro», comme elle a pu l’observer avec les jeunes qui participent au camp. 

L’artiste hip-hop et éducateur franco-ontarien LeFLOFRANCO est témoin de l’engagement de la jeunesse envers leur francophonie.

Photo : Maurice Druwé

La langue comme trait d’union des francophonies 

L’accès à un espace francophone permettant l’épanouissement et l’expression des couleurs locales favorise l’ancrage de chaque personne dans sa communauté. C’est notamment ce qui a permis à FLO, qui né à Paris de parents haïtiens et qui a grandi à Ottawa, de trouver et de prendre sa place comme artiste franco-ontarien. 

«Il y a beaucoup de diversité dans qui je suis et je pense que tout ça fait ma personne, fait ma force», explique-t-il. L’artiste voue une grande admiration à la résilience des francophones qu’il côtoie sur son chemin.

«Je pense que c’est ça qui fait notre force aussi en tant que Canadiens. On a beaucoup de gens qui viennent d’ailleurs, on a beaucoup de francophones qui amènent leurs différentes touches francophones, mais au final, on est tous des francophones; peu importe ton background, ton look. Ça, c’est vraiment beau. Donc c’est sûr que tout ça m’influence.»

Micheline Marchildon, quant à elle, peut parler longuement de la francophonie qu’elle côtoie quotidiennement au Manitoba. «J’ai rempli deux pages de notes», s’amuse-t-elle à dire en entrevue. 

En tant que comédienne, animatrice et humoriste, elle a présenté des spectacles dans de nombreuses villes au Canada. Elle s’est aussi laissé imprégner par les francophonies de Toronto et de Montréal où elle a déposé ses valises pendant de plus longues périodes. Mais c’est à Saint-Boniface, au Manitoba, qu’elle a établi son quartier général.

«Historiquement parlant, dans la francophonie du Manitoba, on est fiers non seulement de notre patrimoine, mais aussi de notre nouvelle diversité. C’est vraiment ces deux choses ensemble qui nous rendent hyper forts et solides en ce moment.»

«On a un héritage riche de défenseurs de la langue. […] Mais une des choses qui nous unit, c’est cet espace francophone. On a des gens qui viennent de partout sur la planète qui vivent ici, à Saint-Boniface. Et la chose qui nous rassemble en fait, c’est la langue. C’est notre trait d’union qui fait qu’on a de quoi célébrer ensemble», ajoute-t-elle fièrement.

Les porte-paroles sont fin prêts pour célébrer la francophonie tout au long du mois de mars par l’entremise de la musique et de l’humour durant les RVF 2024. 

LeFLOFRANCO présentera 11 spectacles dans 6 provinces et territoires, dont l’Ontario, la Saskatchewan, l’Île-du-Prince-Édouard et le Nunavut. Micheline Marchildon se joindra à la tournée Juste pour rire, qui s’arrêtera notamment en Alberta, en Colombie-Britannique, au Manitoba et au Yukon. 

Pour connaitre les évènements qui se déroulent près de chez vous, consultez le calendrier des RVF.

La question se pose à la lecture d’une étude non scientifique dont le résultat est communiqué par un organisme gouvernemental de l’Iowa aux États-Unis, le Jasper County Soil & Water Conservation District. Par curiosité, la qualité du sol et son rendement ont été comparés sur les terres de deux voisins: l’une, labourée, l’autre, non labourée. Les deux champs ont des cultures de maïs et de soya en rotation depuis 20 ans. Le type de terre est identique.

Quand la terre explose

Un échantillon de motte de terre de chaque champ a été déposé sur un treillis dans un verre d’eau pendant 2 minutes. L’échantillon de terre labourée s’est immédiatement défait (l’organisme utilise le terme explosé), tandis que l’autre est essentiellement resté intact. Après cinq minutes, le premier échantillon était dissous; le second est resté inchangé à 95% après six semaines d’observation.

Parlons rendement. Selon l’organisme américain, l’agriculteur qui travaille le sol a une moyenne sur 10 ans de 210 boisseaux/acre contre 187 boisseaux/acre pour son voisin. « Donc, l’agriculteur qui travaille le sol a un rendement 12% plus élevé que celui qui ne laboure pas », estime le porte-parole du comté de Jasper. « Cependant, lorsqu’il s’agit de culture sans labour à long terme, l’essentiel des avantages provient d’une réduction des intrants et d’un sol plus résilient. Ainsi, l’agriculteur qui travaille le sol applique 41% d’azote en plus, mais n’obtient qu’un rendement de maïs supérieur de 12%. En ce qui concerne le phosphore et le potassium, l’agriculteur qui travaille le sol applique les deux nutriments avant le maïs. L’agriculteur qui pratique la culture sans labour n’a pas appliqué de phosphore ni de potassium au cours des 7 dernières années de récolte. »

Sans labour: est-ce réaliste?

Évidemment, l’approche sans labour sur une culture industrielle n’est probablement pas réaliste au premier coup d’œil. Conseiller en culture à la Coop UNIAG, Kelley Allen explique que si vous considérez uniquement le rendement comme indicateur de réussite, alors l’agriculteur qui travaille le sol a l’avantage. « Cependant, les intrants de l’agriculteur qui ne laboure pas sont nettement inférieurs à ceux de l’agriculteur qui travaille le sol. Il dépense moins en engrais, en carburant et en main d’œuvre, et son équipement ne subit qu’une fraction de l’usure de l’équipement de l’agriculteur. Grâce à la baisse des coûts des intrants, sa marge bénéficiaire est plus élevée, même si ses rendements sont légèrement inférieurs.»

L’expert va plus loin: « Le sol labouré perturbe la structure du sol et les racines ainsi que les résidus se décomposent plus rapidement. L’augmentation de la matière organique dans le sol sans labour le rend plus absorbant, comme une meilleure éponge qui peut alors retenir plus d’eau. » Donc, la terre devrait également contenir plus de nutriments mobiles puisqu’ils se déplacent avec l’eau. Avec moins de matière organique, le risque de saturation en eau est plus élevé, ce qui créera un compactage du sol.

« S’il y a un excès d’eau au printemps ou à l’automne, les éléments nutritifs comme le phosphore et la potasse pourraient se déplacer vers les dépressions du champ et vers les fossés. En conséquence, le niveau de nutriments dans la zone racinaire supérieure sera plus faible. » Ce cas confronte donc deux philosophies: celle du profit à court terme versus le long terme.

IJL – Réseau.Presse – Agricom

La jeune femme a grandi en ville dans une maisonnée sans animaux. Dès son plus jeune âge, elle sait qu’elle en aura. Un jour. « Je trouvais qu’on n’avait pas assez de produits de lait de chèvre, j’ai donc décidé de me lancer dans l’élevage. Une chèvre, c’est idéal parce que c’est facile à manipuler pour une femme. » Mais après quelques années, l’entreprise laitière qui achète sa production lui demande de réduire des deux-tiers, faute de demande. Le seuil de profitabilité n’y est plus. Marie-Estella doit trouver une autre avenue pour ne pas perdre sa ferme.

Et si…?

Un ami lui parle d’un concept intéressant: et si elle transformait la ferme en halte routière pour le bétail en transit? L’éleveuse creuse l’idée et se renseigne auprès d’une entreprise existante à Thunder Bay. Après une courte formation, elle apporte des modifications mineures à sa ferme. Chèvres laitières de Hearst devient Cattle Lodge Feed and water rest area for Livestock. 

« Le principe est simple: nous sommes situés sur la route qui mène aux abattoirs et les camionneurs sont invités à arrêter chez nous pour la nuit. On prend en charge les animaux (vaches, porcs, chevaux), on leur donne les meilleurs traitements avant qu’ils reprennent la route. Mon mari Alex Rancourt accueille les camionneurs et c’est lui qui se lève tôt le lendemain pour rembarquer les animaux dans la remorque. Les producteurs nous avisent à l’avance de l’arrivée des camions », précise la femme d’affaires.

Une histoire d’amour 

Pour Marie-Estella, les animaux, même en transit, ne sont pas qu’une source de revenus. « Je sais bien qu’ils sont destinés à l’abattoir, mais je veux leur donner la meilleure nourriture, de l’eau et des soins comme on le ferait pour un humain. J’adore les animaux. Nous avons une douzaine de vaches, des chèvres et d’autres que nous élevons nous-mêmes. »

Bien connue des services publics, la ferme est souvent appelée en cas d’incident sur la route. « Un jour, un camion a pris feu et le conducteur a dû ouvrir les portes de la remorque pour sauver le bétail. On m’a appelé pour organiser la récupération des vaches dans la forêt en bordure de la route. Dans la neige, avec des barrières, on les a dirigées vers les remorques, mais quelques-unes nous ont échappées et n’ont pas été revues », se souvient-elle. 

