Fertilisant azoté et guerre en Ukraine

Les agriculteurs canadiens ont payé leur engrais azoté 254% plus cher qu’il y a 2 ans. En avril 2022, au moment d’épandre l’engrais, la tonne d’engrais azoté a couté 1 170$. À la même période en 2020, il en coutait 330,42$. Un bond choc qui n’est pas dû à l’inflation.

Selon Ontario Agri Business Association 1/3 de l’engrais azoté des Ontariens est surtout importé de la Russie. Ce pays est le 4e producteur mondial de ce fertilisant. Or, avec le conflit ukraino-russe, le Canada s’est engagé à mettre des barrières aux importations russes de tout genre. Ainsi, depuis le début du mois de mars, les producteurs doivent payer un tarif douanier de 35%.

azoté

Cette semaine, les Producteurs de grains du Québec dénonce cette charge financière canadienne. Christian Overbeek, le président de l’association déclare dans le communiqué de presse que « [l]es agriculteurs ont dû assumer les coûts des tarifs douaniers, ce qui a désavantagé les agriculteurs canadiens par rapport aux agriculteurs d’autres pays où de tels tarifs n’ont pas été imposés sur les engrais». Il demande que le gouvernement fédéral épaule financièrement les producteurs du milieu agricole.

Toutefois, la hausse généralisée du prix des fertilisants azotées n’est pas que due aux tarifs douaniers. Les pays occidentaux ont bloqué d’autres importations russes, dont le gaz naturel. La Russie est le premier exportateur de gaz naturel au monde. En coupant l’accès à sa production, le prix du gaz naturel a bondi de 147% entre avril 2021 et 2022. L’azote est un gaz naturel essentiel à la fabrication des fertilisants azotés. Cela contribue à augmenter le prix de ce produit.

S’en passer?

L’azote se retrouve naturellement dans des engrais de type compost ou fumier. Toutefois, la quantité varie énormément. Il est difficile de se passer de à ce produit. L’azote est un élément essentiel pour les plantes. Ce nutriment le plus important fait même partie de la molécule de la chlorophylle. Cette molécule est à la base de la photosynthèse, soit la transformation de la lumière en énergie pour la plante. Elle permet la croissance rapide des cultures.

Certains producteurs agricoles ne sont pas encore touchés par cette hausse. Faisant leur contrat en avance la Ferme Agriber Inc. bénéficie du tarif de l’an dernier et prévoit rationner son fertilisant. 

« Nous nos commandes d’engrais étaient payées avant le conflit, ça ne nous a pas fait affectés du tout. Nos terrains sont très fertiles ici on peut faire face à une diminution pour une ou 2 années» .

Marc Bercier

 Le Canada importe cette matière surtout des États-Unis, puis des Pays-Bas et finalement de la Russie. Par contre, la production des Pays-Bas est menacée par le blocage du gaz naturel provenant de la Russie.

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