Présenté à l’approche du 90e anniversaire de l’UCFO, le livre vise à combler un manque de données sur les femmes francophones vivant en milieu rural. La présidente de l’organisme, Sylvie Gravelle, explique que le livre blanc s’adresse d’abord aux gouvernements, tout en étant « écrit pour les femmes ». « Elles sont là et, grâce à elles, les communautés parlent français », a-t-elle maintenu lors d’une conférence virtuelle.
Les femmes représentent 53,2 % de la population francophone en milieu rural.
Selon Sylvie Gravelle, les femmes francophones en milieu rural sont absentes des portraits statistiques, ce qui complique la mise en place de politiques publiques adaptées à leur réalité. « On ne peut pas planifier pour une population que l’on ne voit pas », soutient-elle.
Les données présentées dans le livre blanc illustrent pourtant l’importance de leur contribution. Les femmes représentent 53,2 % de la population francophone en milieu rural, tandis que 24 % de cette population est âgée de 65 ans et plus, contre 17 % en milieu urbain. Elles jouent un rôle clé dans la vitalité des communautés en s’impliquant dans les organismes locaux, le bénévolat, l’entraide et le maintien de services de proximité.
L’UCFO estime que 516 femmes, réparties dans 16 cercles couvrant six régions de l’Ontario, de Windsor à Kapuskasing, ont consacré près de 69 000 heures au bénévolat. Cette implication représente une valeur estimée à 1,725 million de dollars en services rendus aux collectivités. Une contribution qui, selon l’organisme, demeure largement invisible.
« On ne peut pas planifier pour une population que l’on ne voit pas. »
Le livre blanc propose aussi l’intégration d’un indice de santé communautaire afin de mieux mesurer la vitalité des communautés francophones en situation minoritaire. Pour Sylvie Gravelle, les indicateurs actuels ne tiennent pas compte du tissu social créé par les
activités communautaires, les réseaux d’entraide et l’engagement citoyen. « Nous voulons offrir un outil concret pour rendre visible ce qui est resté dans l’ombre jusqu’à aujourd’hui », explique-t-elle.
Parmi ses recommandations, l’UCFO demande notamment au gouvernement de l’Ontario de reconnaître davantage le travail accompli par les bénévoles, de soutenir financièrement les initiatives communautaires et d’intégrer cet indice de santé communautaire dans ses
outils de planification. L’organisme souhaite que ce premier livre blanc serve de point de départ à un dialogue avec les gouvernements et les partenaires afin que la contribution des femmes francophones en milieu rural soit reconnue à sa juste valeur.