Parmi ses souvenirs, il y a ce conducteur impatient qui a décidé de récupérer lui-même ses porcs dans la grange avant le lever du soleil. « Sauf qu’il s’est trompé et il est parti avec les porcs d’un autre camionneur. On a interdit l’accès libre aux bâtiments depuis! »

À vendre

Cattle Lodge est à vendre depuis peu. Les propriétaires rêvent d’une petite ferme sur l’Île-du-Prince-Édouard où ils vivront leur passion à une échelle plus humaine. Marie-Estella et Alex sont à la recherche d’un acheteur ayant à cœur le bien-être des animaux. L’entreprise d’un genre plutôt rare peut garder son statut d’hébergement pour animaux ou être convertie, étant située en territoire non-organisé.

« J’ai tout donné », dit-elle. « Je n’ai pas d’enfants. Il est temps pour quelqu’un d’autre de prendre la relève. » Qui sait, ça pourrait être vous!

Fondée en 1984, la ferme familiale regroupe la culture maraîchère traditionnelle bien sûr, mais aussi l’apiculture, la viticulture ainsi que le jardinage. À cela s’ajoutent l’élevage de vaches canadiennes, de poulet et de porcs. C’est tout un écosystème qui s’y est tranquillement développé.

Écouter la terre

La famille pratique la biodynamie, c’est-à-dire l’art de retourner la vie à la terre nourricière. Le terme était initialement inconnu de Gilles Dagenais, à l’époque où il était comptable. Après avoir vécu des problèmes de santé, sa famille s’est tournée vers cette approche particulière de l’agriculture. « On prône l’harmonie avec le cosmos. Rudolf Steiner est derrière cette activité agricole qui repose sur l’influence des rythmes lunaires et planétaires. On a appris les choses manuelles, au-delà des principes. »

Le principe de base n’a rien de révolutionnaire: dans la plupart des écosystèmes, il faut des animaux pour contribuer à la croissance des plantes. Les légumes, par exemple, bénéficient des rejets d’animaux pour obtenir les nutriments dont ils ont besoin. « Les vers de terre aèrent le sol et l’engraissent, les micro-organismes sont la médecine du sol », explique l’agriculteur.

Et les vaches? Elles servent entre autres à… capter l’énergie du cosmos.

La parfaite imperfection

La Ferme est l’un des seuls vergers biologiques dans l’Est ontarien. « Les vergers biologiques, ce n’est pas facile, car les gens recherchent quelque chose de parfait », explique Mme Dagenais. 

« C’est très humide, donc nous avons beaucoup d’insectes. Pour les contrôler, nous avons des pommes rouges peinturées. Nous arrosons au printemps d’huile végétale et de savon de vaisselle quand il fait chaud, pour que ça brûle les vers. » 

Céline, l’une des trois filles de Gilles se souvient de l’époque où les vergers ont commencé à produire. « Nous avions des bébés, alors la conciliation travail-famille était plus simple. Nous faisions l’école à la maison, selon les principes de l’éducation Waldorf, et toute la communauté venait ramasser des pommes et des patates à la ferme. »

Les trois sœurs herboristes travaillent aujourd’hui avec leur père, se partageant les rôles. Une cliente achète son miso: « Je ne suis pas obligée d’aller en ville maintenant que je suis retraitée et je peux acheter plein de bonnes choses santé », se réjouit-elle.

Un mal pour un bien

Si la famille Dagenais chérit son autonomie face à d’éventuelles catastrophes -un réflexe adopté lors du fameux bogue de l’an 2000-, elle a tout de même joué de chance l’été dernier, alors que des feux de forêts faisaient rage au Canada. « On a eu droit à une année record en production de pommes à cause justement des feux de forêts », explique la jeune femme. « Comme les plantes ont besoin de carbone, elles se régénèrent rapidement après un incendie. »

L’autosuffisance permet aussi à la famille d’éliminer le besoin d’aller à l’épicerie, puisqu’elle produit elle-même la nourriture dont elle a besoin. L’hiver venu, elle planifie la prochaine saison et effectue les travaux généraux difficiles à réaliser en haute saison. Pour les Dagenais, santé et bonheur ne sont pas difficiles à trouver: il suffit d’écouter la nature.

IJL – Réseau.Presse – Agricom

Sandra avec son chien en face d’une batteuse rose.

Bon, ceux qui me lisent depuis un an savent que l’hiver, les agriculteurs sont loin d’être au chômage. Mais j’admets que la saison froide, c’est le bon moment pour s’intéresser aux tendances en machinerie. 

