le Vendredi 12 avril 2024
le Mercredi 28 février 2024 12:00 Portrait d'entreprise

La ferme Rocky Hill de St-Albert: comme la poule aux œufs d’or

Ferme Rocky Hill
Ferme Rocky Hill
Imaginez la scène: j’arrive à Rocky Hill Farm à St-Albert en pleine gestion de crise. L’un des camions, chargé de sortir 7 000 poules d’un des bâtiments, est tombé dans un fossé. Les poules doivent impérativement quitter la ferme, car les silos sont vides de moulé et le poulailler doit être vide pendant sept jours - exigence de la Fédération des producteurs d'œufs. Malgré tout, le propriétaire Jacques Laverne est d’un calme olympien.
La ferme Rocky Hill de St-Albert: comme la poule aux œufs d’or
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« Les systèmes de nos jours sont informatisés: tout est planifié au quart de tour », explique-t-il. « Je dois absolument trouver une façon de faire sortir les 7 000 poules, alors je fais des appels. »

Une affaire de famille

Rocky Hill Farm, c’est 80 000 poules, 200 acres terrain, un poulailler à la fine pointe de la technologie. Surtout, une famille de passionnés. « Les poules, je changerais pas cela pour tout l’or au monde, c’est un style de vie qui a de l’allure », explique M. Lavergne. « Quand tu te lèves le matin et que tu aimes ce que tu fais, que tous tes enfants sont impliqués et que tu prépares la relève… »

Julie Lavergne, la nièce de M. Lavergne, renchérit: « Nous sommes chanceux, nous avons une journée typique des fonctionnaires, de 8 à 5. J’adore travailler avec toute la famille. »

Production industrielle

L’histoire de famille commence en 1971, alors que Claude Lavergne, le paternel, achète la terre. Ses fils Jacques et Raymond s’en portent à leur tour acquéreurs en 1997. Alors que le premier s’acquitte du côté légal et financier, le second est davantage sur le terrain à s’occuper de la moulée et de lever les œufs. L’entreprise est maintenant automatisée et compte huit employés. 

La technologie mise en place est impressionnante. « La poule arrive ici à 19 semaines », explique Jacques. « Elle apprend à monter dans le système, mais elle a déjà eu de la pratique à l’éleveuse de poulettes. Elle y reste 51 semaines, puis elle est envoyée à Maple Lodge pour faire de la soupe, des sous-produits, de la petite viande. Les œufs sont vendus chez Burnbrae Farm. » 

L’automatisation des lignes de moulées et des tapis d’œufs est quelque chose à voir. Quand les lumières s’éteignent le soir, les poules montent dans le système et se juchent sur les perchoirs. L’arrivée de la nuit artificielle prend 45 minutes. Les volailles se promènent d’étages en étages pour se rapprocher de la lumière. « Elles mangent grâce aux tétines, elles pondent dans le nid, à la noirceur. Mon téléphone voit tout: combien elles ont bu d’eau, la moulée dans le silo. On reçoit une alarme s’il y a quelque chose, par exemple si on manque d’électricité. »

Aussi propriétaire de la piste de course à Cornwall, M. Lavergne prépare sa retraite. « Je suis en processus de donner cela à la prochaine génération, comme mon père l’a fait avant moi. » Les projets ne s’arrêteront pas, puisqu’il planifie bâtir une autre éleveuse à poulette prochainement.

Pendant mon saut à la ferme, la génératrice s’est mise en marche car l’électricité a manqué. La journée se terminait comme elle commençait, pleine d’imprévus.