Vie rurale

Les Fruits du Poirier : fruité, local et incomparable !


Voici Robert Poirier de Saint-Eugène, propriétaire de la ferme Les Fruits du Poirier. On le voit ici dans l’un de ses champs. Derrière lui se trouvent ses plants de camerises, dont la récolte vient tout juste de se terminer, et plus loin des pommiers et poiriers. Photo : Roxanne Lormand.


Par : Roxanne Lormand, [email protected]

À Saint-Eugène, dans l’Est ontarien, se cache une ferme pas comme les autres. La ferme Les Fruits du Poirier se fait le devoir de produire des fruits que vous ne retrouverez pas nécessairement à votre épicerie habituelle. Si vous vous dirigez à la ferme pour acheter les fruits déjà récoltés ou bien pour y faire vous-même l’autocueillette, Monsieur Robert Poirier sera probablement sur place pour vous accueillir !

À la ferme de 58 acres achetée en 2008, il y a 24 acres qui sont en culture. On y cultive et récolte : camerises, framboises (noires, pourpres, jaunes et rouges), amélanchiers, groseilles, cassis, gadelles, casseilles (jostaberry), aronias, raisins, mûres, kiwis nordiques, pommes, poires, prunes et argousiers. Le seul intrus qui ne fait pas partie des fruits à la ferme c’est les asperges qui sont récoltées en début de saison. Pour Robert Poirier, il est important de se démarquer des autres et de ce qui se fait déjà sur le marché. «Nous autres, on produit des fruits que tu ne trouves pas en épicerie.» Oublier les fraises et les bleuets vous dira-t-il, trop de gens en offrent et le marché est saturé selon lui.

À la ferme Les Fruits du Poirier à Saint-Eugène, on y cultive et récolte : camerises, framboises (noires, pourpres, jaunes et rouges), amélanchiers, groseilles, cassis, gadelles, casseilles (jostaberry), aronias, raisins, mûres, kiwis nordiques, pommes, poires, prunes, argousiers et asperges. Photo : Roxanne Lormand

Le départ

Robert explique avoir acheté cette ancienne ferme laitière et écurie après de nombreuses recherches, car la propriété correspondait aux besoins de lui et son épouse Lorraine G. Poirier. «Moi, je voulais faire quelque chose sur la terre, je voulais faire un changement de carrière», raconte-t-il. «J’ai toujours été actif dans ma vie. Je me suis acheté une terre pour m’acheter un ti peu de travail. Il y a bien du monde qui m’ont dit : “Robert, tu veux devenir fermier, assieds-toi et attends que ça se passe”. Des fois j’aurais dû mieux écouter !» s’exclame l’homme chez qui on voit par contre la vraie passion briller dans ses yeux.

M. Poirier est ingénieur à Vaudreuil, pour les grandes usines en efficacité énergétique et réduction des gaz à effet de serre, en plus de gérer sa ferme. «Je travaille encore, c’est pas fini, c’est ça qui paye la ferme. J’ai investi à peu près comme 400 000 [dollars] dedans. J’ai acheté des arbres et des plants. Ça parait pas, mais quand tu plantes quelque chose, faut préparer : faut acheter du fumier, faut acheter du plastique, des poteaux, des fils […] il y a beaucoup d’argent qui rentre avant de commencer à faire une piastre !»

Permaculture

Ici, le principe de permaculture prévaut et les techniques utilisées en production biologique sont toujours privilégiées afin de se diriger à nouveau vers une certification biologique officielle. Une anecdote démontre la passion de l’homme pour l’environnement. «On n’utilise pas de pesticides ou insecticides. J’avais un champ de framboises rouges et à un moment donné, une maladie est entrée dedans. Je regardais ce qu’il fallait mettre là [le produit pour contrer la maladie] et j’ai dit “ah non, on scrappe le champ”.»

Maintenant, il plante ses arbustes et arbres fruitiers en alternance afin de défaire les concentrations d’une seule variété et espèce dans les champs. Il y a même quelques ruches qui ont été installées sur la ferme et qui sont entretenues par Robert lui-même dans le souci d’un environnement sain.

Certains champs offrent déjà un beau spectacle et permettent de voir un pommier, un prunier, un aronia, un poirier, tous dans la même rangée en alternance. Toutefois, organiser ses cultures ainsi, amène des inconvénients. Par exemple, l’espace à couvrir par ses employés et cueilleurs est plus grand pour la récolte d’un seul et même fruit lorsqu’il vient à maturité. Qu’à cela ne tienne, M. Robert Poirier préfère miser sur le principe de permaculture et la santé de ses plants plutôt que la rentabilité à tout prix. Il a d’ailleurs une équipe de 10 employés de la région, embauchés de mai à septembre, en plus d’avoir son cuisinier.

«Pour écouler nos fruits, on a ici une cuisine commerciale qui est approuvée par le Bureau de santé de l’est de l’Ontario», explique Robert. «On fait des tartes, on fait du jus, on fait du cuir de camerises, on fait des confitures, de la tartinade, du chutney, et de la gelée de camerises épicée.» Ce sont tous des produits que les clients peuvent se procurer sur place ou dans les marchés que Robert Poirier visite.

Robert Poirier devant les installations de sa petite boutique et sa cuisine de transformation. Photo : Roxanne Lormand

La saison 2021

Cette année, la sécheresse de l’été aura forcé l’équipe à irriguer presque tous les jours les arbustes fruitiers et les plants. Le producteur n’a pas manqué d’eau, mais ses trois lacs ont été grandement mis à contribution. C’est le printemps qui a fait des dommages à la ferme Les Fruits du Poirier. «Les gels du mois de mai, les 27, 28, 29 mai, ont été extrêmement désastreux. On a perdu 93 % de nos raisins», précise celui qui confie qu’en temps normal «les raisins je ne saurais pas où les mettre !»

Malgré tout, le reste de la saison s’annonce bon et les framboises jaunes et kiwi nordiques arrivent justes à point en ce moment. Une bonne occasion de découvrir de nouveaux fruits et d’encourager quelqu’un de chez vous !

Retournez à la page d’accueil d‘Agricom.

Suivez-nous!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *