le Samedi 18 juillet 2026
le Mercredi 28 janvier 2026 10:26 Affaires

TGV Ottawa-Montréal: le tracé définitif connu «dans la prochaine année»

La première journée de consultation publique à Ottawa s'est déroulée ce mercredi.  — crédit photo : Patrick Woodbury/Le Droit
La première journée de consultation publique à Ottawa s'est déroulée ce mercredi.
crédit photo : Patrick Woodbury/Le Droit

Le tracé exact du futur train à grande vitesse (TGV) entre Ottawa et Montréal demeure à déterminer. Alto, la société d’État fédérale chargée de piloter le projet, a toutefois laissé entendre au premier jour de ses consultations publiques à Ottawa, que l’itinéraire pourrait être arrêté d’ici la prochaine année.

TGV Ottawa-Montréal: le tracé définitif connu «dans la prochaine année»
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Les citoyens s’informent du projet en regardant les différents écrans laissés à la disposition du public. 

Crédit photo : Patrick Woodbury/Le Droit

Devant une dizaine d’écrans présentant le projet — et le fameux corridor, c’est-à-dire la bande de territoire où pourrait se situer le tracé — les citoyens de la région de la capitale peuvent, jusqu’à demain soir, venir s’informer sur ce vaste chantier, dont le début de la construction est visé à partir de 2029-2030. Le tronçon Ottawa–Montréal serait réalisé en premier, avant l’achèvement de l’ensemble de l’axe Toronto–Québec.

«Les consultations publiques durent trois mois. On aimerait revenir en fin d’année ou en début d’année prochaine avec une explication claire de ce qu’on a entendu, et déterminer le tracé final entre Ottawa et Montréal. Après, nous pourrons travailler avec le ministre des Transports», explique au Droit Marc-Olivier Ranger, chef de la direction, Politiques stratégiques et partenariats, chez Alto.

Environ 60 mètres de largeur

Sur le territoire d’Ottawa, la société d’État, aidée par les consultations, devra trancher: le futur TGV s’arrêtera-t-il à l’actuelle gare de VIA Rail, sur le chemin Tremblay, ou à l’ancienne gare du centre-ville?

«Le tracé final, c’est une ligne d’environ 60 mètres de largeur», précise Daphne Hurtubise, directrice – train à grande vitesse, chez Alto.

«La décision, c’est de savoir où l’on place cette ligne-là. Le tracé est la pierre angulaire de tout: il détermine le temps de parcours, l’achalandage, les coûts, et l’emplacement des gares. C’est la décision la plus importante.»

— Daphne Hurtubise

Carol McClellan, consultante pour ALTO, répond aux questions des citoyens.

Crédit photo : Patrick Woodbury/Le Droit

Autre choix que devra faire Alto, illustré sur l’une des cartes présentées au public: le corridor entre Peterborough et Ottawa. Deux options sont sur la table.

«Il y a l’approche par le Bouclier canadien, au nord, où les saisons de construction peuvent être plus courtes, ce qui peut générer des complications, et l’option au sud, qui ajoute du temps de parcours et pourrait affecter davantage les communautés, parce que c’est plus habité», ajoute Mme Hurtubise.

Tablettes en guise de réponses

Pour recueillir les commentaires du public, les organisateurs d’Alto privilégient une formule numérique: les citoyens sont invités à écrire leurs observations sur des tablettes.

«Nous voulons l’avis de la population sur beaucoup de questions, explique M. Ranger. On veut minimiser l’impact du train sur toutes les communautés le long du corridor. On essaie d’adopter un tracé qui suivra au maximum les infrastructures actuelles.»

À la lecture des commentaires publiés ces dernières semaines sur le site d’Alto, plusieurs réclament un train rapide qui reste pratique au quotidien: une gare bien située, facile d’accès depuis le métro, les trains de banlieue et l’aéroport, sans imposer de longs détours.

D’autres privilégient une gare en périphérie pour éviter de ralentir le trajet et d’alourdir la facture. Une inquiétude revient souvent: limiter les expropriations et protéger les terres agricoles, les milieux naturels et les secteurs patrimoniaux.

Le cas de Gatineau

Alto estime à 12 millions le nombre de personnes vivant dans le corridor. Selon la société d’État, ce bassin pourrait atteindre 55 millions d’ici 2055.

Même si aucun arrêt n’est prévu à Gatineau, la ville se trouve néanmoins à l’intérieur du corridor, à titre de «région de la capitale nationale», confirme Alto.

«C’est une belle opportunité pour Gatineau de se situer dans tout le corridor de l’est du pays, avec Québec, Montréal, Laval, Gatineau, Ottawa, jusqu’à Toronto», laisse entendre la mairesse Maude Marquis-Bissonnette.

Crédit photo : Simon Séguin-Bertrand/Archives Le Droit

«C’est une belle opportunité pour Gatineau de se situer dans tout le corridor de l’est du pays, avec Québec, Montréal, Laval, Gatineau, Ottawa, jusqu’à Toronto», laisse entendre la mairesse Maude Marquis-Bissonnette au Droit. «Pour les affaires, c’est très intéressant, et pour se déplacer aussi entre ces grandes villes. C’est positif pour tout le monde.»

«On cherche à faire en sorte qu’il y ait un arrimage entre le tramway et le TGV, et ça fait partie de nos discussions. Il y a beaucoup d’ouverture à ce niveau-là et c’est positif. Le tracé n’est pas décidé à Ottawa, et c’est pourquoi ces discussions sont cruciales pour nous.»

Les consultations se déroulent jusqu’au mois de mars, dans les villes susceptibles d’accueillir des arrêts sur le tracé, mais aussi ailleurs, notamment à Gatineau (Maison du citoyen, le 11 mars) et dans certaines municipalités de l’Est ontarien.

À terme, Ottawa se trouverait à environ deux heures de Toronto et à environ deux heures et demie de Québec, selon les estimations diffusées par Alto. Il faudrait autour de quatre heures et demie pour relier la Ville Reine à la Vieille Capitale.

— Avec des informations de Mathieu Bélanger