C’est tellement excitant de voir ce qu’il y a de neuf et comment on pourrait l’adapter à la ferme. Quand on arrive dans une exposition agricole, on est aussi excité que des enfants qui entrent dans un magasin de jouets!

Pour bien des agriculteurs, leur parc de machinerie est une source de fierté. Entretenir nos équipements, les garder propres, c’est un plaisir. Quand on pense à nos tracteurs, on se retrouve dans un « happy place », un lieu de bonheur qui nous apaise, comme je vous en parlais dans ma dernière chronique. 

L’agriculture, c’est angoissant avec les variations des prix des graines, les taux d’intérêt élevés, les changements climatiques. Tout peut changer rapidement. Heureusement, on sait que nos machines sont comme des employés fidèles et qu’elles seront toujours heureuses de se remettre à la tâche.

Par contre, je ne voudrais pas ici rehausser le degré d’anxiété de certains agriculteurs. Quand on voit des voisins s’acheter de nouveaux équipements et qu’on se rend compte combien ça a coûté, ayoye! Les prix ont beaucoup augmenté et l’équipement neuf n’est pas à la portée de tous.  

On aura toujours peur de ne pas acheter au bon moment. De payer trop cher. Ou de regretter notre achat par la suite. Les foires agricoles sont un bon endroit pour nous aider à clarifier nos choix. Mais tant qu’on n’a pas encore utilisé une machine pour une saison, on n’est pas 100 % rassuré sur nos décisions d’achat. 

Jeune garçon, mon mari adorait regarder des images de machinerie dans les journaux, puis lire les descriptions de chacune. Son père lui demandait d’aller trouver les bons équipements à acheter. Depuis ce temps, il est fou de machinerie de ferme. 

Tracteur rose

Nos trois filles, en grandissant, m’ont chacune leur tour demandé : Mom, pourquoi lui son tracteur n’est pas la même couleur que nous? 

Je leur répondais : toi, ta bicyclette est différente de celle de ta sœur, mais tu pédales aussi bien qu’elle. Les producteurs et les productrices ont tous des goûts différents, comme toi et tes sœurs. Toi, tu as trois roues et il est rose, pis ta sœur a deux roues et il est mauve, mais les deux vous pédalez et avancez pour vous rendre à la même place! Le producteur, même si son tracteur est rouge, vert ou jaune, il fait le même travail que nous! 

Pour me faire répondre : ben moi, quand je serai grande, il sera rose le mien! 

À 14 ans, elle attend encore que son tracteur rose sorte de l’usine…

Bref, mes filles sont aussi folles de machinerie que leur papa! 

Bien choisir

Lorsqu’on choisit un tracteur, un outil de travail de sol ou tout autre équipement, on a d’abord bien réfléchi et tout analysé, pendant un bon moment. 

Souvent, on se dit qu’on va attendre. Parfois, il y a des bogues avec les nouvelles technologies. L’année suivante, tout est déjà amélioré. Quand les produits sont optimisés, c’est là qu’on en profite au maximum. 

Le confort et la quantité de travail qui peut être accompli en une journée, c’est une chose. Mais que dire des appareils électroniques, capteurs, outils de diagnostic, GPS et autres gadgets d’agriculture de précision! Y’a de quoi nous garder excités!

Ottawa Valley Farm Show

Du 12 au 14 mars, c’est le Ottawa Valley Farm Show. Je ne passe jamais à côté de ce rendez-vous annuel. 

L’an passé, j’ai eu la chance d’y participer avec le Réseau des femmes en agriculture de l’est de l’Ontario. Cette année j’y serai avec l’UCFO et Agricom. Venez me rencontrer pour me parler de votre couleur de machinerie préférée ou me dire quelle nouveauté fait monter votre niveau de testostérone!

Mes couleurs préférées? Le bleu et le rouge! Ça, c’est pour mes goûts personnels. Pour ce qui est de l’équipement agricole, ceux qui lisent mes chroniques savent que j’ai un gros faible pour le vert…

« La Bretagne est la première région agricole de France », explique Enora Molac de RBG – Radio Bro Gwened située à Pontivy. « La colère des agriculteurs monte depuis des décennies en raison d’une baisse de leurs revenus, et de la concurrence européenne, intenable. Deux regroupements sont sous les projecteurs: la FNSEA et les Jeunes agriculteurs, syndicats producteurs de porc et de lait notamment. Mais en réalité, une bonne partie des grévistes n’est pas encartée. La plupart des agriculteurs et agricultrices déplore les parts importantes de profits qui vont aux transformateurs et aux grandes surfaces qui ne leur laissent pratiquement rien. » 

Quelle aide?

