Dimanche 14 juin, dans le cadre des célébrations des 50 ans du drapeau franco-ontarien, l’association Boisés Est va exposer au public les œuvres de son dernier projet. L’événement se déroulera au centre communautaire de Wendover, près de Plantagenet. Responsable du design, de l’assemblage et du matelassage de la courtepointe, Francine Cayouette explique que le projet s’est construit comme un véritable travail d’équipe. « On est parti avec la même grandeur. Quand on s’est rencontré avec nos carrés déjà faits, on a décidé ensemble de la manière de les placer. C’est vraiment un travail de groupe », raconte-t-elle.
Retraitée depuis une dizaine d’années, Francine Cayouette s’est passionnée pour la confection de courtepointe après sa carrière professionnelle. Elle participe notamment au groupe Victoria’s Quilts Canada, organisme qui confectionne des courtepointes destinées aux personnes qui amorcent des traitements contre le cancer.
Pour le projet Boisés Est, elle a créé trois carrés inspirés des textes rédigés lors d’ateliers communautaires. « Ce qui ressortait le plus, c’était l’importance que les boisés et les forêts ont pour les personnes », souligne-t-elle.
Chaque participante a choisi une approche différente pour traduire ce thème en textile. Certaines ont privilégié la broderie, d’autres des techniques plus traditionnelles, alors que Francine Cayouette a opté pour des appliqués figuratifs. « Tous les styles se regroupent dans les différents carrés », résume-t-elle.
Selon elle, l’art du matelassage permet d’ajouter une profondeur supplémentaire à l’œuvre. « C’est minutieux, mais ça apporte une autre dimension au travail », explique celle qui réalise le piquage à l’aide d’une machine spécialisée plutôt qu’à la main, comme autrefois.
L’œuvre finale l’a particulièrement émue par la diversité des procédés et des sensibilités artistiques. « Chaque technique est différente. Il y a des choses magnifiques que d’autres font et que moi je ne fais pas. Cette variété-là est intéressante », dit-elle.
Ces oeuvres demandent beaucoup de minutie.
« Chaque carré raconte une histoire »
Parmi les participantes se trouve également Denise Gratton, 85 ans, qui a créé deux carrés de courtepointe. Bien qu’elle affirme avoir laissé « les autres travailler un peu plus », elle a joué un rôle d’aide à la coordination du design et a participé au matelassage. « On est un bon groupe d’amies et c’est très agréable », confie-t-elle.
Denise Gratton, qui a pris des cours de textiles à l’Université Cornell de l’État de New York, croit que la courtepointe demeure un puissant outil de mémoire collective. « Chaque carré raconte une histoire », affirme-t-elle.
Son propre carré évoque notamment l’histoire d’Embrun, les pionniers venus du Québec, les écoles modèles et l’utilisation du bois dans les anciennes manufactures de boîtes à fromage.
Elle estime aussi que le projet a permis de renforcer les liens entre générations francophones. « C’est un art qui se perpétue. La confection de courtepointe est toujours à la mode », souligne-t-elle.
Un carré de Francine Cayouette l’a particulièrement touchée. Il représente la transmission des savoirs entre un aîné et un enfant. « Je pense que c’est probablement le carré le plus important », affirme-t-elle.
Au-delà de l’aspect artistique, les participantes souhaitent surtout que les visiteurs prennent le temps de découvrir les histoires cachées derrière chaque morceau de tissu. « J’espère que les gens vont chercher la signification derrière les carrés », conclut Francine Cayouette.