L’entreprise André Services Agri se réjouit de voir que les agriculteurs ont profité des journées ensoleillées au début mai pour demarrer la saison.
« En date du 5 mai, j’avais 80% du maïs de semé », rapporte Jean Souligny. « C’est en avance sur l’an dernier. Je ne pense pas que j’avais semé autant à pareille date en 2024 », dit l’agriculteur de St-Isidore.
Printemps capricieux
« Dame Nature se fait attendre », constate pour sa part l’agronome André Perras, de la firme André Services Agri. « Le blé et l’orge sont déjà semés, le maïs est commencé, mais pas partout. Le sol doit atteindre 10 degrés et ça ne fait pas tellement longtemps qu’on a atteint cette température », indique-t-il.
Contrairement à certains de ses confrères, M. Perras ne s’inquiète pas outre mesure du retard de la saison. « On peut semer jusqu’à la fin du mois sans problème. S’il peut faire beau juste une semaine, tout sera fait rapidement. »
Par contre, il convient selon lui d’adapter l’unité thermique du grain en conséquence. Une unité de 2700 convient pour l’instant; mais à chaque semaine qui passe, il conseille de réduire de 100 unités. Par exemple, il serait bien avisé de semer des grains de 2600 unités thermique la semaine du 11 mai.
« On doit se rappeler que la récolte se fera dans l’ordre inverse », souligne le spécialiste en grandes cultures. « Si on a semé 2800, 2700 et 2600, on récoltera d’abord le 2600, puis le 2700 et on finit avec le 2800. »
Jean Souligny s’apprête à entreprendre les semences de soya au cours des prochains jours
Se rattraper
« On a semé le blé d’hiver, mais pas le soya », indique Jean Souligny. « C’est juste par manque de temps. L’important était de mettre le maïs en terre rapidement, le soya pouvait attendre. Après, on s’adapte. Si le mois d’août est pluvieux, les cultures seront bonnes. Le printemps est un peu tardif », reconnaît-il.
C’était la même chose l’an dernier. Un printemps en dents de scie, qui fait mentir la tendance observée ces 10 dernières années à favoriser un printemps hâtif et un automne tardif. Après, il faudra aussi voir comment se comporteront les marchés au moment des récoltes.
Il reste que la situation n’est pas rose pour les agriculteurs qui vivent à proximité des cours d’eau. Cette année, les scénarios catastrophes ont peut-être été évités, mais il reste que certaines terres sont détrempées, ce que les précipitations des derniers jours n’ont pas arrangé. Ces agriculteurs disposent encore d’une mince marge de manœuvre, à la condition que la météo s’améliore d’ici le long week-end de mai.
IJL – Réseau.Presse – Agricom