Volume 38 Numéro 11 - Le 18 juin 2021

La rage 100 % mortelle – Les maladies sorties du bois


Photo : Lolame, Pixabay


Par : Leila Fayet – journaliste

Selon l’Institut Pasteur, en France, la rage tue près de 60 000 personnes par an dans le monde, principalement en Asie et en Afrique. Un animal infecté par la rage peut devenir agressif et mordre tout ce qui est à sa portée.
Toutefois, au Québec la rage est surveillée et contrôlée. Le dernier décès humain remonte à 2000. Depuis plus de 20 ans, au Nunavik, les chiens sont systématiquement vaccinés, car la rage sévit chez les renards arctiques. En Montérégie et dans la région métropolitaine de Montréal, les ratons laveurs ont été vaccinés en 1998 et en 2020.


Prévention de la rage chez les animaux sauvages
Ils prennent les doses de vaccins en mangeant des pilules en forme de raviolis. Ces appâts vaccinaux sont largués par avion ou répandus à la main par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du gouvernement du Québec.
Depuis 1924, 7 personnes sont décédées de la rage en Ontario.
Le dernier cas remonte à 2012. Pour contrôler la rage chez les ratons laveurs et les renards, le ministère des Richesses naturelles et des Forêts (MRNF) distribue des doses de vaccins antirabiques. En 2021 des hélicoptères et des avions jaunes survoleront les campagnes et
forêts ontariennes. Ils largueront des milliers de vaccins antirabiques dans le sud et l’est de l’Ontario.


Traitement pour les humains infectés
La rage se transmet aux humains par morsure dans 99 % des cas selon le Guide d’intervention visant la prévention de la rage humaine mai 2016 du gouvernement du Québec. Le plus rapidement possible, avant l’apparition
des premiers symptômes (fièvre, apathie, etc.), une personne infectée doit être prise en charge médicalement. Elle devra systématiquement nettoyer ces plaies au plus vite en profondeur avec de l’eau et du savon pendant 15
à 20 minutes.
En fonction de son cas, elle recevra :
• Un traitement appliqué en profondeur dans les plaies et autour des plaies qui soutiendra son système immunitaire pendant 21 jours (immunoglobulines antirabiques).
• Le vaccin antirabique. Il faut sept jours au vaccin pour commencer à être efficace. Le vaccin fera effet pendant deux ans.
Sans ce traitement de prophylaxie postexposition (PPE), et après l’apparition des symptômes de la rage, le patient décédera en 7 à 14 jours, le plus souvent d’un arrêt respiratoire. Le taux de létalité de la
rage est 100 %.


Surveillance et contrôle de la rage

« Les zoonoses doivent être surveillées et contrôlées pour éviter les épidémies. Par exemple pour la rage, grâce aux vaccins antirabiques déposés dans la nature et à la vaccination des animaux domestiques et d’élevage, le contrôle de la rage est efficace. Au Canada, la déclaration des cas de rage est obligatoire. Cela permet de récolter des données sur le nombre de cas et la géographie de la zoonose. En cas de suspicion d’épidémie, des solutions sanitaires sont mises en place, comme la vaccination, la distribution des traitements, l’isolement, etc. Pour contrôler et surveiller les zoonoses, il faut aussi bien les connaître, il faut continuer à investir dans les recherches scientifiques sur ces maladies », précise Levon Abrahamyan, spécialiste des zoonoses à l’Université de Montréal.

Crédit : Leila Fayet — Données : Agence canadienne d’inspection des aliments
D’après le Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario, voici quelques mesures à prendre pour protéger le bétail de la rage :
« Éviter d’envoyer les animaux paître à des endroits éloignés, […]
Enlever tout matériel ou équipement mis au rebut que les animaux sauvages pourraient
utiliser comme refuge ou comme nid pour élever des petits;
Ne laisser aucune nourriture […] ou déchet qui pourrait attirer les détritivores. »
Crédit : Leila Fayet — Données : Agence canadienne d’inspection des aliments
« Alors que dans le monde, la majorité des cas humains de rage sont toujours causés
par le virus de la rage canine, en Amérique du Nord, grâce à la vaccination canine et les
réglementations concernant la tenue en laisse des chiens, les cas de transmission de la
rage des chiens aux humains sont très rares. À mesure que la prévalence de la variante
canine du virus de la rage diminuait, les virus de la rage associés aux réservoirs de la
faune sauvage tels que les mouffettes, les renards, les ratons laveurs et les chauves-souris
représentaient une proportion croissante de cas chez les animaux et les humains. Dans
différentes zones géographiques, différentes espèces animales représentent le réservoir
sauvage le plus important du virus de la rage, » explique Levon Abrahamyan, spécialiste
des zoonoses à l’Université de Montréal.

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