Volume 38 Numéro 11 - Le 18 juin 2021

Gel et sécheresse : un combo dévastateur pour le soya dans l’est de la province


À la ferme Kathyvac de St-Bernardin, le soya a été durement touché. On voit ici les effets du gel sur les jeunes pousses. Photo Gracieuseté Éric Levac.


Par Julyen Renaud

Si le maïs semble avoir survécu au gel de la fin du mois de mai, le soya a pour sa part beaucoup souffert à plusieurs endroits dans l’Est ontarien. Non seulement a-t-il connu un épisode de gel au sol, mais le manque de pluie a aussi contribué au début de saison difficile.

À la ferme Kathyvac Inc., à St-Bernardin, le soya a souffert de la sécheresse et du gel. Les propriétaires de la ferme, Alain et Éric Levac, ont dû ressemer une bonne partie de leurs champs à la suite du gel localisé qui a sévi à la fin du mois de mai dans leur région. « On a refait 540 acres de soya », relate M. Alain Levac. « Il y a plusieurs producteurs dans le coin qui ont ressemé. »

La décision de ressemer semble avoir été la bonne. En effet, l’épisode de pluie qui a eu lieu au début du mois de juin semble avoir donné un coup de pouce aux nouvelles semences : « C’est tout sorti, ç’a germé et on le voit ! », dit Éric Levac. Toutefois, il est un peu tôt pour crier victoire. Tant et aussi longtemps qu’il n’y aura pas de bonnes averses ponctuelles, les cultures souffriront. « Depuis ce temps-là, on a eu de petites averses de 2-3 mm, mais c’est sûr que c’est très sec. On a fait ce qu’il fallait faire à cause que ça avait gelé : plus rien ne poussait, c’était mort. Mais un moment donné, ça va prendre de la pluie ! »

C’est 540 acres de soya qui ont dû être ressemés à la Ferme Kathyvac Inc. à St-Bernardin. Photo Gracieuseté Éric Levac

Plusieurs producteurs touchés

Pierre Guyennon est représentant et coordonnateur des ventes chez Synagri. Plusieurs de ses clients ont dû ressemer du soya. « On a perdu à peu près les trois quarts de la population dans certains champs, mais là encore c’était très localisé. »

Malgré les pertes encourues par plusieurs producteurs, il n’y a pas eu de problème au niveau de la disponibilité des semences : « Je suis venu à bout de retrouver de la semence. Généralement, on n’en a pas manqué. On a dû aller dans des variétés plus hâtives, évidemment, parce qu’on avait 3-4 semaines de passées. […] On a donc affaire à un autre problème : c’est que là on se retrouve avec deux stages de culture dans le même champ. »

Selon Gilles Quesnel, agronome et spécialiste en grandes cultures pour l’Est ontarien au sein du MAAARO jusqu’à sa retraite en 2015, le gel au sol et la sécheresse que l’on vit ce printemps forment un combo qui peut être dévastateur : « Les dommages [causés par le gel] sont toujours augmentés en période très sèche. […] L’eau agit comme un conducteur pour transférer la chaleur du sol à la surface pour protéger les petites plantules. » Dans les terres noires et sablonneuses qui retiennent moins l’eau, surtout pour les champs où l’on a fait du semis direct, « le transfert de chaleur du sol était minimal », notamment en raison de la présence de résidus qui freinent le transfert de chaleur.

Gilles Quesnel. Photo Archives Agricom

« L’agriculteur qui a ressemé va trouver qu’il a pris la bonne décision. Dans le soya, le risque était bien moindre que dans le maïs parce que le soya s’égalise beaucoup plus à la maturité. Malgré les différentes dates de semis, on peut semer le soya à trois semaines de différence et rendu à la récolte, il va y avoir moins d’une semaine de différence à la maturité. Ce n’est pas comme le maïs. »

Aussi bien dire que beaucoup de pluie dans les prochaines semaines serait souhaitable pour donner un coup de pouce aux nouvelles semences. Les quelques pluies qui sont survenues à la mi-juin aideront sans doute le soya, mais aussi les agriculteurs qui espèrent un peu d’eau pour contrer les effets d’un printemps sec !

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