Recherche et Innovation

Un nouveau laboratoire vivant en Ontario


«Sous la direction de l’Association locale pour l’amélioration des sols et des récoltes de l’Ontario (AASRO), les recherches des différents intervenants porteront notamment sur la réduction du ruissellement des sols et des nutriments des terres agricoles vers le lac Érié dans le but d’améliorer la qualité de l’eau, de préserver la santé des sols et d’accroître la biodiversité sur les terres agricoles de l’Ontario.» Crédit photo : Innovative Farmers Association of Ontario


Par André Magny – journaliste

Après l’Atlantique, l’est des Prairies et le Québec, c’est au tour de l’Ontario d’être sur la liste des laboratoires vivants. Cette initiative du ministère canadien de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire vise à réunir des agriculteurs, des scientifiques et d’autres partenaires pour élaborer, mettre à l’essai et échanger des pratiques et des technologies agricoles novatrices.

Ce quatrième laboratoire vivant est situé dans les bassins hydrographiques du lac Érié et du lac Sainte-Claire, dans le sud-ouest de l’Ontario, où environ 75 % des terres sont utilisées à des fins agricoles.

Comme dans les autres lieux, l’Initiative des laboratoires vivants en Ontario visera notamment à s’ajuster aux changements climatiques, réduire la contamination de l’eau, améliorer la conservation des sols et de l’eau et enfin, à maximiser la capacité d’habitat et la biodiversité sur les paysages agricoles. 

Mais qu’est-ce au juste qu’un laboratoire vivant ? Si, parfois, on a l’impression que les chercheurs sont coupés du monde parce qu’isolés dans leur laboratoire, dans le cas présent, c’est tout le contraire. Le laboratoire, c’est le champ du producteur qui a décidé de collaborer avec Agriculture et agroalimentaire Canada (AAC) dans cette nouvelle initiative.

François Chrétien, directeur délégué pour AAC, au sein de la Division des laboratoires vivants, explique que l’initiative a justement comme objectifs, outre la recherche, de créer des partenariats avec les acteurs qui sont sur le terrain… des vaches ! « Au lieu de fermes expérimentales, on est dans un contexte réel », tient-il à mentionner.

Des recherches concrètes

Aux sept producteurs locaux de la région du lac Érié, qui font partie du projet et qui recevront périodiquement la visite de chercheurs pour partager données, échantillons et observations, viennent se greffer également divers organismes agricoles.

Sous la direction de l’Association locale pour l’amélioration des sols et des récoltes de l’Ontario (AASRO), les recherches des différents intervenants porteront notamment sur la réduction du ruissellement des sols et des nutriments des terres agricoles vers le lac Érié dans le but d’améliorer la qualité de l’eau, de préserver la santé des sols et d’accroître la biodiversité sur les terres agricoles de l’Ontario. Étant le plus petit et le moins profond des Grands Lacs, le lac Érié est particulièrement sensible au ruissellement des nutriments provenant de l’activité humaine, d’où l’intérêt pour cette recherche.

La coordonnatrice nationale principale à la Division des laboratoires vivants, Anna Pachecco, mentionne qu’il y aura aussi des travaux dans le domaine des cultures de couverture permanente ou encore dans la production de légumes sans labour. Selon la spécialiste, « on veut s’assurer que ça corresponde aux besoins locaux. »

Et dans l’Est ?

Ce qui sera expérimenté dans le sud de l’Ontario et dans les autres laboratoires vivants pourra-t-il servir aux agriculteurs de l’est de la province ? Puisque l’un des objectifs de l’initiative est d’assurer le transfert des connaissances, Mme Pachecco donne l’exemple de la rotation de pommes de terre et de la production de nouvelles sortes qui ont été entreprises dans le cadre du laboratoire vivant à l’Île-du-Prince-Édouard. Ce qui a été fait là-bas peut être une source d’inspiration à Casselman, par exemple et encore plus si ça vient de la même province.

De plus, les pratiques innovatrices du Québec dans certains domaines pourront aussi être pertinentes pour les agriculteurs franco-ontariens. Des fiches techniques seront aussi disponibles à la dizaine de partenaires du laboratoire vivant comme Ontario Farmers, l’Association locale pour l’amélioration des sols et des récoltes de l’Ontario ou encore l’Ontario Soil Network et Environnement et changement climatique Canada.

S’il est un message que François Chrétien tient à faire passer, c’est bien celui que l’initiative des laboratoires vivants ne se veut pas linéaire. Au contraire, « l’agriculteur fait partie des éléments clés. C’est pour lui qu’on travaille. »

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