Une graduation sur fond d’abandon


Photo courtoisie

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
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La cérémonie de remise des diplômes aux campus d’Alfred et de Kemptville avait ce caractère un peu spécial cette année. Il s’agissait de l’avant-dernière cuvée de finissants à recevoir leur diplôme des mains du doyen du Ontario Agricultural College de l’Université de Guelph, Robert J. Gordon.

Ils étaient notamment une quinzaine d’étudiants en Technologie agricole, sept en Nutrition et salubrité des aliments et 23 du programme de Soins vétérinaires à s’avancer sur la scène pour serrer la main du doyen et celle de la directrice du campus d’Alfred, Renée Bergeron, le 30 mai. Malgré les menaces de fermeture du seul collège agricole francophone en Ontario durant leur dernière année d’études, tous avaient le cœur à la fête en cette journée spéciale.

Souvenons-nous que cette annonce avait quelque peu fait dévier la concentration des étudiants à la mi-mars lorsque l’Université de Guelph avait annoncé qu’elle se départissait de deux de ses campus satellites.

Des rumeurs voulant que des étudiants du Campus de Kemptville avaient l’intention de manifester leur désaccord avec l’Université de Guelph avaient circulé la veille de la graduation, le 29 mai, mais aucune forme de carré rouge à l’ontarienne n’a été observée dans aucun des campus.

La présidente de La Cité, Lise Bourgeois, le président du Collège Boréal, Pierre Riopel, ainsi que plusieurs délégués des deux collèges étaient présents à la cérémonie du 30 mai. Il s’agit des établissements d’enseignement collégial qui reprendront le flambeau et offriront les trois principaux programmes offerts à Alfred après le retrait de Guelph.

Étudiants soulagés
Deux étudiants qui se sont confiés à Agricom se disent aujourd’hui soulagés par le fait qu’Alfred ne relèvera plus de l’Université de Guelph. Ceux-ci pensent que ce sera dans le meilleur intérêt de tous d’avoir une administration francophone.

« Les deux premiers jours, les étudiants étaient tous outrés, raconte Jovan Dozet, qui est également coprésident du Regroupement étudiant franco-ontarien. Mais quand tout s’est calmé et qu’on y a pensé, on s’est dit que ce sera à notre avantage. »

« Nous aurons maintenant une administration francophone qui comprendra les enjeux francophones et qui sera capable de justifier le fait que les étudiants francophones coûtent plus cher à enseigner parce qu’on a un statut particulier », poursuit-il.

Maxime Quesnel, un autre étudiant en agriculture au Campus d’Alfred, était du même avis.

Juin 2015 sera gravé dans l’histoire, marquant la dernière célébration de remise des diplômes par l’Université de Guelph. Rappelons que celle-ci assurera la dernière année d’enseignement des étudiants qui était au premier cycle.