À l’échelle européenne, l’aide financière existe, mais elle favorise davantage les grandes exploitations que les petites. « De plus, les normes de production sont plus sévères en France qu’ailleurs en Europe, ce qui donne un produit de meilleure qualité, mais plus cher que ceux en provenance de Roumanie, de Pologne ou d’Espagne », souligne-t-elle. 

La Confédération paysanne, un autre syndicat agricole important, diffère cependant d’opinion: selon l’organisme, aux vues de l’urgence climatique, les normes écologiques sont souhaitables, mais nécessitent un travail main dans la main avec les institutions européennes et les agriculteurs. Rappelons que la situation agricole française est extrêmement inquiétante: une étude du Sénat publiée en 2021 estime que deux agriculteurs s’enlèvent la vie par désespoir chaque jour. 

On est ailleurs

« Le climat politique de l’agriculture en Ontario est certainement différent », assure pour sa part le directeur au CA de la Fédération de l’agriculture de l’Ontario, Pierre Paul Maurice. « La Fédération représente environ 30 000 agriculteurs dans la province et nous sommes engagés à tenir un dialogue proactif à tous les niveaux de gouvernement. En Ontario, le législateur reconnaît l’importance du partenariat avec l’industrie, ce qui nous permet de faire entendre notre voix dans le cadre de décisions importantes. On l’a encore vu avec le projet de loi 267 », dit-il. ( Janvier 2024: entrée en vigueur de nouvelles normes sur l’utilisation et la disposition de matières de source non agricole (MSNA) et la protection des cours d’eau. ) 

À son avis, c’est ce canal de communication ouvert qui permet aux agriculteurs ontariens de faire part de leurs doléances, et aux gouvernements municipaux et provinciaux d’établir un cadre juridique favorable à la poursuite d’une agriculture durable tout en restant compétitive sur le marché international.

IJL – Réseau.Presse – Agricom

40 litres d’eau d’érable produisent un litre de sirop!

La petite entreprise existe depuis au moins 100 ans et aurait été créée par des colons mennonites allemands. Acquise par la famille Larivière en 2017, elle compte 1 300 érables qui fournissent chacun un ou deux litres d’eau par jour au printemps. « Il faut 40 litres d’eau pour faire un litre de sirop. Or, les érables sont capricieux et il suffit de peu de chose pour réduire leur production de 50% », dit-il.

Bonne intention, mauvais résultats

L’hiver, l’érable stock ses réserves de sucre dans ses racines, qui sont en surface. Si la couverture de neige est trop épaisse, la collecte printanière sera moins bonne. Pas assez de neige, le gel peut endommager l’arbre. Hiver doux? Le sucre remonte et l’arbre risque d’avoir moins d’énergie pour lutter contre les insectes comme les chenilles. 

« Les sécheresses plus fréquentes et l’arrivée d’insectes en provenance des États-Unis comme la Longicorne asiatique sont des conséquences bien réelles des changements climatiques », explique le spécialiste Christian Massé, professeur d’écologie aux Université du Québec de l’Outaouais et de Montréal. « En éliminant les autres espèces d’arbres pour ne conserver que les érables à sucre, les acériculteurs ont augmenté leur production à court terme, mais ils ont rendu leurs érablières très vulnérables. »

Selon l’expert, une moyenne de 20% d’autres essences de bois dans une érablière ( par exemple chêne, tilleul, peuplier ) permet d’attirer des insectes et des oiseaux pour un meilleur contrôle des parasites.

Des solutions

Si le climat se réchauffe, planter des érables plus au nord serait-elle une bonne solution? « Même si on a l’impression que les hivers s’adoucissent, ce n’est pas suffisant à mon avis pour penser à exploiter des érablières plus au nord, où on a d’autres enjeux comme la durée d’ensoleillement et la forte présence de conifères », estime Samuel Larivière, qui souligne que la migration des érable se fait très lentement, sur des centaines d’années.

