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le Mercredi 27 août 2025 12:06 Gens d'ici

Élevages: Cent ans et quatre générations

Quatre générations de producteurs laitiers passionnés: Yoland, Réal, Dominic et Simon Léveillé.
Quatre générations de producteurs laitiers passionnés: Yoland, Réal, Dominic et Simon Léveillé.

Depuis 100 ans, la Ferme Léveillé et fils produit du lait sur la même terre à Earlton au Témiskaming. Le dernier de cette lignée, Dominic, âgé de 34 ans, fait tout pour produire un lait de qualité.

Élevages: Cent ans et quatre générations
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Voici la première maison et la première étable de la ferme fondée par Hervé Léveillé.

L’entreprise a été fondée en 1921. Hervé, l’arrière-grand-père de Dominic, a construit la première étable en 1921, suivie d’une maison en 1922. Au Témiskaming, on se souvient de l’automne 1922! Un énorme feu avait fait rage, traumatisant la population tant par l’étendue du terrain brûlé que par l’importance des pertes matérielles. Quant à Hervé, il avait pu échapper à la conflagration parce que durant l’été, il avait décidé de brûler les bords de fossés pour éliminer les longues herbes.

Histoire de famille

« En 1961, Hervé a vendu la ferme à son fils Réal Léveillé qui est mon grand-père. À ce moment, il avait 18 vaches laitières. Lorsque Réal a vendu la ferme à mon père, Yoland, il avait 38 vaches laitières et 240 acres cultivables. Avec le temps, mon père a augmenté la production laitière avec 45 vaches et 400 acres cultivables », écrit Dominic dans son mémoire de projet de ferme à la fin de sa formation au Collège d’Alfred. En passant, c’est lui qui a eu le meilleur projet de ferme cette année-là!

Au fil des ans, il a fallu agrandir l’étable plusieurs fois, les vaches devenant de plus en plus grosses. Les stalles sont passées de trois à quatre pieds de largeur, puis à cinq. D’autres changements ont été apportés dans la vie des producteurs laitiers: la traite s’est mécanisée, le tracteur a remplacé le cheval et le terrain en culture a doublé plus d’une fois.

Aujourd’hui, Dominic a 70 vaches Holstein en lactation pour combler un quota de 79 kg de matière grasse par jour. Il cultive 540 acres. Il habite avec son épouse Mélyssa, diplômée en technique vétérinaire et en aide-enseignement, avec une formation en apprentissage assistée avec les chevaux.

 

Quand on élève des vaches Holstein, voici comment on célèbre les 100 ans de la ferme!

Tous passionnés

Le couple a deux garçons: Simon, 6 ans et Félix, 2 ans. Est-ce qu’ils prendront un jour la relève? « S’ils le veulent, je ne les pousserai pas », affirme leur père.

Dominic ressent une énorme fierté d’être la quatrième génération sur une ferme qui a toujours été entre les mains de passionnés. « Mon grand-père et mon père étaient heureux. Ils ont travaillé à améliorer la ferme pour que ce soit plus facile pour moi. J’ai la même approche. J’améliore la ferme pour ma relève, si un de mes jeunes veut la prendre. »

Dominic est un producteur laitier énergique et passionné qui sait prendre soin de ses vaches. « Ce que je vise, c’est la qualité, dit-il. « L’équipe que j’engage sait voir à la propreté de l’équipement, la propreté des vaches et leur confort. Les vaches sont nettoyées trois fois par jour. La litière de sciure de bois et de paille sèche est appliquée sur leur matelas en caoutchouc: la sciure pour absorber l’humidité et la paille pour le confort. Les vaches vivent plus longtemps, les cas de mammite sont rares et ça coûte moins cher. »

Avec le temps, Dominic a amélioré l’éclairage, la ventilation et l’alimentation, des changements qui ont monté la production. « Nous produisons maintenant entre 1,4 et 1,5 kg de matière grasse par vache. On a augmenté la production tout en améliorant la qualité. C’est quelque chose qu’on est fier d’avoir atteint. » La qualité de son lait a d’ailleurs été reconnue par les Producteurs de lait de l’Ontario, qui lui ont remis un Certificat d’or.

Croissance

En 2018, Dominic a agrandi l’étable. « Les vaches sont plus grosses et pour améliorer le confort, j’ai acheté des matelas. C’est plus propre et plus sec. C’est cher, mais ça en vaut la peine! »

Diplômé du Collège d’Afred, Dominic Léveillé est producteur laitier à Earlton, dans le nord-est de l’Ontario. Le voici avec son épouse Mélyssa et leurs fils Simon et Félix.

Et en 2027 ou 2028, notre producteur veut construire une rallonge à l’étable pour garder les vaches taries à l’intérieur avec les taures et améliorer leur confort. À la Ferme Léveillé et Fils, les taures sont libres, mais les vaches laitières sont en stabulation entravée.

Pas question de robot de traite pour l’instant! Il y a deux traites par jour avec des trayeuses avec retrait automatique. « Je suis quelqu’un qui a besoin de bouger, dit Dominic. « J’aime le contact avec les vaches. Les gens disent de moi: c’est le gars de la ferme où le travail est manuel. Les vaches nous reconnaissent et sont moins nerveuses. Puis je leur mets de la musique. C’est la musique avec du rythme qui donne les meilleurs résultats. C’est ça le truc pour un meilleur test de gras dans le lait! »

Dominic est le président local du Comité du lait du Témiskaming. C’est surtout pour faire des dons pour les activités de jeunes. À la dernière édition du Earlton Farm Show, du lait au chocolat a été distribué aux enfants. Dominic reconnaît que la production laitière, c’est beaucoup de travail. « Mais j’ai tout le temps aimé ça. On fait jamais la même chose. C’est stimulant et excitant. »

Boulot, dodo

C’est l’équilibre entre les travaux, la famille, les loisirs et le repos qui est difficile à atteindre.« On a toujours la politique en tête », confie Dominic. « On voudrait bien garder le système de la gestion de l’offre dans le lait. On voudrait bien que les gens comprennent tous les enjeux pour la société si on l’abandonnait. Sans la gestion de l’offre, une ferme comme la nôtre disparaîtrait. »

Le travail de ferme en famille est une grande source de satisfaction. « L’agriculture, c’est une affaire de famille! Quand je pense à tous ces pique-niques dans les champs au temps des récoltes, ça me fait du bien. Puis voir toutes les réalisations à la fin de la saison, tu vois que les sacrifices en ont valu la peine! »

Pourquoi Dominic a-t-il choisi de devenir producteur laitier quand tant de jeunes de son âge ont choisi les vacances et les fins de semaine libres? « On a tout fait pour le décourager », dit sa mère. « Dominic ne s’est jamais fait prier pour se lever le matin pour la traite, il nous disait: c’est ce que je veux faire. »

 

Ce reportage a été réalisé avec un appui financier de Financement agricole Canada.