Éditorial

L’agriculture s’invite dans la campagne électorale fédérale



Par Danik Lafond, directeur général Agricom

Le 15 août dernier, le gouvernement Trudeau annonçait le déclenchement de la campagne électorale fédérale. Cette campagne sera très courte et nous mènera aux élections du 20 septembre 2021. Sous le spectre de la pandémie de la COVID-19 et de la probabilité croissante d’une 4e vague, nous ne sentons pas un engouement démesuré de la population pour ces élections. La santé, notamment la vaccination, et la reprise économique seront des sujets au cœur de cette campagne. D’ailleurs, c’est particulièrement la question de la reprise économique qui interpelle le secteur agricole.

L’agriculture constitue manifestement l’un des moteurs économiques importants pour cette reprise économique. Des failles et les limites du système agroalimentaire canadien ont été exacerbées par la pandémie et la question de la souveraineté alimentaire. L’autonomie alimentaire est devenue une préoccupation. Les partis politiques devront ainsi présenter leurs priorités et des solutions visant à renforcer le potentiel de l’agriculture pour jouer pleinement son rôle dans cette reprise économique.

Les principaux défis du secteur agricole qui imposent des engagements de la part des partis politiques sont notamment l’augmentation de la capacité de transformation régionale (abattoirs), l’amélioration urgente de la connectivité Internet haute vitesse, le développement de compétences et l’accessibilité de la main-d’œuvre, l’amélioration des programmes de gestion du risque des entreprises agricoles ainsi que les changements climatiques.

Pour soutenir le développement économique rural et la pérennité des entreprises agricoles, il est essentiel d’accélérer de façon urgente l’amélioration de la connectivité Internet et cellulaire. Nos entreprises agricoles doivent pouvoir intégrer les innovations technologiques pour assurer leur compétitivité et intégrer les opportunités de commerces électroniques grandissantes. Des solutions concrètes sont attendues pour urgemment rendre accessible une connectivité acceptable, notamment pour soutenir la nouvelle génération d’agriculteurs et d’entrepreneurs.

Nos entreprises agricoles sont confrontées à une multitude de risques et de défis pouvant affecter leur situation financière. Nous observons de plus en plus de variations météorologiques extrêmes affectant la capacité de production agricole. D’autres enjeux tels, la biosécurité des élevages, les impacts des ententes commerciales internationales et les récentes contraintes liées à la crise sanitaire augmentent significativement les risques. Or, la communauté agricole évoque fréquemment le manque d’adéquation entre les besoins réels des entreprises agricoles et les programmes de gestion du risque — sans compter la lourdeur administrative imposée aux agriculteurs pour bénéficier du support requis. C’est pourquoi le futur gouvernement devra s’engager à bonifier les budgets consacrés aux programmes de gestion du risque en agriculture tout en optimisant leur capacité à répondre aux besoins des entreprises agricoles.

L’agriculture constitue une solution à la fois sur le plan de la reprise économique et de la question des changements climatiques. En réponse aux risques climatiques émergents, les agriculteurs doivent être considérés comme des partenaires essentiels. L’agriculture offre une multitude de solutions en matière de captation du carbone et d’atténuation des changements climatiques. Les entreprises agricoles seront appelées à innover et changer leurs pratiques pour optimiser les avantages environnementaux qu’offre l’agriculture. Cette mouvance impose des risques financiers et des conséquences à long terme sur l’exploitation des entreprises agricoles. Pour tirer du plein avantage environnemental de l’agriculture, il est essentiel que les politiques et les programmes puissent encourager les efforts de durabilité environnementale à la ferme. Il faut encourager les efforts qui ont déjà été déployés et soutenir les projets futurs d’atténuation des impacts environnementaux, avec des programmes de subvention et des mesures fiscales adéquates et accessibles.

À l’instar de plusieurs secteurs d’activité économique, le manque de main-d’œuvre impactera la reprise économique et la croissance du secteur agricole. Il devient de plus en plus important de valoriser les métiers agricoles, de créer des mesures incitatives pour engager la relève agricole. Le futur gouvernement fédéral devra investir dans la modernisation de l’infrastructure postsecondaire en recherche et formation en agriculture. Une hausse des transferts fédéraux vers le postsecondaire, notamment via le Programme des langues officielles, est nécessaire pour supporter l’enseignement en français en Ontario. Il devient de plus en plus nécessaire de favoriser une immigration agricole francophone mieux intégrée aux besoins du secteur.

La table est mise pour cette campagne électorale fédérale 2021 !

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