La production laitière en Irlande

Par Evelyn Levac Le vendredi, 8 juillet 2022 

production laitière
Michael Murphy, un producteur laitier Irlandais, explique comment estimer la densité d’un pâturage à l’oeil. Photo : Evelyn Levac

Ce n’est pas un simple hasard qu’on surnomme l’Irlande, l’île émeraude. Le climat tempéré et humide de cette île à l’extrémité ouest de l’Europe, aux abords de l’océan Atlantique, est idéal pour faire pousser de l’herbe, et ce, environ 10 mois par année. Depuis la tomber des quotas laitiers en 2014, l’industrie laitière en Irlande a évoluée pour optimiser l’utilisation de cette ressource qui fait la particularité de ce pays. 

« Je suis producteur d’herbe en premier! » s’amuse à déclarer Michael Murphy un producteur laitier de la région. En effet, les producteurs irlandais accordent peu d’importance au volume de lait produit par vache. Ils misent plutôt sur le montant de lait produit par hectare de pâturage.  Afin d’harmoniser ces deux productions, la majorité des entreprises adopte un système de production saisonnier. Cela leur permet de maximiser l’utilisation des ressources disponibles et de diminuer les coûts de production. 

La saison des vêlages est programmée pour le mois de février pour une durée d’environ 6 semaines. De cette façon, le moment où le besoin alimentaire des vaches est à son maximum coïncide avec le temps où les pâturages sont les plus fournis, soit, dans le mois de mai. Le tarissement du troupeau au complet a lieu en décembre lorsque les pâturages sont le moins productifs et même inutilisables. Durant cette période, les exigences alimentaires des vaches sont minimales. Elles peuvent se nourrir de l’ensilage produit et stocké plus tôt dans l’année par les producteurs.

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Les vaches passent leur journée au champ. Photo Evelyn Levac

Puisque les vaches sont au pâturage en moyenne 280 jours par année, les producteurs ne se permettent pas de grands investissements au niveau des infrastructures : les étables sont vides la plupart du temps. Le bâtiment le plus important est le salon de traite qui accueille les vaches 2 fois par jour. C’est souvent lors de la traite que les vaches reçoivent un supplément alimentaire pour complimenter leur diète. 

Grâce à ce système, les coûts de production engendrés pour produire le lait irlandais représentent moins de la moitié des coûts générés par la moyenne des fermes européennes. En plus, le lait irlandais est le plus riche en composantes de toute l’Europe avec une composition moyenne de 4.65% de gras et 3.77% de protéines. 

Depuis les 10 dernières années, le cheptel irlandais a connu la plus grande augmentation de toute l’Europe. Le troupeau moyen compte maintenant 248 vaches souvent de races mixtes. Le plus grand facteur limitant l’expansion des entreprises est la disponibilité des terres qui sont essentielles pour ce type de système. 

Les transformateurs ont aussi modifié leurs installations pour accommoder ce système de production saisonnier qui ne les fournit pas de façon constante à travers l’année. Ce défi représente une opportunité de commercialisation intéressante. Le système de production irlandais axé sur les pâturages offre une image utopique de la production laitière, très populaire auprès des consommateurs. Cela fait la renommée de l’industrie laitière irlandaise à travers le monde. 

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