Volume 38 Numéro 10 - Le 21 mai 2021

Les agriculteurs jouent un rôle de premier plan dans l’élaboration de politiques de réduction des émissions


Photo : Jessica Lewis, Pexels


Par : Katie Ward, présidente de l’Union nationale des fermiers

Éditorial du mois de mai 2021

Le Canada s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030 et à atteindre la carboneutralité d’ici 2050. De grands changements sont à venir, pour tous les secteurs, et les organisations et coalitions agricoles proposent des solutions.

Les émissions agricoles proviennent de trois sources principales : les engrais azotés, les carburants et le bétail. De nombreux agriculteurs veulent réduire les émissions découlant de ces trois sources, mais nous avons besoin que les gouvernements s’associent à nous pour soutenir et accélérer nos transitions, et ce, de manière à améliorer les revenus agricoles nets. Lors de réunions avec le ministre de l’Agriculture du Canada et autres décideurs, l’Union nationale des fermiers (UNF) a mis en exergue plusieurs programmes nécessaires.

Des agronomes indépendants sont nécessaires pour aider les agriculteurs à passer à des systèmes de production à faibles intrants et à faibles émissions. Les gouvernements devraient embaucher, former et déployer au moins un millier d’agronomes indépendants en tant que fonctionnaires pour aider les agriculteurs à réduire l’utilisation d’engrais, à planter des cultures de couverture et améliorer les rotations, à adopter les meilleurs systèmes de pâturage, à maximiser les gains de carbone du sol et à adopter des approches à faibles intrants basées sur la résilience, telles que l’agroécologie et l’agriculture régénérative.

Le succès de presque toutes les mesures de réduction des émissions à la ferme nécessite le soutien et les conseils d’agronomes indépendants.

L’engrais azoté est notre plus gros problème au niveau des émissions agricoles. Pour les agriculteurs qui souhaitent réduire leur utilisation d’engrais tout en s’efforçant de maintenir des rendements adéquats, les gouvernements devraient fournir des analyses de sol gratuites faites dans des laboratoires indépendants, une assistance agronomique gratuite, des informations sur les alternatives aux engrais achetés et une formation sur les mesures d’efficacité telles que les 4R (right rate, right product, right time, et right placement). Le budget 2021, rendu public en avril, prévoyait de l’argent pour commencer à financer une telle formation.

Le gouvernement fédéral a récemment fixé un objectif de réduction de 30% des émissions liées aux engrais. Fournir un soutien agronomique et des tests aux utilisateurs est essentiel pour atteindre cet objectif de 30%.

Les programmes et l’aide financière devraient soutenir les meilleurs systèmes de pâturage possibles afin que les émissions provenant du bétail puissent être réduites et les avantages pour les sols et les écosystèmes maximisés. Nous pouvons le faire en finançant des transitions vers des systèmes de pâturage en rotation qui aident les sols, qui favorisent la biodiversité, qui accélèrent la prise de poids et qui capturent le carbone. Cela devrait inclure le partage des coûts pour les clôtures et les systèmes d’eau. Nous devons également assurer la viabilité de ces techniques en augmentant le nombre et la capacité des abattoirs via un soutien financier et des changements aux règles.

Nous devons collecter des données, quantifier les progrès, mettre en lumière les succès, soutenir l’action et partager des pratiques efficaces sur les émissions d’oxyde nitreux, la consommation d’énergie, les gains de carbone dans le sol et d’autres mesures en lien avec les émissions et la séquestration.

La création d’une Agence canadienne de résilience agricole (Canadian Farm Resilience Agency – CFRA) pour superviser les programmes décrits ci-dessus permettrait d’atteindre ces objectifs. La CFRA pourrait être un leadeur en embauchant, en formant et en gérant des agronomes indépendants, en créant des fermes de démonstration où les pratiques à faibles émissions sont affinées et présentées, en offrant des analyses de sol indépendantes pour l’azote, le carbone, l’infiltration d’eau et d’autres mesures de la santé des sols aidant à préserver et à restaurer les zones humides et les zones boisées et aider les agriculteurs à s’adapter aux changements climatiques et à renforcer leur résilience.

Atteindre la carboneutralité en moins de 30 ans signifie la transformation des exploitations agricoles et des systèmes alimentaires. Nous devons aider les agriculteurs au cours de cette transformation, maintenir les revenus agricoles et accélérer la réduction des émissions. L’UNF a joué un rôle de premier plan en proposant des politiques positives de réduction des émissions. Pour plus d’informations, visitez le www.nfu.ca.

Katie Ward en est à son troisième mandat à titre de présidente de l’Union nationale des fermiers et vend directement l’agneau et le porc de sa ferme située au nord-ouest d’Ottawa.

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