Hausse du coût de l’essence

La hausse fulgurante des prix de l’essence semble coïncider avec le début de la guerre en Ukraine, mais ce qui est en corrélation n’est pas causal. En effet, l’invasion de l’Ukraine par la Russie n’est pas la raison première pour l’augmentation du coût à la pompe. La faute serait plutôt attribuable à la pandémie de Covid 19.

La mise sur pause imposée par le virus a fait chuter le prix du baril en 2020. Comme les gens étaient stationnés chez eux, la demande pour le pétrole a dégringolé. Ce qui a fait baisser considérablement le cout du baril de bitume liquide. Or, pour protéger leurs intérêts, les pétrolières ont réduit leurs activées (d’environ 10 %) pour maintenir le prix de l’essence.

Le graphique démontre que la demande pétrolière a rebondie en 2020, mais que la production des 3 pays les plus importants pour le Canada continue de diminuer.

Par contre, malgré le retour aux activités normales en 2021, l’industrie tarde à reprendre son rythme. Ainsi, la production américaine de pétrole (principal fournisseur du Canada) reste en deçà de son rendement de 2019 (à -9 %), malgré la hausse de la demande. L’Arabie-Saoudite, le 2e importateur pour le pays a diminué sa productivité de 22 % en 2021. Le pays reprend de la vitesse et l’écart entre l’exploitation de 2019 et celle d’aujourd’hui est passé à – 14 %. Même le Canada n’a pas retrouvé sa vitesse d’avant Covid et reste à – 13 % de sa production de 2019.

En novembre 2021, le président américain Joe Biden a voulu protéger le monde (et surtout les États-Unis) d’une hausse fulgurante du prix de l’essence. C’est pourquoi il a décidé de faire couler l’essence de 50 millions de barils des réserves américaines. À titre comparatif, cela représente un peu plus que 4 jours de production. 

Et la guerre dans tout ça ?

L’initiative de Biden était un coup d’épée dans l’eau. Ce n’est pas l’invasion de l’Ukraine qui secoue le prix de l’essence, mais bien les sanctions économiques imposées par les pays face à la Russie. La Russie possède 10 % du pétrole mondial. En imposant des sanctions économiques et en refusant d’acheter son or noir, cela contribue à limiter la quantité disponible sur le marché. En réaction, le prix du baril augmente.

Le cout du diesel à la pompe a connu une hausse vertigineuse depuis le début de la guerre. Le litre de diesel qui coutait en moyenne 1,19$ en 2019 couterait aujourd’hui près de 1,31$ avec un rajustement de l’inflation. Si on y ajoute une augmentation de 10%, qui représente la diminution de la production mondiale, on obtient 1,43$ par litre. C’est assez proche du prix au début de l’année 2022 (environ 1,49$/litre en janvier). 

Depuis le début de l’année, le prix s’envole passant de 1,47$ à plus de 1,90$. C’est dans cette distance que se trouve la hausse de la demande qui croît, la production mondiale qui ne reprend pas son rythme ainsi que les sanctions économiques contre la Russie.

Une chose est certaine, les agriculteurs ne pourront pas à eux seuls encaisser cette hausse!

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