Une menace pèse sur l’industrie de la volaille – Grippe aviaire

En date du 8 avril 2022, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a confirmé la présence d’influenza aviaire de type H5N1 en Ontario dans la ville de Markham, la municipalité de Chatam-Kentle, le comté de Prince-Édouard et les cantons de Centre Wellington, Selwyn, Woolwich, Zorra, Guelph/Eramosa et la Première Nation non cédée des Chippewas de Nawash. Des éleveurs dans les régions de Markham, Blenheim et South Glengarry sont également en attente de résultats d’analyses.

Le virus voyage par le biais d’oiseaux migratoires et peut se propager rapidement. En ce moment, les outardes qui survolent l’Ontario suivent les voies migratoires de l‘Atlantique et du Mississippi. Les oiseaux malades seraient ceux qui suivent la voie Atlantique, ce qui explique pourquoi les provinces maritimes ont été touchées en premier. Les cas d’oiseaux contaminés confirmés en Alberta ce matin renforcent l’hypothèse que la voie du Mississippi est contaminée. Le virus de la grippe aviaire se répand par les sécrétions, ce sont les fientes d’oiseaux qui communiquent le mieux la maladie.

Lorsque la présence d’une maladie contagieuse comme la grippe aviaire est annoncée, les protocoles de biosécurité dans toute l’industrie sont rehaussés et les producteurs redoublent de vigilance. Déjà assujettis à un cadre de biosécurité stricte, les producteurs de l’industrie de la plume se doivent d’appliquer rigoureusement leurs procédures d’hygiène. La suspicion d’une contamination à proximité impose les procédures de quarantaine, de désinfection des appareils, des bottes et des véhicules, avant et après les visites.

Malgré les précautions, une fois le virus entré dans un poulailler, il terrasse les élevages. Marcel Laviolette, de fermes Laviolette, affirme à Plaisir FM qu’avant même d’observer des symptômes, la mort des poules est le signe le plus criant.  « Tu peux arriver un matin et tu as 50 % de tes poules qui sont décédées ». Lorsqu’un troupeau est contaminé, les probabilités que la totalité des volailles dans un bâtiment d’élevage meurt ou soit euthanasiées dans les 24-48 heures sont très élevées.

La flambée des cas inquiète plusieurs propriétaires. Du jour au lendemain, les productions de poulet de chair, de dinde ou d’œuf peuvent être fragilisées ou compromises pour les prochains mois. Dans le cas des œufs, il faut 4 à 5 mois pour retrouver la population de poules pondeuses et le renouvellement d’un troupeau de volailles reproductrices est encore plus long. Cela peut engendrer des conséquences sur la capacité de production d’œufs et de volailles à moyen terme. Ces conséquences se feront sentir sur plusieurs mois. Le problème est que le virus peut difficilement être contingenté puisque ce sont les outardes qui le font voyager.  Les producteurs font donc appel à toute la population pour les aider à prévenir la propagation.

cfia.ontsurveillanceanddiagnostics-survetdiagnostiques.acia@inspection.gc.ca

Précautions

Le sud de l’Ontario est le principal foyer de cette épidémie. Or, comme les oiseaux, ce virus risque de voyager dans le nord de l’Ontario, les troupeaux artisanaux de volailles de toute la province sont aussi exposés au risque. Pour Renée Ojalammi, de la ferme du même nom située à Warren (ON), elle envisage déjà de restreindre les zones d’accès aux visiteurs pour empêcher qu’ils amènent le virus sur leur ferme. Leurs voisins, qui exploitent la volaille, recouvrent les bottes de sacs plastiques qu’ils changent entre chaque poulailler. En fait, la meilleure façon de protéger les oiseaux serait de les garder à l’intérieur des bâtiments. Il n’y aurait ainsi plus de risque qu’une outarde ou un pigeon malade défèque au-dessus des aires d’exercice. « Si jamais il y avait un cas, on mettrait les poules dans la grange, mais c’est [sic] vraiment pas notre préférence. Nos poules pondeuses aiment ça aller partout. » – précise Renée Ojalammi.

Avec le retour des oiseaux migrateurs, les organismes agricoles et les organisations d’éleveurs rappellent les mesures à prendre pour éviter que les oiseaux, comme les outardes, ne s’attardent sur leur terrain. Parmi les mesures, il faut nettoyer la base des silos pour éliminer les accumulations de moulée ou de grains. Cette nourriture risquerait d’attirer les différents oiseaux qui pourraient être porteurs du virus près des bâtiments. L’Union des cultivateurs franco-ontariens suggère à tous les producteurs de s’inscrire aux avis émis par le Feather Board Command Center (www.fbcc.ca) pour recevoir les informations à jour sur le sujet. 

Appel au public

Toute personne qui rencontre un oiseau mort doit communiquer avec un vétérinaire ou avec le ministère de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Pour mieux gérer la propagation de la grippe aviaire, il est important de connaître la cause des mortalités d’oiseaux sauvages de façon à clairement identifier les zones d’infection à proximité des élevages. 

Bonne nouvelle

Selon l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), la souche de grippe aviaire H5N1 n’est pas dangereuse pour l’humain. Elle aurait été détectée chez seulement un individu en Angleterre qui ne présentait aucun signe ni symptôme.

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