Christian Massé réfute l’argument. « On doit commencer à penser à introduire au Québec des érables en provenance du sud des États-Unis, qui sont identiques aux nôtres sauf pour leur génétique mieux adaptée aux grandes chaleurs. Quant à l’ensoleillement, il est en fait plus long l’été au nord. »

Une autre solution selon lui est d’aménager une sorte d’incubateur d’érables. « On peut protéger les jeunes érables des ravages causés par les chevreuils qui broutent les jeunes pousses en aménageant une clôture de deux ou trois mètres de haut autour du périmètre de la plantation. On déplace la clôture quand les arbres sont hors d’atteinte, et on aménage l’érablière avec une variété d’essences et d’âge des plants pour une résilience accrue aux stresseurs », dit-il.

IJL – Réseau.Presse – Agricom

Près de la moitié (22) des 49 projets appuyés par le fédéral sont en Ontario et représentent 41 290 400$ millions sur une enveloppe prévue de 89 millions. Les projets reçus concernent généralement l’achat de nouveaux équipements automatisés en vue d’accélérer et augmenter la capacité de production des entreprises de transformation alimentaire.

Selon le ministre fédéral de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Lawrence MacAulay, « les transformateurs de produits laitiers, de volailles et d’œufs peuvent acheter et installer de nouveaux équipements et technologies automatisés, ce qui leur permet d’accroître leur capacité de production et leur productivité, tout en les aidant à répondre aux défis environnementaux et aux pénuries de main-d’œuvre. » Parmi les exemples de projets, mentionnons les pasteurisateurs de lait, les systèmes d’ultrafiltration, la robotique pour les systèmes d’emballage ainsi que les nouvelles machines servant à classer et à casser les œufs ou à les mettre à couver.

Une bonne nouvelle

L’annonce du 5 février a été bien reçue par l’industrie canadienne. « Le Fonds a démontré sa valeur en suscitant des investissements accrus de la part des transformateurs laitiers dans l’innovation des procédés et la modernisation des usines », estime Mathieu Frigon, président et PDG, Association des transformateurs laitiers du Canada. « Nous félicitons les représentants du gouvernement pour leur souplesse et leur capacité de répondre aux besoins changeants de la communauté de la transformation laitière dans l’administration de ce programme. »

Des propos auxquels fait écho Mark Hubert, président et PDG, Conseil canadien des transformateurs d’œufs et de volailles: « (Le Fonds) a permis à de nombreux transformateurs de volaille et d’œufs de faire de nouveaux investissements importants dans l’équipement et la technologie, qui aideront les entreprises à accroître leur productivité et leur efficacité. Ça permettra aux transformateurs canadiens de volaille et d’œufs d’entreprendre des projets de modernisation utiles et avant-gardistes. »

IJL – Réseau.Presse – Agricom

Agriculture plus que jamais est un groupe qui a à cœur de changer cette perception, en invitant les citoyens à lever leurs fourchettes et faire du bruit le 13 février à l’occasion du Jour de l’agriculture canadienne, histoire de leur montrer un peu d’amour en cette veille de Saint-Valentin.

Faire du bruit

« C’est important pour nous de communiquer ce qui se fait entre la terre et la table et de peindre un portrait de ceux qui œuvrent dans ce domaine », explique la gestionnaire des communications du Centre canadien pour l’intégrité des aliments, Jennily Germain Lauzon. « Quand on parle de faire du bruit, c’est évidemment de manière virtuelle! Par exemple en partageant les belles nouvelles agricoles sur les réseaux sociaux, manger et savourer des aliments locaux, visiter une ferme et pourquoi pas, remercier votre agriculteur du coin! »

L’organisme croit qu’il est essentiel d’établir et favoriser des échanges entre citoyens et agriculteurs. « Ça peut être en participant à un événement organisé par un agriculteur ou une association, de discuter en ligne des enjeux quotidiens ou de partager des images de la vie sur la ferme »,suggère-t-elle.

Une image à revoir

Mme Germain Lauzon ne s’en cache pas: la plupart des Canadiens n’ont pas une très bonne perception des réalités du milieu agricole présentement. « Un sondage récent montrait que quatre Canadiens sur 10 se disent incertains de la direction que prend le marché agricole, contre seulement trois sur 10 qui pensent que l’agriculture au pays est sur la bonne voie. »

Les monocultures, l’usage de pesticides et d’engrais, l’accès aux marchés internationaux et la rareté de la main-d’œuvre font partie des sujets qui devraient être abordés, selon elle. « Nous devons apprendre à communiquer plus efficacement et de manière plus transparente pour que les Canadiens puissent avoir un portrait fidèle de l’industrie agricole, ses bienfaits et ses importantes retombées pour le pays. » 

IJL – Réseau.Presse – Agricom